2012-08-27

BFMTV Politique, Arnaud Montebourg face à un chef d'entreprise


Alexandre Saubot (Haulotte Groupe) face à Arnaud Montebourg (Socialiste Groupe)
via http://twitter.com/RaphChabaud

Banc d'essai des candidats à la présidence de l'UMP

Jean-François Copé : Vous avez été déçu entre 2007 et 2012 ? Vous attendiez une révolution libérale, et vous n'avez trouvé qu'un sur-place agité, défaisant en deuxième moitié de mandat ce qui avait été fait dans la première ? Jean-François Copé, c'est du Sarkozy, version junior. 2007-2017 : on peut commettre une erreur une fois, mais pas deux.

Xavier Bertrand : Never ever. Jamais nous n'avons entendu une prise de position clairement libérale de sa part. Tant qu'il n'aura pas changé, nous ne pourrons le choisir.

NKM : La seule à n'être pas hors-sujet, à s'intéresser à la vie du parti, et à promettre une plus forte décentralisation des décisions ; mais les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent. Et son engagement d'arrière-garde contre l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe déçoit.

BLM : Bruno Le Maire est contre l'organisation des "courants" au sein de l'UMP, promis par Jean-François Copé (toujours pour "après" ; que ne les a-t-il mis en place "avant" ?). Les courants figurent dans les statuts du parti. Un président contre les statuts de son organisation, c'est non. Il faut y ajouter ses propos ambigus sur le libéralisme, assumé un jour, repoussé le lendemain.

Philippe Herlin : Économiste se disant libéral. Intéressant, jusqu'à ce que sa bio révèle son passage au FN et son ralliement très très récent à l'UMP. Le FN, c'est l'anti-Midas : il transforme tout ce qu'il touche en plomb.

Au terme de cet examen, il ne reste que François Fillon, dont les libéraux attendent qu'il prenne des positions plus claires, pour eux-mêmes se positionner. La mise en place des "courants" paraît une condition indispensable pour le soutenir : cela seul permettra l'émergence d'idées nouvelles au sein de l'UMP, où le débat a été étouffé pendant 5 ans, coûtant au parti une succession de cuisantes défaites. L'idéal serait l'émergence de courants capables de hiérarchiser leurs propositions, et un président capable de rassembler ces courants, en faisant la synthèse des propositions essentielles des différentes tendances de la coalition de la droite et du centre.

Feuilleton à suivre jusqu'en novembre 2012.

2012-08-19

La charia est incompatible avec la démocratie (CEDH, 2003)

Passionnant arrêt REFAH PARTİSİ (PARTI DE LA PROSPÉRITÉ) ET AUTRES c. TURQUIE (Requêtes nos 41340/98, 41342/98, 41343/98 et 41344/98) - Cour européenne des droits de l'homme, Strasbourg, 13 février 2003. Extraits :

(...)

123.  Or la Cour partage l’analyse effectuée par la chambre quant à l’incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention :

« 72.  A l’instar de la Cour constitutionnelle, la Cour reconnaît que la charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictés par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. La Cour relève que, lues conjointement, les déclarations en question qui contiennent des références explicites à l’instauration de la charia sont difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout. Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. (...) Selon la Cour, un parti politique dont l’action semble viser l’instauration de la charia dans un Etat partie à la Convention peut difficilement passer pour une association conforme à l’idéal démocratique sous-jacent à l’ensemble de la Convention. »

124.  La Cour ne saurait perdre de vue que des mouvements politiques basés sur un fondamentalisme religieux ont pu par le passé s’emparer du pouvoir politique dans certains Etats, et ont eu la possibilité d’établir le modèle de société qu’ils envisageaient. Elle considère que chaque Etat contractant peut, en conformité avec les dispositions de la Convention, prendre position contre de tels mouvements politiques en fonction de son expérience historique.

125.  La Cour observe aussi que le régime théocratique islamique a déjà été imposé dans l’histoire du droit ottoman. La Turquie, lors de la liquidation de l’ancien régime théocratique et lors de la fondation du régime républicain, a opté pour une vision de la laïcité confinant l’Islam et les autres religions à la sphère de la pratique religieuse privée. Rappelant l’importance du respect du principe de la laïcité en Turquie pour la survie du régime démocratique, la Cour considère que la Cour constitutionnelle avait raison lorsqu’elle estimait que le programme du Refah visant à établir la charia était incompatible avec la démocratie (paragraphe 40 ci-dessus). (...)

