Johan Norberg est l'auteur de l'excellent Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste. Voici un extrait de sa récente analyse de L'Europe selon Merkozy pour UnMondeLibre.org :
"Ils auraient pu laisser les pays agir librement, mais avec l'exigence
qu'ils trouvent leurs propres ressources pour le faire. Au lieu de cela,
les pays nagent dans l'argent des autres, mais sont empêchés d'en
abuser par un système de supervision non testé, bureaucratique et
européen qui a peu de légitimité démocratique. La France et l'Allemagne
ont également dit que ce n'est que la première étape vers la
coordination de la politique budgétaire et la législation du travail,
ainsi que de l'ensemble du cadre réglementaire financier de l'Europe.
Ce
n'est rien de plus que la préparation d'une union politique et
budgétaire qui, pour beaucoup, était toujours présupposée par l'union
monétaire. C'est une union que les peuples ont à maintes reprises
rejetée, votant contre à chaque fois qu'ils en ont eu l’occasion, mais
dont les bureaucrates de Bruxelles ont tout aussi souvent dit qu'ils ont
encore l'intention de créer. « Je suis convaincu que l'euro va nous
obliger à créer un nouvel ensemble d'outils de politique », déclarait en
2001 au Financial Times Romano Prodi, alors président de la Commission
européenne. « Il est politiquement impossible de le proposer maintenant.
Mais un jour il y aura une crise et nous allons créerons alors ces
outils. »
Nous y sommes aujourd’hui. La crise prédite est une
réalité. Au lieu de résoudre la crise, Paris, Berlin et Bruxelles
saisissent l'occasion pour refaire l'Europe d'une manière qui est si
politiquement impopulaire qu'il faut une crise pour faire plier tout le
monde. Tout le monde s'indigne du veto de David Cameron contre ce
projet, mais il a toujours été absurde d'imaginer que la Grande-Bretagne
serait d'accord pour une solution impliquant le détournement des
institutions de l'UE et leur montée en puissance. Et il devrait être
tout aussi impensable que la Suède soit partie prenante."
Journal libéral francophone
Deminuendus est sumptus publicus
« La Loi devenue l'instrument de toutes les cupidités, au lieu d'en être le frein ! » (Frédéric Bastiat)
2011-12-26
2011-12-25
Joyeux Noël aux lecteurs de Libertas
Pour Noël, Libertas vous offre quelques instants de grâce d'Ella Fitzgerald...
Pour Noël, offrez-vous un abonnement à Libertas, c'est gratuit ! Il vous suffit d'indiquer votre adresse électronique dans la colonne de droite.
2011-12-23
Ron Paul, la revanche du libéralisme classique
Bel exploit de Daniel Tourre : obtenir la publication d'un "point de vue" libéral dans Le Monde. Evidemment, cela déplaît aux commentateurs du lectorat, qui par réflexe ou par ignorance, déforment le propos. Mais ce texte touchera heureusement, hors des indécrottables doctrinaires socialistes, quelques libéraux qui s'ignorent, et des honnêtes hommes et femmes qui ne se satisfont pas de l'actuelle opposition entre étatistes de droite et étatistes de gauche et sont en quête d'une société plus respectueuse des droits individuels.
Lire : Daniel Tourre, premier conseiller du parti libéral démocrate : Ron Paul, la revanche du libéralisme classique
Lire : Daniel Tourre, premier conseiller du parti libéral démocrate : Ron Paul, la revanche du libéralisme classique
2011-12-20
Pétition pour la publication du rapport sur le financement des syndicats
Signez la pétition lancée par le député Nicolas Perruchot, qui demande la publication de son rapport sur le financement des organisations syndicales, enterré par Bernard Accoyer : http://www.droitdesavoir.net/
2011-12-17
Mélenchon, Le Pen, Wauquiez, même combat
Consternante démagogie protectionniste. Le protectionnisme, cela ne marche pas, c'est apparemment séduisant mais les apparences sont trompeuses. Le protectionnisme est destructeur de richesses ; la liberté des échanges est créatrice de richesses. On le sait depuis longtemps, et on le constate par la sortie de la misère d'un grand nombre de pays africains et asiatiques (oui, c'est difficile à entendre, quand on est un Français qui souffre des maux engendrés par 30 ans de politiques socialistes ; il est plus facile de blâmer l'étranger que nous-mêmes ; mais Libertas n'est pas là, contrairement aux démagogues, pour vous flatter).
En résumé :
- L'Europe va mal, en fermant les frontières (sans AUCUNE indication sur les modalités pratiques, évidemment), cela ira beaucoup mieux.
- La fermeture des frontières version "droite sociale"(iste), ça n'a rien à voir avec la fermeture des frontières version PC ou FN: vous connaissez la différence entre le bon chasseur et le mauvais chasseur: le bon chasseur, il tire, et le mauvais chasseur, ben... il tire.
- L'agitation du leurre protectionniste sera au coeur de la campagne de 2012... au mépris de nos engagements internationaux (OMC) et de l'intérêt de notre économie. L'important, c'est de capter les voix des Français inquiets, plutôt que de leur tenir un langage de vérité et de les préparer à la compétition internationale en réformant nos structures publiques obèses.
