Journal libéral francophone
Deminuendus est sumptus publicus
« La Loi devenue l'instrument de toutes les cupidités, au lieu d'en être le frein ! » (Frédéric Bastiat)
2009-02-23
Conflit patent d'intérêts
Laurent Mauduit, Ecureuil-Banques pop': l'Elysée dans l'illégalité, dans Mediapart.
Lien : conflict of interest
2009-02-21
Journal de bord de la crise 11
- L'économie en crise
- 14:30 La Californie en récession vote des mesures drastiques
- 14:15 L'Europe de l'Est, bombe à retardement pour l'euro
- 14:12 Les démons des années 1930
- 14:10 Sur les Bourses, la sinistrose s'enracine
- Braquages : les petits commerces, coeurs de cible
- L'or, "antimite" idéal
- La France accorde une exonération d'impôts aux avoirs du Qatar
- La Situation des classes laborieuses en Angleterre dans les grandes villes, de Friedrich Engels
- Vif débat en Roumanie autour de l'appel au FMI
Un manifeste antillais
voici des morceaux choisis du manifeste de neuf Antillais,
"qu'ils souhaitent diffuser le plus largement possible",
publié par Mediapart (passages mis en gras par Libertas) :
MANIFESTE
Pour les "produits" de haute nécessité
C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. [...]
Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.
Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. [...]
La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte «d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.
Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être «producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. [...]
Le « déterminant » ou bien le « décisif » s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.
L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. [...]
La question békée et des ghettos qui germent ici ou là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. [...]
Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. [...]
Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. [...]
Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production seraient des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.
Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. [...]
Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main-d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main-d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale. [...]
Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons [sic] à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. [...]
En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.
Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...
Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.
Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.
Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....
Alors voici notre vision :
Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....
Les signataires :
Ernest BRELEUR (artiste-peintre)
Patrick CHAMOISEAU (écrivain)
Serge DOMI (sociologue)
Gérard DELVER (comédien et auteur dramatique)
Edouard GLISSANT (poète)
Guillaume PIGEARD DE GURBERT (philosophe)
Olivier PORTECOP (universitaire)
Olivier PULVAR (universitaire)
Jean-Claude WILLIAM (politologue)
De la considération de Georges Frêche pour ses électeurs
"Je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse".
Lisez l'article de Mathieu Soliveres.
2009-02-20
Cherche libéral de Guadeloupe
nul comité de Liberté Chérie, d'Alternative Libérale, du Parti Libéral-Démocrate,
nul blog libéral guadeloupéen parmi les blogs libéraux recensés...
La Guadeloupe en particulier, les Antilles françaises plus généralement, sont-elles un désert libéral ? Nul lecteur, nul admirateur, des grands auteurs libéraux ?
Nous avons besoin, les Antillais ont besoin, d'une analyse libérale des émeutes en cours, par quelqu'un qui connaisse intimement ces îles.
24 février : conf. Guido Hülsmann
Inscription préalable obligatoire. Renseignements : Café Liberté
2009-02-19
Sarko, la justice et la justice sociale
- « Je leur ai dit ma détermination à aborder cette période difficile dans un esprit de responsabilité et par dessus tout de justice ».
- « L’esprit de justice, c’est de tout faire pour que la crise ne fasse pas souffrir davantage les plus fragiles d’entre nous et ne fragilise pas ceux qui travaillent dur pour faire vivre leur famille ».
- « Les dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel ou au licenciement économique devront s’engager à renoncer à leurs bonus. C’est un élément de la justice ».
- « Mais au-delà de ces mesures de justice, et la justice ce doit être une priorité en ce moment, les réformes doivent continuer (…) ».
- « Je vous propose le seul chemin qui vaille, celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité (…)».
Premièrement, l'emploi du concept de "justice" pour fonder les mesures annoncées par le Président est évidemment erroné intellectuellement... sauf dans une perspective typiquement socialiste. Cet emploi relève d'une vision du marché aussi délirante que celle ayant déjà conduit Sarkozy a proposer un découpage du profit en trois parts.