128.  Poursuivant ce raisonnement, la Cour écarte la thèse des requérants selon laquelle empêcher un système multijuridique de droit privé au nom de la place spéciale réservée à la laïcité en Turquie équivaudrait à établir une distinction défavorable aux musulmans qui voudraient vivre, dans leur vie privée, selon les rites de leur religion.

Elle rappelle que la liberté de religion, y inclus la liberté de la manifester par le culte et l’accomplissement des rites, relève d’abord du for intérieur. La Cour souligne sur ce point que le domaine du for intérieur est tout à fait différent de celui du droit privé, ce dernier concernant l’organisation et le fonctionnement de la société tout entière.

Personne ne conteste devant la Cour qu’en Turquie chacun peut suivre dans sa sphère privée les exigences de sa religion. En revanche, la Turquie, comme toute autre Partie contractante, peut légitimement empêcher que les règles de droit privé d’inspiration religieuse portant atteinte à l’ordre public et aux valeurs de la démocratie au sens de la Convention (par exemple les règles permettant la discrimination fondée sur le sexe des intéressés, telles que la polygamie, les privilèges pour le sexe masculin dans le divorce et la succession) trouvent application sous sa juridiction. La liberté de conclure des contrats ne saurait empiéter sur le rôle de l’Etat consistant à organiser d’une façon neutre et impartiale l’exercice des religions, cultes et croyances (paragraphes 91-92 ci-dessus). (...)

130.  La Cour considère que, quelle que soit l’acception que l’on donne à la notion de djihad (dont le premier sens est la guerre sainte et la lutte à mener jusqu’à la domination totale de la religion musulmane dans la société), invoquée dans la plupart des discours mentionnés ci-dessus, une ambiguïté régnait dans la terminologie utilisée quant à la méthode à employer pour accéder au pouvoir politique. Dans tous ces discours, l’éventualité et la possibilité d’avoir « légitimement » recours à la force afin de surmonter divers obstacles sur le chemin politique envisagé par le Refah pour accéder au pouvoir et y rester ont été mentionnées.

131.  Par ailleurs, la Cour fait sien le constat suivant de la chambre :

« 74.  (...)

S’il est vrai que les dirigeants du [Refah] n’ont pas appelé dans des documents gouvernementaux à l’usage de la force et de la violence comme moyen politique, ils ne se sont pas concrètement désolidarisés en temps utile des membres du [Refah] qui soutenaient publiquement le recours potentiel à la force contre des politiques qui leur étaient défavorables. Dès lors, les dirigeants du [Refah] n’ont pas supprimé l’ambiguïté caractérisant ces déclarations quant à la possibilité de recourir aux méthodes violentes pour accéder au pouvoir et y rester (voir, mutatis mutandis, l’arrêt Zana c. Turquie du 25 novembre 1997, Recueil 1997-VII, p. 2549, § 58). » (...)

PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,

1.  Dit qu’il n’y a pas eu violation de l’article 11 de la Convention ;

L'économie autrichienne en 2 min chrono

Rêvons qu'un jour, un homme politique français de premier plan soit capable d'expliquer les rudiments de l'école autrichienne d'économie en moins de 2 minutes ! On en est loin.



(via Lupus)

2012-07-20

Les économistes découvrent le marché

Au Royaume-Uni, le chômage baisse malgré la récession (Le Monde). Enigme, mystère, grande surprise pour certains "économistes" : un marché du travail flexible permet de réduire le chômage même en récession ! Incompréhensible pour les Français. Et pourtant, ce mécanisme simple, qui pourrait être mis en oeuvre en France pour reprendre le chemin du plein emploi, s'appelle : économie de marché libre (free market economy).

Le résultat : alors que nombre de Français croient que l'industrie automobile britannique a disparu dans les années 1980, les usines automobiles britanniques... existent et embauchent ! (source : Le Parisien libéral)



En réalité, le discours ambiant sur la "désindustralisation" est fondé sur des mythes et non sur des faits. La part relative de l'industrie a décru, certes, mais pas seulement en France : elle a décru au niveau global, du fait du développement des services. Comme l'écrit Georges Kaplan, la désindustrialisation massive est mondiale. Mais la production industrielle, en valeur absolue, a plus que doublé en France depuis les années 1970 !