Comme quoi, on peut être surdiplômé, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, et raconter n'importe quoi. Si l'UMP passe au protectionnisme, les libéraux se retrouveront, de fait, dans l'opposition à ces avocats de politiques qui nous enfoncent.
Voir aussi : citations antilibérales
Morceaux choisis de l'entretien de Laurent Wauquiez avec Arnaud Leparmentier et Vanessa Schneider (Le Monde) :
"Toute l'Europe est globalement en déficit. Elle perd des parts de marché, et l'emploi dans l'industrie baisse. La question d'un protectionnisme, s'il est européen, ne doit pas être un tabou pour notre famille politique. Il faut tourner la page de l'époque où la droite et le centre clamaient "vive le libre-échange" en croyant qu'il allait produire un monde meilleur. (...) Je ne crois pas à la main magique du marché qui équilibre tout cela. Se protéger n'est pas un gros mot. Le président le dit et le fait depuis 2007 (...)"
-- Etes-vous d'accord avec Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?
"Pas du tout. Leur approche est nationale. Leur protectionnisme enferme, celui que je prône protège. La question du protectionnisme sera au coeur de la campagne. (...) La frontière est devenue un gros mot qu'il faut réhabiliter. On est dans une mondialisation sans limites et sans frontières. Il faut assumer qu'il y a une frontière, qui doit être protégée et défendue. La démondialisation à la Montebourg, c'est un concept de bobos, fondé sur l'idée que tous les pays vont s'unir et qui fait l'impasse sur la circulation des travailleurs. On est dans une compétition mondiale : le but est de se protéger."
En résumé :
- L'Europe va mal, en fermant les frontières (sans AUCUNE indication sur les modalités pratiques, évidemment), cela ira beaucoup mieux.
- La fermeture des frontières version "droite sociale"(iste), ça n'a rien à voir avec la fermeture des frontières version PC ou FN: vous connaissez la différence entre le bon chasseur et le mauvais chasseur: le bon chasseur, il tire, et le mauvais chasseur, ben... il tire.
- L'agitation du leurre protectionniste sera au coeur de la campagne de 2012... au mépris de nos engagements internationaux (OMC) et de l'intérêt de notre économie. L'important, c'est de capter les voix des Français inquiets, plutôt que de leur tenir un langage de vérité et de les préparer à la compétition internationale en réformant nos structures publiques obèses.
Comme quoi, on peut être surdiplômé, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, et raconter n'importe quoi. Si l'UMP passe au protectionnisme, les libéraux se retrouveront, de fait, dans l'opposition à ces avocats de politiques qui nous enfoncent.
Voir aussi : citations antilibérales
2011-12-13
Charles Gave : ce n'est pas en détruisant la monnaie que vous allez créer de la richesse
"Je veux des prix libres... Ce n'est pas en détruisant la monnaie que vous allez créer de la richesse... Je n'ai jamais vu un retour de la liberté contre la technocratie se traduire par autre chose que par un progrès... Ce sont les Attali de ce monde qui se trompent sur tout depuis 40 ans. Quand le mur de Berlin est tombé, c'était une bonne nouvelle... Quand une technocratie crève, c'est toujours une bonne nouvelle."
2011-12-12
2011-11-29
À nos lecteurs marocains, tunisiens, égyptiens
Vous venez du Maroc, de Tunisie, d'Egypte, et vous lisez Libertas ? Pouvez-vous laisser un commentaire pour expliquer les causes du succès électoral des partis islamistes dans votre pays ? Merci de votre contribution.
- Un point de vue de Hicham El Moussaoui : Islamistes au Maroc : pourquoi un tel succès ? Merci à lui. Et vous, Marocains, Tunisiens, Libyens, Egyptiens, Syriens, qu'en pensez-vous ?
2011-11-21
16/11/11 Nigel Farage fustige Barroso et Van Rompuy
"You should all be fired !"
Farage à Barroso : "as a former communist yourself"...
L'édit de Dioclétien (301)
Charles Gave mentionne dans une récente chronique l'édit du maximum de Dioclétien (301). Nous ne résistons pas au plaisir de vous en donner le préambule. Toute ressemblance avec des propos tenus tant par la majorité que par l'opposition, dans leur égarement intellectuel et économique suspicieux du marché, de la liberté des échanges et des prix, ne serait pas fortuite !