Deuxièmement, l'utilisation de ce concept plutôt que celui de "justice sociale" paraît relativement nouvelle et intriguante. Jusqu'à tout récemment, 99% de la classe politique française prônait la justice sociale sans la moindre hésitation. C'était déjà une aberration conceptuelle. Comme on le sait depuis Hayek, cette notion est fondamentalement dénuée de sens si l'on accepte la définition de la justice ordinairement acceptée dans la civilisation occidentale depuis des siècles (malheureusement, peu de libéraux sont conscients de cela). Voir à ce sujet l'éblouissant tome II de "Droit, Législation et Liberté" intitulé "Le mirage de la justice sociale" ou, pour une version plus courte de l'argument de Hayek, son article "L'atavisme de la justice sociale" dans les "Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d'économie et d'histoire des idées" aux Belles Lettres.
Jusqu'où ira cette dérive conceptuelle qu'a semblé inaugurer Sarkozy hier soir ? Difficile, à ce stade, de le dire. Osons espérer (sans trop y croire) que ce n'est qu'une erreur ponctuelle de sa part. Parler de "justice" pour justifier des mesures en faveur des populations les plus affectées par la crise est encore plus dangereux que de mobiliser l'idée de "justice sociale". Avec l'idée de justice, on peut justifier absolument n'importe quoi, y compris des mesures qui vont au delà de la redistribution sociale et économique. A quand une fusion du ministère de l'économie et du ministère de la justice, pour mieux poursuivre les entrepreneurs qui licencient des innocents ?
YM, pour Libertas
2009-02-15
Un exemple de journalisme britannique
cf. cet article : Paxman, l'intervieweur qui manque à l'Élysée
mais on aurait aussi pu citer Jonathan Dimbleby ou, actuellement sur la BBC, Steven Sackur.
Sans compter The Economist, dont la qualité reste inégalée par les hebdomadaires francophones, et qui fait, comme Libertas le présageait il y a 3 jours, sa une virtuelle sur l'autocensure occidentale, au sujet de l'interdiction du territoire britannique du parlementaire néerlandais Geert Wilders, atteinte inouïe à la liberté d'expression dans un pays qui il y a encore peu laissait al-Muhajiroun librement appeler à la destruction de l'Occident sur Trafalgar Square, au nom de cette même liberté d'expression. (Cette organisation islamiste qui prêchait la haine a finalement été interdite, après qu'elle a dit sa satisfaction à propos des attentats du 11 septembre 2001 ; le gouvernement britannique a estimé qu'elle avait passé les bornes de l'acceptable.)
2009-02-13
Le Monde : Poussés par la crise, les libéraux allemands espèrent retrouver leur rôle d'arbitre
Cf. cet article du Monde : Poussés par la crise, les libéraux allemands espèrent retrouver leur rôle d'arbitre
2009-02-12
Londres refoule Geert Wilders
Il était attendu pour une projection de son film au Parlement de Westminster, reportée une première fois à la suite de propos du pair travailliste musulman Nazir Ahmed, baron Ahmed.
Il est à prévoir que cette décision provoquera une virulente polémique au Royaume-Uni, où la liberté d'expression est sacrée : lisez la prochaine édition de l'hebdomadaire libéral The Economist quand elle sera dans les kiosques. Il ne serait pas étonnant que ce scandale emporte prochainement la secrétaire de la maison (ministre de l'intérieur) Jacqui Smith voire la majorité travailliste au pouvoir depuis 1997.
Les libéraux authentiques critiquent vertement le libéral-démocrate Chris Huhne, qui a approuvé la décision du gouvernement.
Lien : blogs libéraux britanniques
2009-02-11
Quand Qadhafi inspire Sarkozy
Extrait de la partie II du Livre Vert du Guide de la Grande Révolution de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste :
"En analysant les facteurs de production, on se rend compte qu'ils ont toujours été composés de facteurs essentiels: les matières de production, les moyens de production et les producteurs. L'équité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à la production en ait sa part, car si on élimine l'un d'entre eux, il n'y a pas de production.
Le fait que chaque élément joue un rôle essentiel et indispensable, lui confère une égalité naturelle. Celle-ci doit se traduire au niveau de la répartition de la production. Ce principe d'égalité doit s'appliquer à tous les facteurs de la production: s'ils sont deux, la part de chacun correspondra à la moitié du total, s'ils sont trois, au tiers. Il ne peut y avoir prééminence d'un élément sur l'autre car cela aboutirait à transgresser la loi naturelle et à porter atteinte au droit d'autrui.