2012-07-17

Henri Boulad sj à propos du printemps arabe en Egypte



Né au Caire en 1931, jésuite, égyptien, francophone, Henri Boulad donne un témoignage sur les bouleversements en cours en Égypte, loin de la version politiquement correcte française.

Liens : L'Égypte et les chrétiens d'Orient - AED Égypte - The Economist about Egypt

2012-07-15

2012-06-19

PLD : La droite a besoin des libéraux pour se reconstruire

"Au terme d’une campagne sans débat de fond, l'abstention confirme son statut de premier parti de France avec plus de 43% des inscrits, une première dans l’histoire de la Ve République. Le Front de Gauche est lourdement sanctionné pour ses provocations caricaturales. Les Verts représentent 2% des électeurs et obtiennent 18 élus, là où le FN qui représente 18% de l’électorat récupère 2 sièges. Le PS et l'UMP n’ont finalement réuni qu’un inscrit sur deux au premier tour. La justesse du mode de scrutin est donc sérieusement mise en question au moment où la crise ébranle notre modèle social. C’est pourquoi nous appelons François Hollande à introduire une dose importante de proportionnelle dans les scrutins à venir.

Après cette 5ème défaite consécutive depuis 2007, la droite est battue à tous les niveaux. La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy a subi la colère des électeurs, comme l'indique la défaite de Nadine Morano, de Frédéric Lefebvre et de Claude Guéant. Par ailleurs, nous déplorons l’échec d’Hervé Novelli, qui prive les libéraux d’une voix claire au Parlement. Une page de l’histoire de l’UMP se tourne.

Le PS domine partout : grandes villes, Conseils généraux et régionaux, Sénat, Assemblée nationale et Présidence de la République. François Hollande a donc les pleins pouvoirs pour mettre en œuvre sa politique étatiste et dépensière, comme en atteste sa proposition d'un plan de relance par les fonds structurels et l’emprunt de 120 milliards d'euros à l’échelle européenne. Il met en péril notre avenir ainsi que celui de l’Europe qu’il ébranle un peu plus.

La droite doit se reconstruire sur des valeurs et un projet pour la France et l’Europe. Elle a besoin des libéraux pour avoir des réponses à la crise des Etats providence, au chômage endémique et à la panne de croissance.  La libéralisation des réglementations du travail, des professions protégées et des monopoles, l’alignement du statut de la fonction publique sur le droit privé, la simplification fiscale ou la lutte contre un Etat nounou, intrusif et surprotecteur sont autant de domaines où la droite peut se démarquer et démarrer un plan de sauvetage du pays lorsque la défiance générale nous rattrapera."

(Communiqué du Parti libéral démocrate)

2012-06-04

Blocage des loyers : les effets pervers #logement

Blocage des loyers : inégalité des territoires et mal-logement 



"Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat ; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit.

Entre un mauvais et un bon économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir.

Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. — D’où il suit que le mauvais économiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d’un grand mal à venir, tandis que le vrai économiste poursuit un grand bien à venir, au risque d’une petit mal actuel.


Comme le disait ainsi Frédéric Bastiat, il y a "ce qu'on voit" : le blocage des loyers à la relocation, idée naïve pleine de bonnes intentions annoncée par la ministre de "l'égalité des territoires et du logement". Formidable, pense le quidam.

Mais il y a "ce qu'on ne voit pas" :
- une atteinte à la liberté contractuelle, à un moment où personne n'est lésé, personne n'étant obligé de contracter (on n'est pas dans le cas de la révision annuelle, où le locataire subit l'augmentation, à laquelle il ne peut échapper qu'en déménageant) ;
- cette restriction à la liberté de disposer de son bien est une atteinte à la propriété privée, garantie par l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- les propriétaires auront intérêt à appliquer systématiquement l'augmentation maximale de la révision annuelle des loyers, ne pouvant plus rattraper un retard pris sur l'inflation lors de la relocation ;
- les investisseurs auront intérêt à ne pas investir dans la construction de logements neufs en France en vue de les louer, dès lors qu'ils perdent la possibilité d'ajuster le rendement du capital investi, par rapport à l'immobilier dans d'autres pays européens, ou à d'autres catégories d'actifs, comme les actions ou les obligations ;
- la construction d'une bureaucratie coûteuse et inquisitrice, pour obtenir toutes les données sur les loyers, et la définition arbitraires d'un zonage inégalitaire du territoire, propice aux pressions des intérêts particuliers;
- au total, on sait, depuis des décennies, pour l'avoir essayé, et abandonné par l'ordonnance Chirac du 1er décembre 1986, que le contrôle des prix ne fonctionne pas: il est contre-productif, c'est-à-dire qu'il produit les effets contraires à ceux qu'il recherche.