Transcription de William Henry Waddington, in Édit de Dioclétien établissant le maximum dans l'Empire romain, avec le commentaire de celui qui allait devenir premier ministre 15 ans plus tard :
La rédaction du dispositif est verbeuse et ampoulée (...) ; en voici le sens général : « La Fortune de notre empire, à laquelle, après les dieux immortels et le souvenir de nos victoires, nous devons le profond repos dont jouit le monde, veut aussi être honorée par les bienfaits de cette paix qui a coûté tant d'efforts; le bien public et la dignité de Rome l'exigent; et il incombe à nous, qui par la grâce des dieux avons arrêté les ravages des barbares, de garantir la tranquillité rétablie contre les maux intérieurs. Que si l'avarice, acharnée à augmenter d'heure en heure, de moment en moment, ses gains illicites, était retenue par quelque sentiment de modération, ou si la fortune publique pouvait supporter cette licence effrénée, on pourrait peut-être encore se taire, et laisser à la patience de chacun le soin de tempérer la gravité d'une condition aussi misérable. Mais, parce que la fureur du gain ne connaît de frein que la nécessité, et que ceux auxquels l'extrémité de la misère a fait sentir leur malheureuse condition, ne peuvent rien faire au delà pour s'en affranchir, il convient à nous, qui sommes les pères du genre humain, de mettre fin par une loi à un état de choses aussi intolérable; et nous apportons le remède réclamé depuis longtemps, sans nous soucier des plaintes qu'excitera notre intervention chez ces mauvais citoyens, qui, tout en sentant que notre long silence leur commandait la modération, n'ont pas voulu en tenir compte. Chacun sait, par sa propre expérience, que les objets de commerce et les denrées qui sont vendus journellement sur les marchés des villes, ont atteint des prix exorbitants ; que la passion effrénée du gain n'est plus modérée ni par la quantité des importations ni par l'abondance des récoltes, et qu'elle considère comme un malheur les bienfaits mêmes du ciel; nous devons exposer les causes de cet état de choses, afin que la nature du remède soit mieux comprise, et que ces hommes sans pudeur soient forcés de reconnaître leur insatiable avarice.
« Qui ne sait avec quelle audace l'esprit de pillage vient s'abattre partout où le salut de tous exige que nos armées soient dirigées, non-seulement sur les villes et les villages, mais sur toutes les routes, et fait monter les prix des denrées, non pas au quadruple ou à l'octuple, mais à un taux qui dépasse toutes les bornes? Qui ne sait que par l'accaparement de telle ou telle denrée, le soldat a quelquefois perdu sa paye et le bénéfice de nos largesses, de sorte que l'effort commun du monde entier pour le maintien de nos armées doit céder devant les détestables gains de ces pillards? Mus par ces considérations, nous avons résolu de fixer, non pas les prix des denrées (ce qui serait injuste, puisque plusieurs provinces jouissent du bonheur et en quelque sorte du privilège de l'abondance), mais le maximum qu'ils ne devront pas dépasser, afin que dans les années de cherté le fléau de l'avarice soit contenu par les limites et les restrictions de la loi. Nous voulons donc que le tarif annexé a cet édit soit observé par tout l'empire, et que chacun comprenne que la faculté de le dépasser lui est enlevée ; de cette façon les bienfaits du bon marché ne cesseront pas, là où il y a abondance, et ailleurs l'avarice sera comprimée. Quant aux négociants qui ont l'habitude de fréquenter les ports de mer et de parcourir les provinces lointaines, qu'ils se souviennent qu'il est inutile d'accaparer les denrées en temps de cherté, puisqu'ils ne pourront les vendre ailleurs à un prix plus élevé. Et, attendu que l'usage constant de nos ancêtres a été d'édicter une pénalité pour l'infraction de la loi, nous déclarons que celui qui enfreindra ce statut, encourra la peine capitale; il en sera de même de celui qui, par désir du gain, se sera prêté aux manœuvres des accapareurs, et, à plus forte raison, de celui qui, possédant des denrées, aura jugé à propos de les recéler. »
Telle est la substance de l'édit ; il en résulte que c'est une loi de maximum, destinée à arrêter la cherté croissante des denrées dans certaines prot inces de l'empire, surtout dans celles où les armées avaient leurs quartiers, c'est-à-dire les provinces frontières, et sans doute aussi dans les environs des grandes villes; mais il en résulte également que dans d'autres provinces les prix ordinaires des denrées se maintenaient au-dessous du tarif de l'édit. Lorsqu'on estimait, avec Borghesi et Dureau de la Malle, le denarius à 2 1/2 centimes, on arrivait pour le prix des subsistances à des chiffres tellement inférieurs aux prix connus ou probables, qu'on était forcément amené à regarder l'édit de Dioclétien comme un des plus grands actes de folie et de tyrannie qui aient jamais été commis; il est évident maintenant que c'était un acte arbitraire et peu judicieux, mais rien de plus.