(...)
Comme cela a été dit précédemment, l'entreprise industrielle fonctionne grâce à trois facteurs: matières premières, moyens de production et travailleurs.
La production est le résultat obtenu par les travailleurs qui utilisent le matériel pour transformer les matières premières. Ainsi les produits finis prêts à la consommation ou à l'utilisation, ont parcouru un processus qui n'aurait pu avoir lieu sans les matières premières, les usines et les travailleurs. Si un des éléments manque, il y a blocage. Sans matières premières l'usine ne pourrait fabriquer, sans usines les matières premières resteraient à l'état brut, sans travailleurs l'usine ne pourrait fonctionner.
L'égale importance des trois facteurs implique nécessairement une répartition égale du produit obtenu. C'est en fonction de cette règle naturelle que le produit sera partagé en trois parts égales, réparties entre les trois facteurs de production. Ce système a l'avantage de prendre en considération non seulement l'entreprise, mais également les producteurs et les consommateurs".
YM, pour Libertas
A lire aussi : Pascal Salin : Le profit ne se partage pas (Les Echos, 10 février 2009)
Jeudi 12 à Bayonne
La Crise : Une analyse pas à pas, par Vincent Bénard
Bayonne - Conférence organisée par le cercle Frédéric Bastiat
Modalités : Jeudi 12 février 18 h précises à Bayonne
Lieu: Université, Campus de la Nive, Amphithéâtre A
Modalités : Accès libre et gratuit
N'oubliez pas que vous pouvez signaler vos événements libéraux à Libertas (il suffit de laisser un commentaire sous n'importe quel billet).
2009-02-10
Défaut de coordination
Il résume son point de vue de la manière suivante :
"Les agents économiques prennent, dans les périodes de crise, des décisions qui sont individuellement rationnelles, mais collectivement irrationnelles et dangereuses. Pour l’éviter, il faudrait coordonner les actions individuelles de ces agents économiques, d’où la dénomination de « défaut de coordination ».
Les ménages peuvent ainsi choisir d’épargner davantage, ce qui est individuellement rationnel, puisque protégeant contre le risque de perte de revenu dans le futur, mais collectivement irrationnel puisque la chute induite de la demande macroéconomique fait monter le chômage et provoque cette perte de revenu. Les entreprises peuvent décider d’arrêter d’investir pour conserver leurs liquidités et éviter des difficultés financières et des risques de trésorerie, ce qui est individuellement rationnel, mais aussi collectivement irrationnel en faisant chuter les carnets de commandes des entreprises en créant les difficultés financières.
Que peut faire la politique économique ? Puisqu’il est nécessaire de corriger les externalités négatives générées par ces comportements individuels, qui oublient leurs effets macroéconomiques, il faut mettre en place les incitations nécessaires. Dans les exemples donnés ci-dessus, décourager l’épargne (taux d’intérêt très bas), décourager les licenciements (malus en cas de licenciement d’entreprises profitables), encourager l’investissement productif (amortissement accéléré, déduction fiscales…). Il faut aussi lever les causes possibles des comportements de précaution individuelle, par exemple améliorer l’indemnisation du chômage, vérifier qu’il n’y a pas de contraction anormale du crédit bancaire."
Que penser de tout cela ?
A aucun moment, Artus n'évoque sérieusement le rôle fondamental des prix dans une économie libre. C'est pourtant un mécanisme naturel, non coercitif - et donc non liberticide - qui permet d'orienter et d'équilibrer les actions des individus d'une manière infiniment plus subtile et efficace que toute régulation publique, par nature fondée sur des informations à la fois parcellaires et périmées. Ce mécanisme a été parfaitement analysé par des économistes du 19ème siècle comme Bastiat et Molinari, puis par l'école autrichienne au 20ème siècle, particulièrement par Hayek.
Ses caractéristiques sont a priori les mêmes en période de crise et en période "normale" (si tant est que cette notion ait un sens). Et l'oubli de ce mécanisme risque peu de résoudre les problèmes causés par les crises car il passe totalement à côté des causes profondes de ces crises.