Avec le blocage des loyers, Cécile Duflot veut louer plus pour moins cher. Mais la réalité est qu'à cause du blocage des loyers, on louera moins pour plus cher.

2012-05-28

Une femme saoudienne libre



Cette femme saoudienne est un exemple de courage face à l'intimidation de la police religieuse musulmane.

2012-05-24

Travestissement intellectuel



Pauvreté de l'argumentation de Chantal Delsol (citée par La Lime), qui nous a habitués à mieux.

"Pourquoi les en empêcher puisqu'ils s'aiment? Avec ce raisonnement, on justifie n'importe quoi. Des Hollandais ont contracté un mariage à trois. Un jeune Australien s'est marié l'année dernière avec son chien. Des enfants de 10 ans pourraient se marier, s'ils s'aiment. Et aussi un père avec sa fille de 10 ans, s'ils s'aiment.", écrit-elle.

Il n'est pas question de faire n'importe quoi, comme le suggère cet amalgame digne de Brigitte Barèges, de l'UMP, le parti qui n'a pas exclu Christian Vanneste, devenu récemment président du RPF.

Le mariage civil, écrivait Libertas dans son article "À propos de l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe", n'est pas le mariage religieux. Mais il reste un mariage. C'est-à-dire l'union de deux adultes ayant une vie commune, au sens juridique du terme. La sociologie sans le droit fait dire n'importe quoi. Le mariage unit deux personnes capables, c'est-à-dire dotées de la capacité juridique. Ni les chiens, ni les enfants. Le travestissement intellectuel qui consiste à amalgamer l'union juridique de deux hommes ou de deux femmes avec des relations zoophiles ou pédophiles ou incestueuses est, au fond, assez scandaleux, indigne de Chantal Delsol comme du journal Le Figaro qui la publie.

"protéger l'avenir de la famille et de la filiation", écrit Chantal Delsol, pour conclure son article. En quoi le mariage civil de deux homosexuels compromettrait-il l'avenir de la famille et de la filiation ? Espérait-on que ces deux homosexuels contracteraient un mariage de convenance, et feraient des enfants de convenance au sein d'un couple hétérosexuel fondé sur le mensonge ? Ou craignait-on que ces deux homosexuels donnent un mauvais exemple à la jeunesse, comme Socrate condamné à la ciguë, alors qu'il y a aussi peu de chance de changer un hétérosexuel en homosexuel que l'inverse ?

Lien : À propos de l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe

2012-05-19

Prix Taxman

Le Taxman ou le Taxman Award est une élection annuelle belge qui consiste à remettre un prix à la personne (ou l'organisation) qui a fourni la contribution la plus remarquable à la fiscalité. Cette élection est une initiative de la société d'assurances ERGO Insurance et du magazine financier Tendances, en collaboration avec les Éditions Pelckmans et la Fédération des Entreprises de Belgique. Ce prix a été décerné pour la première fois en 2008.

Le gagnant est la personne qui, selon le vote du public et du jury, aura fourni la contribution la plus remarquable à la fiscalité. Cette contribution consiste à ce que les nominés aient soit diminué la pression fiscale, soit simplifié l'impôt, soit humanisé la fiscalité.

Entre-temps, le prix est devenu une valeur sûre du paysage fiscal et gagne chaque année en importance. Le Taxman est à la fiscalité ce qu'est la remise des Oscars à l'industrie du film, avec pour différence que les décisions fiscales prises au niveau national influencent directement toute la population. Ceci souligne l'importance de ce prix à un moment où le secteur financier est au cœur de toutes les attentions.

(source : JPO)