Sans doute les gouvernements, et surtout les administrations despotiques ou routinières, sont capables des plus singulières aberrations en matière d'économie politique; l'histoire est là pour le prouver; nous avons à peine oublié nous-mêmes une autre fameuse loi de maximum, et de nos jours l'Europe commence seulement à comprendre les notions les plus élémentaires de l'économie politique. Cependant il y a des degrés dans la folie, et Dioclétien, dont le nom nous est odieux parce qu'il se rattache à la dernière persécution des chrétiens, était en définitive un bon administrateur, qui rétablit l'ordre dans les finances, et qui releva le prestige des armes romaines; on ne peut le supposer assez fou ni assez aveugle pour avoir voulu imposer à toute la population de son empire un maximum, qui restât fort au-dessous du prix normal des denrées dans les temps ordinaires. C'était sans doute une singulière prétention que de vouloir réglementer uniformément le prix du blé, des œufs, des légumes, de la journée de travail pour toutes les provinces d'un vaste empire, où se rencontraient toutes les conditions possibles de la vie humaine, depuis la vie de village jusqu'à la civilisation la plus raffinée; mais il faut être juste, ce n'était qu'une erreur d'économie politique, exactement semblable à celle commise par la Convention, et dont le principe n'est guère plus erroné, au point de vue de la liberté des transactions, que celui des lignes douanières qui divisaient les provinces de la France avant la révolution, ou celui de l'échelle mobile supprimée dans ces dernières années.
Il ne nous appartient pas d'examiner ici en détail les causes de la cherté à laquelle Dioclétien croyait avoir trouvé un remède. Lactance l'attribue sans hésiter aux fautes de l'empereur lui-même ; au partage de l'empire entre quatre chefs, d'où résulta une grande augmentation dans le nombre des années; à la multiplication des emplois et des fonctionnaires, à la manie de bâtir, à l'établissement d'un nouveau cens fondé sur un cadastre rigoureux, enfin, à l'insatiable avarice de Dioclétien. Mais cet auteur parle trop évidemment le langage de la haine pour ne pas être suspect, et d'ailleurs les faits rapportés par d'autres historiens montrent quelle part il faut faire à la passion qui l'entraîne. Plusieurs des mesures dénoncées par Lactance étaient des mesures d'ordre public, parfaitement conformes aux traditions de l'administration romaine, et nécessaires après le long désordre et les désastres des règnes précédents. Les causes qui minaient alors la prospérité de l'empire étaient plus profondes: les unes dataient de loin, comme l'immense extension qu'avait prise l'esclavage, et l'extinction graduelle de toute liberté, même municipale; les autres étaient plus récentes, comme l'absence d'hérédité pour le pouvoir suprême, la facilité avec laquelle les légions nommaient ou déposaient des empereurs, l'incapacité d'un grand nombre d'entre eux, enfin et surtout l'altération effrayante de la monnaie d'argent, qui en peu d'années avait disparu complètement pour faire place à une monnaie de cuivre revêtue d'une feuille d'étain, et émise en masses énormes par les derniers empereurs. Dioclétien, le premier après un assez long intervalle, fit frapper des monnaies d'argent pur, et ce fait seul suffirait pour prouver qu'il ne mérite pas tous les reproches que Lactance a accumulés sur sa tête.
Transcription de William Henry Waddington, in Édit de Dioclétien établissant le maximum dans l'Empire romain, avec le commentaire de celui qui allait devenir premier ministre 15 ans plus tard :
La rédaction du dispositif est verbeuse et ampoulée (...) ; en voici le sens général : « La Fortune de notre empire, à laquelle, après les dieux immortels et le souvenir de nos victoires, nous devons le profond repos dont jouit le monde, veut aussi être honorée par les bienfaits de cette paix qui a coûté tant d'efforts; le bien public et la dignité de Rome l'exigent; et il incombe à nous, qui par la grâce des dieux avons arrêté les ravages des barbares, de garantir la tranquillité rétablie contre les maux intérieurs. Que si l'avarice, acharnée à augmenter d'heure en heure, de moment en moment, ses gains illicites, était retenue par quelque sentiment de modération, ou si la fortune publique pouvait supporter cette licence effrénée, on pourrait peut-être encore se taire, et laisser à la patience de chacun le soin de tempérer la gravité d'une condition aussi misérable. Mais, parce que la fureur du gain ne connaît de frein que la nécessité, et que ceux auxquels l'extrémité de la misère a fait sentir leur malheureuse condition, ne peuvent rien faire au delà pour s'en affranchir, il convient à nous, qui sommes les pères du genre humain, de mettre fin par une loi à un état de choses aussi intolérable; et nous apportons le remède réclamé depuis longtemps, sans nous soucier des plaintes qu'excitera notre intervention chez ces mauvais citoyens, qui, tout en sentant que notre long silence leur commandait la modération, n'ont pas voulu en tenir compte. Chacun sait, par sa propre expérience, que les objets de commerce et les denrées qui sont vendus journellement sur les marchés des villes, ont atteint des prix exorbitants ; que la passion effrénée du gain n'est plus modérée ni par la quantité des importations ni par l'abondance des récoltes, et qu'elle considère comme un malheur les bienfaits mêmes du ciel; nous devons exposer les causes de cet état de choses, afin que la nature du remède soit mieux comprise, et que ces hommes sans pudeur soient forcés de reconnaître leur insatiable avarice.