Les individus agissent en comparant le coût de leur action et les avantages que cette action leur apportera. Pour cela, ils se réfèrent notamment au prix des choses : le prix des ressources à utiliser, le prix de revente envisageable, etc. Toute action des individus, dans une économie libre fondée sur le respect des droits de propriété, tend à influer sur la rareté relative et le prix relatif d'un bien (une denrée, une ressource, un service, un espace, etc.). Si tout le monde se met à acheter en même temps du Coca Cola, la production ne pourra pas s'adapter instantanément, le prix de vente montera en flèche. Cela incitera le producteur de Coca à produire davantage pour tirer profit de cette aubaine, les concurrents à produire plus de produits similaires, et les acheteurs à modérer leur passion pour cette boisson. Progressivement, les actions des individus (production, investissement, consommation) s'adapteront à la nouvelle situation. La production augmentera, la concurrence se développera, la consommation se modérera. Et un prix plus "normal" reviendra. Pour cela, nul besoin de "politique économique corrigeant les déséquilibres des actions rationnelles individuellement mais irrationnelles collectivement". Pourquoi ? Parce sur ce marché, les droits de propriété et la liberté contractuelle sont à peu près respectés. Bien sûr, dans de nombreux cas, cet ajustement spontané, cette "autorégulation" tant honnie des étatistes, ne se produit pas. Mais ce n'est pas à cause de supposées "externalités négatives" ou "défaillances du marché" : c'est parce que le jeu naturel de ce rééquilibrage est bloqué, ralenti ou dévié par d'innombrables interférences étatiques (réglementations, fiscalité). Ces interférences sont généralement conçues soit pour avantager des groupes d'intérêt dans un jeu politique normal (cf. analyses de l'école du "Public Choice"), soit pour corriger de supposés déséquilibres du marché. Dans ce dernier cas, l'intervention publique qui prétend réguler ne fait que déséquilibrer et justifier ensuite de nouvelles régulations antilibérales, sans généralement que le lien entre la cause et la conséquence ne soit perçue (dans un mécanisme typiquement décrit par Bastiat comme "ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas"). Il faut bien voir que ce cercle vicieux ne peut avoir qu'une seule conséquence ultime, s'il n'est pas interrompu à un moment ou un autre : le socialisme généralisé, c'est à dire une situation ou la liberté des prix et des contrats a pratiquement disparu à force d'être limitée, encadrée, régulée.
L'argumentation d'Artus présente deux limites majeures. D'une part, il n'explique pas les causes fondamentales des comportements "déséquilibrants" : ces comportements ne sont-ils pas des réponses à des incitations déjà en place sous la forme des multiples réglementations et prélèvements obligatoires présents à tous les stades et à tous les niveaux des économies contemporaines ? D'autre part, il ne démontre à aucun moment que les incitations à mettre en place par les politiques publiques règleraient vraiment les déséquilibres sans causer de nouveaux effets pervers.
C'est ce qu'Hayek appellerait sans doute une forme de "présomption fatale".
YM, pour Libertas
A lire aussi : Pascal Salin : Le profit ne se partage pas (Les Echos, 10 février 2009)
2009-02-09
Journal de bord de la crise 10
L'État se mêle d'automobile, il est donc temps pour moi d'en sortir. J'ai vendu mes actions PSA Peugeot-Citroën, en profitant de la hausse de 3 % engendrée par la nouvelle du prêt. Le prêt est coûteux, et il implique la "modération" des dividendes, qui sont pourtant tout ce qu'il reste à l'investisseur qui a perdu la plus grande part de son capital. Si l'État voulait faire plonger le secteur qu'il "aide", il ne s'y prendrait pas autrement. Je passe sur la contradiction avec le Grenelle de l'environnement (on paye pour faire moins de voitures, et on paye encore pour faire plus de voitures). Ne pas oublier que la production automobile a chuté de 75 % en 1929. Par ailleurs, les 6 milliards d'euros prêtés à Peugeot et Renault (ce qui se voit) n'iront pas financer d'autres entrepreneurs (ce qui ne se voit pas).Je réinvestis mes billes, ou ce qu'il en reste, chez Lafarge. A priori, c'est moins glamour que les yaourts, la banque ou l'automobile, l'Etat devrait laisser cette entreprise tranquille.
