2009-02-15

Un exemple de journalisme britannique

Antoine Perraud, de Médiapart, rejoint l'analyse de Libertas, selon laquelle le journalisme français est complaisant et sert la communication, quand le journalisme anglo-saxon est incisif et sert l'information :

cf. cet article : Paxman, l'intervieweur qui manque à l'Élysée

mais on aurait aussi pu citer Jonathan Dimbleby ou, actuellement sur la BBC, Steven Sackur.

Sans compter The Economist, dont la qualité reste inégalée par les hebdomadaires francophones, et qui fait, comme Libertas le présageait il y a 3 jours, sa une virtuelle sur l'autocensure occidentale, au sujet de l'interdiction du territoire britannique du parlementaire néerlandais Geert Wilders, atteinte inouïe à la liberté d'expression dans un pays qui il y a encore peu laissait al-Muhajiroun librement appeler à la destruction de l'Occident sur Trafalgar Square, au nom de cette même liberté d'expression. (Cette organisation islamiste qui prêchait la haine a finalement été interdite, après qu'elle a dit sa satisfaction à propos des attentats du 11 septembre 2001 ; le gouvernement britannique a estimé qu'elle avait passé les bornes de l'acceptable.)

9 commentaires:

Criticus a dit…

Libertas parle de lui-même à la troisième personne du singulier désormais ? ;-) Tu parles de la moins bonne qualité - avérée - des journaux français, mais tu n'en donnes pas la raison : les aides publiques, directes et indirectes, qui maintiennent sous perfusion des canards boiteux, si j'ose dire, au lieu de laisser la concurrence éliminer les mauvais au profit des bons. Le problème s'est d'ailleurs posé au Royaume-Uni, avec les ouvriers du Livre, qui refusaient de passer à l'informatique - cela allait « supprimer » des emplois.

Heureusement pour les Britanniques, il y a eu un Murdoch pour moderniser la presse et une Thatcher pour empêcher les immobilistes d'entraver cette modernisation. Ce qu'il faut à la presse française, c'est un Murdoch et une Thatcher. Pas un Bouygues qui est le premier fournisseur de l'État, ni un Sarkozy qui donne 600 millions d'euros aux journaux...

Libertas a dit…

Libertas n'est pas une personne, c'est une rédaction collective... avec un rédacteur principal, mais d'autres contributeurs occasionnels.

D'accord avec toi pour une libéralisation du secteur de la presse.

Je ne crois pas que ce soit la seule raison : en Angleterre, ni les journalistes ni le public ne se satisfont de la langue de bois. Et le journaliste qui ne relance pas, et l'homme politique qui la pratique, perdent toute crédibilité.

L'art du débat y est pratiqué, alors qu'il est feint en France. Pratiqué dès l'université, dans des compétitions de "debating". Et pratiqué ensuite aux responsabilités : les questions ne sont pas transmises comme en France. Le ministre doit savoir répondre aux questions qu'on lui pose ; là-bas, il ne les a pas eues longtemps à l'avance... En France tout le monde fait semblant. Un peu comme en RDA.

Criticus a dit…

Je n'idéaliserais pas le Royaume-Uni (ou les États-Unis) pour autant. Pour avoir étudié un an sur un campus nord-américain, j'ai pu constater la prégnance de la political correctness chez nombre d'enseignants et d'étudiants. Si la France était l'enfer et le monde anglo-saxon le paradis, la France ne produirait pas des diplômes aussi recherchés par les entreprises anglo-saxonnes. Ce qui, bien sûr, n'interdit pas de se poser ces légitimes questions...

Libertas a dit…

Je n'idéalise pas : j'ai un pied de chaque côté de la Manche.

Je pense cependant qu'il y a une différence entre le RU et les EUA : il y a en Angleterre une vraie tradition de provocation et d'ironie, d'esprit, de wit. La Vie de Brian des Monty Python en est un exemple (à voir absolument !), qui n'est ni français, ni américain...

Criticus a dit…

Je n'ai pas dit que tu idéalisais, cette remarque était purement rhétorique ! La France et les États-Unis ont aussi une grande tradition de l'ironie, et les seconds la perpétuent avec les Simpsons ou South Park (entre autres). Le problème est que la France, ou plutôt ce qui lui tient lieu d'élites médiatiques et culturelles, a choisi de renier cette tradition au nom des exigences supposées du vivre ensemble. Les spectacles de Pierre Desproges seraient-ils possibles aujourd'hui ? Je crains que non.

Libertas a dit…

Tu as raison, pour South Park.

Je crois que nous sommes d'accord. Pierre Desproges me manque, comme Christophe de Ponfilly ou encore Philippe Muray, chacun dans son style.

Des esprits libres, indépendants, intelligents. Des honnêtes hommes. Courageux, surtout. Peut-être est-ce qui manque aujourd'hui.

Criticus a dit…

Le Web est là pour les faire émerger.

LOmiG a dit…

Très bon billet. Je ne peux qu'adhérer à vos propos en commentaires, bien que n'ayant pas votre connaissance de ces cultures respectives.

Il me semble que nous sommes devenus assez aseptisés...

ça va forcément changer.

Criticus a dit…

Ça changera avec le choc de la réalité.