« Qui ne sait avec quelle audace l'esprit de pillage vient s'abattre partout où le salut de tous exige que nos armées soient dirigées, non-seulement sur les villes et les villages, mais sur toutes les routes, et fait monter les prix des denrées, non pas au quadruple ou à l'octuple, mais à un taux qui dépasse toutes les bornes? Qui ne sait que par l'accaparement de telle ou telle denrée, le soldat a quelquefois perdu sa paye et le bénéfice de nos largesses, de sorte que l'effort commun du monde entier pour le maintien de nos armées doit céder devant les détestables gains de ces pillards? Mus par ces considérations, nous avons résolu de fixer, non pas les prix des denrées (ce qui serait injuste, puisque plusieurs provinces jouissent du bonheur et en quelque sorte du privilège de l'abondance), mais le maximum qu'ils ne devront pas dépasser, afin que dans les années de cherté le fléau de l'avarice soit contenu par les limites et les restrictions de la loi. Nous voulons donc que le tarif annexé a cet édit soit observé par tout l'empire, et que chacun comprenne que la faculté de le dépasser lui est enlevée ; de cette façon les bienfaits du bon marché ne cesseront pas, là où il y a abondance, et ailleurs l'avarice sera comprimée. Quant aux négociants qui ont l'habitude de fréquenter les ports de mer et de parcourir les provinces lointaines, qu'ils se souviennent qu'il est inutile d'accaparer les denrées en temps de cherté, puisqu'ils ne pourront les vendre ailleurs à un prix plus élevé. Et, attendu que l'usage constant de nos ancêtres a été d'édicter une pénalité pour l'infraction de la loi, nous déclarons que celui qui enfreindra ce statut, encourra la peine capitale; il en sera de même de celui qui, par désir du gain, se sera prêté aux manœuvres des accapareurs, et, à plus forte raison, de celui qui, possédant des denrées, aura jugé à propos de les recéler. »
Telle est la substance de l'édit ; il en résulte que c'est une loi de maximum, destinée à arrêter la cherté croissante des denrées dans certaines prot inces de l'empire, surtout dans celles où les armées avaient leurs quartiers, c'est-à-dire les provinces frontières, et sans doute aussi dans les environs des grandes villes; mais il en résulte également que dans d'autres provinces les prix ordinaires des denrées se maintenaient au-dessous du tarif de l'édit. Lorsqu'on estimait, avec Borghesi et Dureau de la Malle, le denarius à 2 1/2 centimes, on arrivait pour le prix des subsistances à des chiffres tellement inférieurs aux prix connus ou probables, qu'on était forcément amené à regarder l'édit de Dioclétien comme un des plus grands actes de folie et de tyrannie qui aient jamais été commis; il est évident maintenant que c'était un acte arbitraire et peu judicieux, mais rien de plus.
Sans doute les gouvernements, et surtout les administrations despotiques ou routinières, sont capables des plus singulières aberrations en matière d'économie politique; l'histoire est là pour le prouver; nous avons à peine oublié nous-mêmes une autre fameuse loi de maximum, et de nos jours l'Europe commence seulement à comprendre les notions les plus élémentaires de l'économie politique. Cependant il y a des degrés dans la folie, et Dioclétien, dont le nom nous est odieux parce qu'il se rattache à la dernière persécution des chrétiens, était en définitive un bon administrateur, qui rétablit l'ordre dans les finances, et qui releva le prestige des armes romaines; on ne peut le supposer assez fou ni assez aveugle pour avoir voulu imposer à toute la population de son empire un maximum, qui restât fort au-dessous du prix normal des denrées dans les temps ordinaires. C'était sans doute une singulière prétention que de vouloir réglementer uniformément le prix du blé, des œufs, des légumes, de la journée de travail pour toutes les provinces d'un vaste empire, où se rencontraient toutes les conditions possibles de la vie humaine, depuis la vie de village jusqu'à la civilisation la plus raffinée; mais il faut être juste, ce n'était qu'une erreur d'économie politique, exactement semblable à celle commise par la Convention, et dont le principe n'est guère plus erroné, au point de vue de la liberté des transactions, que celui des lignes douanières qui divisaient les provinces de la France avant la révolution, ou celui de l'échelle mobile supprimée dans ces dernières années.
Il ne nous appartient pas d'examiner ici en détail les causes de la cherté à laquelle Dioclétien croyait avoir trouvé un remède. Lactance l'attribue sans hésiter aux fautes de l'empereur lui-même ; au partage de l'empire entre quatre chefs, d'où résulta une grande augmentation dans le nombre des années; à la multiplication des emplois et des fonctionnaires, à la manie de bâtir, à l'établissement d'un nouveau cens fondé sur un cadastre rigoureux, enfin, à l'insatiable avarice de Dioclétien. Mais cet auteur parle trop évidemment le langage de la haine pour ne pas être suspect, et d'ailleurs les faits rapportés par d'autres historiens montrent quelle part il faut faire à la passion qui l'entraîne. Plusieurs des mesures dénoncées par Lactance étaient des mesures d'ordre public, parfaitement conformes aux traditions de l'administration romaine, et nécessaires après le long désordre et les désastres des règnes précédents. Les causes qui minaient alors la prospérité de l'empire étaient plus profondes: les unes dataient de loin, comme l'immense extension qu'avait prise l'esclavage, et l'extinction graduelle de toute liberté, même municipale; les autres étaient plus récentes, comme l'absence d'hérédité pour le pouvoir suprême, la facilité avec laquelle les légions nommaient ou déposaient des empereurs, l'incapacité d'un grand nombre d'entre eux, enfin et surtout l'altération effrayante de la monnaie d'argent, qui en peu d'années avait disparu complètement pour faire place à une monnaie de cuivre revêtue d'une feuille d'étain, et émise en masses énormes par les derniers empereurs. Dioclétien, le premier après un assez long intervalle, fit frapper des monnaies d'argent pur, et ce fait seul suffirait pour prouver qu'il ne mérite pas tous les reproches que Lactance a accumulés sur sa tête.