Jacques Chirac ne pensait qu'à l'agriculture,
Nicolas Sarkozy ne pense qu'à l'industrie,
le prochain président s'apercevra peut-être que la majorité des Français travaille dans les services.
2009-02-06
Journal de bord de la crise 9
- Je conseille à chacun de détenir 1 à 2 % de ses avoirs sous forme de métaux précieux (or ou platine).
- J'ai racheté quelques actions (Lafarge, si vous voulez savoir lesquelles).
- L'essentiel de mes dividendes de l'année seront consacrés à l'achat d'or physique ou d'un bien tangible (place de parking par exemple).
- Remarquable série d'articles de Tropical Bear sur le keynésianisme.
- Si les analyses des causes et des remèdes à la crise de 1929 divergent profondément, tout le monde s'accorde sur le rôle nocif qu'a joué à cette époque le retour du protectionnisme, qui a aggravé la situation. Pourtant, dans la crise actuelle, après avoir juré qu'il n'en serait rien, les dirigeants français cèdent aujourd'hui à cette tentation délétère : Christine Lagarde a déclaré récemment qu'il s'agissait d'un "mal nécessaire", avant de se raviser ; et Nicolas Sarkozy, hier, à la télévision, critiquait les investissements français en Tchéquie. Les Tchèques ne sont-ils pas des Européens comme nous ? Ils ont bien mérité de l'Europe, après des décennies de joug communiste, otages du rideau de fer soviétique. Imagine-t-on le gouverneur de Californie dénoncer les constructions automobiles du Michigan ? Je reconnais autant de valeur à un emploi bulgare qu'à un emploi luxembourgeois ou portugais. Attiser les jalousies nationales est un jeu antilibéral, anti-européen et dangereux.
- Les solutions ne viendront pas de l'État, mais seront individuelles : chacun doit d'abord compter sur lui-même, sur son activité propre, sur les changements nécessaires pour rester profitable. Seulement sur la profitabilité individuelle de chacun des agents économiques pourra se reconstruire une économie viable. Ne rien attendre de bon de l'Etat, qui ne sera que dépense, dette et impôt. Les aides à la consommation qui seront extorquées par la pression populaire ne seront que cautère sur une jambe de bois.
- Mise à jour 2009-02-07 : Bêtisier présidentiel : quelques erreurs significatives lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy de jeudi, mises en évidence par Jean-François Couvrat ; la plus grave est l'ignorance du poids des services (financiers et non financiers) dans notre économie : les hommes politiques français ont une grande considération pour l'agriculture et l'industrie, dont ils parlent, auxquels ils manifestent leur sollicitude, visitant comices agricoles et usines, mais négligent la part la plus importante de l'économie d'aujourd'hui...
Liens :
- Objectif Liberté
- Tropical Bear
- Blogue du QL
- Peter Schiff
2009-02-05
Pourquoi je ne serai pas auto-entrepreneur
Las, il n'a pas pu s'empêcher d'y ajouter des seuils. Résultat : tous les citoyens n'ont pas accès à ce dispositif, pourtant apparemment excellent pour la période d'amorçage d'une nouvelle activité.
"Afin de bénéficier du statut d'auto-entrepreneur (pour la partie fiscale), il faut avoir déclaré l'année précédente un revenu imposable inférieur ou égal au plafond de la 4ème tranche d'imposition, soit 25.195 euros en 2007 par part de quotient familial. Une personne célibataire ne devra donc pas avoir déclaré plus de 25.195 euros, une personne en couple 50.390 euros etc... Cette limite de revenu éloigne donc une partie de la population de la mesure, dont l'essentiel des cadres célibataires." (Wikipédia)
Le libéralisme entraîne une inflation législative
« Le programme d'un colloque sur la "bureaucratisation néo-libérale" (incroyable concept) organisé par Jean-François Bayart avec le soutien du Quai d'Orsay et de l'AFD. On y lit des choses aussi délirantes que "Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire" : http://www.fasopo.org/agenda/06022009_FR.pdf »
Commentaire de Libertas : on peut se demander si le ou les auteurs anonymes de ce texte ont la moindre compréhension de l'essence du libéralisme, qui suppose précisément moins de bureaucratie, moins de normes générales, plus de liberté, plus de contrats, moins de contrôle a priori, et plus de responsabilité a posteriori. Ils semblent qualifier la société actuelle de "néolibérale", alors qu'un libéral aurait plutôt tendance à considérer qu'elle est en voie de socialisation constante, comme en témoigne la progression ininterrompue des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques en proportion de la richesse produite, ainsi que l'inflation réglementaire. En qualifiant une société socialiste de libérale, on arrive à faire dire que le libéralisme entraîne une inflation normative, est interventionniste et économiquement dirigiste, ce qui est inepte, voire mensonger. Travestir le libéralisme pour mieux le décrier. Un artifice déjà dénoncé par le regretté Jean-François Revel dans son fameux essai : La grande parade, essai sur la survie de l'utopie socialiste : rejeter les maux du socialisme sur ce qu'il reste de liberté dans le pays constitue un écran de fumée, qui permet de prémunir la collectivisation réelle (cf. le logement) contre toute analyse critique.
