Encore une fois, le Royaume-Uni, même travailliste, donne à la France une leçon de libéralisme, de politique économique, d'économie politique, d'économie, bref, de politique.
Dès lors que le principe - discutable - d'une relance est acquis, la réduction de 17,5 à 15 % (soit de 2,5 points !) de la TVA, même temporaire, est l'une des meilleures solutions.
Certes la TVA, proportionnelle, est moins nocive que l'impôt sur le revenu, progressif. Et les "administrés" aspirent à plus de stabilité de la réglementation fiscale. Mais s'il s'agit de donner à toute la population quelques marges de manoeuvre budgétaires de plus, ce n'est pas une idée indéfendable.
En outre, l'immense avantage de cette solution d'amener la TVA à son plancher conventionnel (la TVA ne peut normalement être inférieure à 15 %, par traité...) est qu'elle ne comporte aucune distorsion de concurrence. Au contraire, elle bénéficie généralement à tous les secteurs d'activité, et réduit le coin fiscal qui préjudicie à l'initiative économique et aux transactions. Cela vaut infiniment mieux que les "aides ciblées", soumises au marchandage politique des intérêts corporatistes, envisagées par la France de Nicolas Sarkozy et l'Allemagne d'Angela Merkel, qui nous avait habitués à être plus inspirée. Ajoutons qu'on cherche la cohérence entre un "Grenelle de l'environnement" et le subventionnement de l'industrie automobile : le contribuable paie deux fois, pour des actions contradictoires.
De surcroît, la mesure de réduction de la TVA est simple d'application, sans bureaucratie ni tombereaux de réglementation nouvelle. Elle empêche de plus la démagogie consistant à présenter comme des actions nouvelles des mesures déjà votées, ce qui contribue à décrédibiliser encore la parole publique.
Si la mesure est temporaire, elle n'a pas d'effet déflationniste par procrastination : elle incite à agir avant la remontée au taux initial.
Dernier avantage : réduire les recettes a le même effet apparent (se souvenir de
Bastiat : ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas...) qu'augmenter les dépenses : stimuler l'économie artificiellement par le déficit ; mais en contraignant encore les ressources du Léviathan, elle le force aussi à prendre ses responsabilités et à limiter, tôt ou tard, ses dépenses, sous peine de banqueroute.
Nota bene : Cet article ne porte que sur la baisse de la TVA : d'autres mesures envisagées dans le paquet de Gordon Brown et Alistair Darling sont dignes du parti socialiste français : hausse de l'impôt sur le revenu pour "les riches", déficit record de 118 milliards de livres en 2010, suspension de la règle d'or de l'équilibre des finances publiques sur un cycle économique jusqu'en 2015-2016, etc.
Dépenser, dépenser, dépenser un argent public qui n'est pas dans les caisses : comme en France, le résultat sera un appauvrissement réel, une banqueroute publique et/ou une relance délibérée de l'inflation (par une atteinte à l'indépendance de la BCE ou une sortie de l'euro) dans les 10 ans. Impensable ? Souvenez-vous de l'Argentine, de l'Islande, de la Hongrie. On en reparlera en 2018 ou même avant !
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