2011-11-18
L'argent public n'existe pas
Margaret Thatcher : there is no such thing as public money.
2011-11-14
Vous connaissez des gens de gauche qui à la chute du mur de Berlin se soient enfuis à l'Est ?
Gaspard Proust : Enfin, pour moi,
vous voyez, tous les gens sont de droite, globalement. Pour moi, les
gens de gauche, ça n'existe pas. Pour une raison...
Clémentine Autain : Et pourquoi
pas, dit Jacques Prévert.
Gaspard Proust : Pour une raison,
pour une raison simple : vous en connaissez, vous, des gens de
gauche, qui à la chute du mur de Berlin se soient enfuis à l'Est ?
Une voix : Qu'est-ce qu'il a dit ?
Frédéric Taddéi : Ah, je ne
peux pas vous faire les sous-titres.
Clémentine Autain : Je crois que
vous n'avez pas vu...
Gaspard Proust : Si elle connaît
des gens de gauche qui à la chute du mur de Berlin se soient enfuis
à l'Est. Vous voyez, c'est... C'est...
Clémentine Autain : Mais c'est
pas. Mais ce. Mais. Mais je.
Gaspard Proust : Voilà, vous êtes
gênée.
Clémentine Autain : Non je ne
suis pas gênée.
Gaspard Proust : Eh beh oui.
Clémentine Autain : Je vais vous
dire une chose.
Gaspard Proust : C'est le jeu du
débat.
Clémentine Autain : Non, je vais
vous dire une chose.
Gaspard Proust : Il faut changer
de sujet.
2011-11-03
À mes amis conservateurs
Dans le réseau LHC, il y a des libéraux, des conservateurs, des libéraux-conservateurs, entre autres.
Pour les conservateurs, et ceux que le conservatisme intéresse : ce livre, l'instinct de conservation, publié aux éditions du Félin, devrait les intéresser :
Pour les conservateurs, et ceux que le conservatisme intéresse : ce livre, l'instinct de conservation, publié aux éditions du Félin, devrait les intéresser :
"Être né dans le dernier quart du xxe siècle, c’est avoir bu sous toutes
ses formes le lait un peu frelaté de la révolution. C’est aussi recevoir
entre autres en héritage une planète dégradée, un projet politique usé
et, en France en particulier, une formidable ardoise publique. L’affaire
est entendue, les jeunes paieront, leurs enfants aussi, et les enfants
de leurs enfants. Reste à savoir pourquoi, avant même de savoir comment.
En retrouvant et en assumant la légitimité du conservatisme, l’auteur entrevoit des pistes pour une modernité qui ne rende pas la vie impossible aux générations à venir : un conservatisme éclairé, prospectif, qui postule simplement que le progrès n’est pas une loi de l’histoire, ni la révolution permanente une fin nécessairement souhaitable.
Un conservatisme qui voit dans la transmission de ce que nous avons reçu de meilleur la justification de sacrifices d’ores et déjà urgents, et qui cherche à donner à la fois un sens et un cadre à l’accueil des générations à venir.
Nathanaël Dupré la Tour est né en 1977. Marié et père de trois enfants, il vit et travaille à Lyon. Il collabore aux revues Esprit et Commentaire, ainsi qu’à la Revue des Deux Mondes."
En retrouvant et en assumant la légitimité du conservatisme, l’auteur entrevoit des pistes pour une modernité qui ne rende pas la vie impossible aux générations à venir : un conservatisme éclairé, prospectif, qui postule simplement que le progrès n’est pas une loi de l’histoire, ni la révolution permanente une fin nécessairement souhaitable.
Un conservatisme qui voit dans la transmission de ce que nous avons reçu de meilleur la justification de sacrifices d’ores et déjà urgents, et qui cherche à donner à la fois un sens et un cadre à l’accueil des générations à venir.
Nathanaël Dupré la Tour est né en 1977. Marié et père de trois enfants, il vit et travaille à Lyon. Il collabore aux revues Esprit et Commentaire, ainsi qu’à la Revue des Deux Mondes."
2011-11-02
Autodafé islamiste à Paris
En 1933, en Allemagne, les nationaux-socialistes brûlaient les livres juifs.
En 2011, en France, les islamistes brûlent lâchement les journaux satiriques.