Cela dit, ce texte semble dénoncer la bureaucratisation "néolibérale", qu'un libéral appellerait plutôt la bureaucratisation inhérente à une société illibérale, collectiviste ; mais si tous s'accordent sur l'excès de bureaucratie, il existe un terrain d'entente : la promotion de la liberté individuelle contre la servitude bureaucratique.
Le texte de présentation du colloque :
REASOPO : Réseau européen d'analyse des sociétés politiques
La Bureaucratisation du monde
Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques
Paris, les 5 et 6 février 2009
Université Paris-I Panthéon Sorbonne
Place de la Sorbonne
75005 – Paris
Le néolibéralisme ne signe pas la mort de l’interventionnisme, ni même du dirigisme économique. Il est d’abord un projet politique de réaffirmation du politique. Il promeut un «gouvernement indirect privé», un «gouvernement à distance» grâce à la «privatisation de l’Etat». Sur la base de ce constat que partagent, chacun à leur manière, les études de politique publique, les travaux d’inspiration polanyienne et les recherches néo-foucaldiennes, la Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques se propose de réfléchir sur la dimension bureaucratique des dispositifs économiques contemporains d’exercice du pouvoir. Ceux-ci sont évidents dans la sphère de l’Etat, fût-il «minimum», mais ils se retrouvent aussi dans le monde de l’entreprise et dans l’ensemble de la société. Max Weber et Karl Polanyi avaient compris que la contrainte juridico-administrative n’est pas propre à l’Etat stricto sensu. Elle caractérise également les institutions sociales, à commencer par les institutions économiques et les entreprises elles-mêmes. Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire qui est la condition paradoxale du démantèlement des obstacles à la marchandisation des facteurs de production : la terre, le capital, le travail.
La multiplication des règles, les processus de standardisation et de quantification, la prolifération des «documents», des «papiers» évidemment «stratégiques», des manuels de procédure, des normes de certification, des «indicateurs de performance» et autres «chartes éthiques» sont inhérents à l’institutionnalisation du néolibéralisme. La vie politique, les collectivités locales, le marché, la sécurité intérieure et internationale, la protection sociale, l’environnement, la «société civile» des organisations non gouvernementales mais pas moins bureaucratiques, la diplomatie, les organisations multilatérales, les agences de régulation indépendante, l’aide au développement n’échappent pas à cette évolution. Celle-ci enferme les sociétés dites libérales dans l’«habitacle de la servitude» dont nous parlait Max Weber : celui de la bureaucratie. Elle équivaut à une production sociale de l’indifférence qui, sous couvert de lois, de réglementations, de procédures, de normes, de techniques et de plus en plus de biotechniques, rend possible, à un moindre coût politique et constitutionnel, l’usage d’une coercition à visage humain et démocratique, par exemple dans le domaine des migrations, de la santé publique, de la solidarité.
2009-01-30
UMP : qui a encore peur de Nicolas Sarkozy ?
2009-01-28
Fin du Réseau Liberté ?
Il écrit toutefois que quelqu'un se serait proposé pour l'aider à faire vivre le site. Souhaitons que cela fonctionne, c'était une source précieuse pour les conférences, débats, manifestations, etc.
Un inconvénient était qu'il fallait aller régulièrement sur le site pour aller chercher les informations. Il aurait fallu une lettre d'information envoyée par courriel, comme le faisait auparavant Douce de Franclieu, mais il est certain que cela demande beaucoup de temps à préparer ! Peut-être une amélioration à prévoir si le site est refondu.
En tout cas, Libertas est prêt à relayer toute annonce d'événement à caractère libéral. Vous pouvez prendre contact en laissant un commentaire sous n'importe quel billet.
Communiqué du PLD sur la grève du 29 janvier 2009
En réponse à une grève indécente, ouvrons à la concurrence des transports en commun
Jeudi 29 janvier, en pleine crise économique, une grève générale prendra à nouveau les Français en otages. Les syndicats défendront une fois de plus les intérêts corporatistes de professions à l’abri du chômage. Sud-Rail, la CGT et FO y ajouteront leurs revendications idéologiques, ouvertement anticapitalistes. Après plusieurs semaines de blocages ponctuels qui ont pesé sur la vie des usagers, cette journée signe l’échec définitif de la loi sur le service minimum. Celle-ci est régulièrement contournée, quand elle n’est pas purement et simplement violée au plus grand mépris des « usagers ». Le Parti Libéral Democrate demande une mesure pratique bien plus efficace qui devrait profiter aux millions de clients des transports en communs : leur ouverture à la concurrence.
La grève est un droit, à condition de respecter celui des autres de pouvoir se déplacer, emmener ses enfants à l’école et travailler. Surtout qu’en période de récession, notre qualité de vie menacée exige que nous redoublions d’efforts pour favoriser la reprise. Le piétinement de ces droits élémentaires par les syndicats mobilisés traduit leur mépris pour le peuple et leur irresponsabilité. Manifestement, la vision du service public de nos syndicats n’est pas compatible avec le respect que toute entreprise devrait afficher à l’égard de sa clientèle. Ce comportement voyou impose une évolution profonde du modèle de service public. Pour le Parti Libéral, tout service public doit d’abord être au service du public, pas des intérêts catégoriels d’une profession. Actuellement public et monopolistique, il doit s’ouvrir à la concurrence du secteur privé.
Une mise en concurrence des transports en commun favoriserait alors l’ouverture de nouvelles lignes de bus entre zones non desservies, sur des trajets express ou en renforcement de lignes actuellement mal assurées. Cet enrichissement de l’offre de lignes de bus améliorerait le service général et faciliterait nos déplacements pour un prix du ticket plus faible. C’est donc le meilleur moyen d’améliorer le service et de diversifier les lignes en fonction des besoins des clients. C’est aussi la garantie de disposer d’alternatives aux lignes bloquées pour éviter les prises d’otage répétées.
Site : lepartiliberal.fr
2009-01-27
Lettre ouverte aux députés
(Le riant logement social de Bratislava - source : Commons)"Dans quelques jours, vous débattrez du projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion. Loin de répondre à l'urgence en matière d'hébergement et aux besoins de logements économiquement accesibles, ce texte prévoit de précariser encore plus des populations fragiles en facilitant les expulsions et en remettant en cause le droit au maintien dans les lieux pour les locataires du logement social. Ce projet porte, en outre, gravement atteinte à la mixité sociale en réservant les HLM aux plus pauvres.
(...) Toute personne le désirant doit se voir garantir un logement stable par l'Etat (ce que d'ailleurs la loi DALO dispose dans ses articles 1 et 4).
(...) La mixité sociale qui est l'un des fondements de notre pacte républicain, ne peut se satisfaire d'une politique qui viserait à réserver uniquement le logement social aux plus pauvres, aggravant davantage encore la formation de véritables ghettos en périphérie de nos villes. Il ne s'agit pas d'opposer les besoins des classes moyennes ou modestes à ceux des plus pauvres, mais de bâtir une politique logement capable de renforcer notre cohésion sociale.
(...) Pour toutes ces raisons, parce que notre société exige la mise en place d'une autre politique de l'habitat volontariste basée sur :
- le développement de la production de logements sociaux, (...)
- la garantie de la pérennité et de l'intégrité du "1 % logement" et une utilisation des fonds récoltés conforme aux missions d'intérêt général définies par les partenaires sociaux
- la fin du désengagement financier de l'Etat (moins 7 % au budget de l'Etat pour 2009).