Le siège de Charlie Hebdo, qui célébrait à sa façon le succès des islamistes d'Ennahda en Tunisie, a été incendié cette nuit à Paris. Il y a deux jours, le site Islam en France titrait : Et si on brûlait mon Charlie Hebdo, juste pour rigoler évidemment... Certains ont pris la suggestion au pied de la lettre.
Aurait-on le droit de se moquer de toutes les religions sauf de l'islam ? Les ennemis de la liberté d'expression doivent être condamnés. La France a besoin d'une riposte laïque.
2011-10-31
Sélection d'articles d'octobre
Ici, des liens vers d'intéressants articles glanés au fil du mois :
- Slate.fr : Comment le Qatar a acheté la France (et s'est payé sa classe politique)
- Contrepoints.org : Le député pilleur n'aime pas se faire choper (ne pas manquer la vidéo !)
2011-10-27
#Tunisie libérale
Deux partis qui devraient être représentés à l'Assemblée nationale constituante tunisienne sont décrits comme étant libéraux :
- Afek Tounes (4 élus)
- Union patriotique libre (1 élu)
#Ennahda : Rached Ghannouchi et les identités meurtrières
Rached Ghannouchi, président du parti islamiste tunisien Ennahda, "a regretté que les Tunisiens soient devenus «franco-arabes» dans la pratique du langage. « Nous sommes arabes et notre langue c'est la langue arabe », a-t-il martelé. « On est devenu franco-arabe, c'est de la pollution linguistique », a déploré le chef d'Ennahda, reprenant un des thèmes de prédilection du Front islamique du salut en Algérie au début des années quatre-vingt-dix. Formé en Égypte et en Syrie puis exilé vingt ans à Londres, Rached Ghannouchi parle anglais couramment mais ne maîtrise pas le français qui est encore largement pratiqué depuis l'indépendance dans les milieux éduqués tunisiens."
Source : article de Thierry Oberlé, Le Figaro
Rached Ghannouchi devrait lire les Identités meurtrières, d'Amin Maalouf. Cet ouvrage existe en anglais : In the name of identity ; et en arabe : الهويات القاتلة. La volonté de réduction de l'homme ou de la femme à une identité religieuse, nationale, politique, économique, unique et fixe, alors que les appartenances sont toujours multiples, et évolutives, la volonté de réduction de l'être à une dimension unique nécessite l'emploi de la contrainte et engendre la violence meurtrière. Les Tunisiens ne sont pas réductibles à une identité purement arabo-musulmane fantasmée. Ils sont multiples, divers, généreux, ouverts, riches des apports de leur longue histoire, et cela depuis Carthage. Ils parlent l'arabe, mais aussi le français, l'anglais, l'italien...
Source : article de Thierry Oberlé, Le Figaro
Rached Ghannouchi devrait lire les Identités meurtrières, d'Amin Maalouf. Cet ouvrage existe en anglais : In the name of identity ; et en arabe : الهويات القاتلة. La volonté de réduction de l'homme ou de la femme à une identité religieuse, nationale, politique, économique, unique et fixe, alors que les appartenances sont toujours multiples, et évolutives, la volonté de réduction de l'être à une dimension unique nécessite l'emploi de la contrainte et engendre la violence meurtrière. Les Tunisiens ne sont pas réductibles à une identité purement arabo-musulmane fantasmée. Ils sont multiples, divers, généreux, ouverts, riches des apports de leur longue histoire, et cela depuis Carthage. Ils parlent l'arabe, mais aussi le français, l'anglais, l'italien...
On observera d'ailleurs que le site internet d'Ennahda est publié en arabe, avec un peu d'anglais, et à peine quelques traces de français. Si Ennahda veut améliorer son image en France, qui est mauvaise, ce parti devrait publier davantage en français, pour être mieux compris des observateurs de l'autre rive de la Méditerranée.
2011-10-25
Enquête & Débat fait appel aux souscripteurs
Lien : Enquête et Débat fait appel aux souscripteurs
Pour notre part, nous avons souscrit la première année pour aider un concurrent à se lancer (eh oui, comme libéraux, nous sommes favorables aux aides à la création, plutôt qu'au système actuel d'aides à la presse qui sert à maintenir sous perfusion des journaux à l'agonie tels que L'Humanité, porté à bout de bras par l'Etat, Bouygues et Lagardère).
Cependant, nous n'avons pas re-souscrit, considérant qu'il appartient ensuite à chaque titre de trouver son lectorat et son équilibre économique (publicité, abonnements, mécénat...).
En outre, Enquête et Débat a pour mérite de donner la parole à de nombreuses personnes snobées par les media établis. Mais son format ne nous paraît pas adapté aux besoins actuels du consommateur d'information : trop long, pas assez hiérarchisé à notre goût, évidemment subjectif.
Assez éloigné en somme de notre modèle : The Economist. Celui-ci, qui existe aussi en ligne, mais hélas seulement en anglais, sait être non-conformiste, et est très "digeste" : un sommaire en deux pages de l'actualité politique et économique de la semaine, des articles brefs et argumentés, beaucoup de données brutes (chiffres et cartes), et une ligne éditoriale claire depuis le 19e siècle : la liberté des échanges. C'est vers ce modèle que nous souhaitons tendre, à Libertas.
Enquête & Débat correspond peut-être à un autre besoin, à un autre modèle, d'interviews longues, comparable aux longs articles des revues telles que Commentaire, dans un autre style. Il appartient à Enquête & Débat de monétiser cette demande en trouvant les souscripteurs nécessaires. Ou de modifier son modèle, en allant vers des formats beaucoup plus courts et synthétiques.
Le rêve serait d'avoir une édition française de The Economist. Ou bien de voir tous les blogueurs et journalistes compatibles avec une ligne libérale s’agréger pour constituer un titre viable et capable de sortir des enquêtes et des scoops. Un Contrepoints avec de l'argent. Ou un Mediapart libéral. Nous en sommes encore loin.
Pour notre part, nous avons souscrit la première année pour aider un concurrent à se lancer (eh oui, comme libéraux, nous sommes favorables aux aides à la création, plutôt qu'au système actuel d'aides à la presse qui sert à maintenir sous perfusion des journaux à l'agonie tels que L'Humanité, porté à bout de bras par l'Etat, Bouygues et Lagardère).
Cependant, nous n'avons pas re-souscrit, considérant qu'il appartient ensuite à chaque titre de trouver son lectorat et son équilibre économique (publicité, abonnements, mécénat...).
En outre, Enquête et Débat a pour mérite de donner la parole à de nombreuses personnes snobées par les media établis. Mais son format ne nous paraît pas adapté aux besoins actuels du consommateur d'information : trop long, pas assez hiérarchisé à notre goût, évidemment subjectif.
Assez éloigné en somme de notre modèle : The Economist. Celui-ci, qui existe aussi en ligne, mais hélas seulement en anglais, sait être non-conformiste, et est très "digeste" : un sommaire en deux pages de l'actualité politique et économique de la semaine, des articles brefs et argumentés, beaucoup de données brutes (chiffres et cartes), et une ligne éditoriale claire depuis le 19e siècle : la liberté des échanges. C'est vers ce modèle que nous souhaitons tendre, à Libertas.
Enquête & Débat correspond peut-être à un autre besoin, à un autre modèle, d'interviews longues, comparable aux longs articles des revues telles que Commentaire, dans un autre style. Il appartient à Enquête & Débat de monétiser cette demande en trouvant les souscripteurs nécessaires. Ou de modifier son modèle, en allant vers des formats beaucoup plus courts et synthétiques.
Le rêve serait d'avoir une édition française de The Economist. Ou bien de voir tous les blogueurs et journalistes compatibles avec une ligne libérale s’agréger pour constituer un titre viable et capable de sortir des enquêtes et des scoops. Un Contrepoints avec de l'argent. Ou un Mediapart libéral. Nous en sommes encore loin.
2011-10-24
Le plus grand hold-up de l'histoire
S'il est confirmé, le montant de 100 milliards d'euros de recapitalisation des banques constituera le plus grand hold-up de l'histoire. À côté, les paris de Jérôme Kerviel étaient une peccadille. En effet, ce n'est pas de l'argent levé par les banques auprès d'actionnaires volontaires pour y investir. C'est de l'argent pris de force par les Etats dans nos portefeuilles, dans le portefeuille de chaque citoyen, pour recapitaliser des banques qui ont été extrêmement mal - on pourrait même dire frauduleusement - gérées. Pourtant, les dirigeants de ces banques restent en place, avec leurs primes, et les règles du jeu restent à peu près les mêmes, avec le léger tour de vis donné par les règles de Bâle 3. C'est un véritable scandale. Il n'y avait pas d'autre solution, vous diront les politiciens. Eh bien si, il y a une autre solution, très bien expliquée par Vincent Bénard : la faillite ordonnée des banques en délicatesse financière : les créanciers verraient leurs créances converties en actions.
Et pendant ce temps-là, la France milite contre l'Allemagne pour imposer un statut bancaire au FESF (futur MES), et la possibilité pour lui de se refinancer auprès de la BCE. Ce qui signifie tout simplement la fin des règles élémentaires du monétarisme, à savoir une banque centrale indépendante de l'Etat. Ce sont pourtant les règles monétaristes, inspirées de Milton Friedman, qui ont permis au Royaume-Uni sous l'autorité énergique de Margaret Thatcher de sortir de la situation catastrophique dans laquelle les travaillistes l'avaient plongé dans les années 1970.
Et pendant ce temps-là, la France milite contre l'Allemagne pour imposer un statut bancaire au FESF (futur MES), et la possibilité pour lui de se refinancer auprès de la BCE. Ce qui signifie tout simplement la fin des règles élémentaires du monétarisme, à savoir une banque centrale indépendante de l'Etat. Ce sont pourtant les règles monétaristes, inspirées de Milton Friedman, qui ont permis au Royaume-Uni sous l'autorité énergique de Margaret Thatcher de sortir de la situation catastrophique dans laquelle les travaillistes l'avaient plongé dans les années 1970.
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