(...) Les organisations signataires refusent ce texte et demandent la mise en place de moyens financiers et budgétaires permettant, dès 2009, de mettre en oeuvre des mesures d'urgence pour produire plus de logements sociaux, mieux encadrer les loyers (...)
Organisations signataires : L'AFOC - LA CGL - LA CLCV - LA CNL - LA CSF - LA CFDT - LA CFE-CGC - LA CFDT - LA CGT - FO
(...)
Rejoints par : ADVOCACY FRANCE - LA FSU - LA JOC - SOLIDAIRES - L'UNHAJ"
Logement social, ou socialisme urbain ?
Cette lettre ouverte, dont voici les meilleurs ou plutôt les pires extraits, a de quoi faire bondir : pourquoi ces organisations de gauche n'acceptent-elles pas que le logement social soit réservé aux plus nécessiteux ?
Si l'objectif est de garantir à chacun un toit, chacune des phrases de ce texte a des effets qui produisent l'effet inverse de celui qui est recherché :
- le "droit" au maintien dans les lieux de foyers qui dépassent les plafonds d'accès au logement social s'exerce aux dépens des plus nécessiteux ;
- le refus de réserver les logements sociaux aux plus pauvres s'exerce aussi, alors que les ressources sont finies, au détriment de ces mêmes plus pauvres .
Contribuable, je finance ces logements. Autant je peux comprendre la logique consistant à donner un toit aux plus pauvres, autant je ne comprends pas pourquoi je devrais financer le logement des classes moyennes. Pour parler plus clair, je ne comprends pas comment un socialiste peut défendre le maintien dans les lieux de familles bourgeoises quand des prolétaires dorment dans la rue.
Par ailleurs, pour répondre à la "crise du logement", pourquoi faudrait-il une politique basée sur le développement de la production de logements sociaux ? Et pourquoi pas sur le développement de la production de logements privés ? Ce qui importe, s'il y a pénurie, c'est la production de m² de logements, qu'ils soient publics ou privés. Et l'expérience a montré que le développement du logement social depuis 1945 s'est accompagné d'autres maux sociaux, auxquels il n'est probablement pas étranger, dans les "cités", les "quartiers sensibles".
Les missions d'intérêt général "définies par les partenaires sociaux" ?! Les partenaires sociaux sont des associations défendant des intérêts individuels coalisés, corporatistes. En quoi sont-ils plus à même de fixer les missions d'intérêt général de la politique publique du logement, si politique publique du logement il doit y avoir, que le Parlement ? On a le fâcheux sentiment que les syndicats et associations signataires défendent plus leurs intérêts propres que les intérêts des plus mal logés...
L'encadrement des loyers réduit la rentabilité du logement, donc l'incitation à investir pour construire. S'il y a pénurie, les prix et les loyers doivent monter, donnant mécaniquement une incitation à construire ; encadrer les prix, c'est supprimer l'incitation à construire et à louer. De même, le refus de l'expulsion est une atteinte au droit de propriété, qui réduit aussi artificiellement l'incitation à investir pour construire et louer. On peut y ajouter l'effet d'éviction, qui contribue, par le détournement de moyens financiers au service d'une inefficace politique publique du logement, à générer la crise du logement qui en constitue la justification.
Evidemment, ce texte se termine sur l'antienne bien connue : il faut que l'Etat c'est-à-dire les contribuables (directs et indirects) paient pour les politiques conçues par les syndicats... Comme l'écrivait Frédéric Bastiat dans La Loi : "Ils veulent être bergers, ils veulent que nous soyons troupeau. Cet arrangement présuppose en eux une supériorité de nature, dont nous avons bien le droit de demander la preuve préalable. Remarquez que ce que je leur conteste, ce n'est pas le droit d'inventer des combinaisons sociales, de les propager, de les conseiller, de les expérimenter sur eux-mêmes, à leurs frais et risques; mais bien le droit de nous les imposer par l'intermédiaire de la Loi, c'est-à-dire des forces et des contributions publiques. (...) Car la prétention de faire intervenir le pouvoir et l'impôt, outre qu'elle est oppressive et spoliatrice, implique encore cette hypothèse préjudicielle: l'infaillibilité de l'organisateur et l'incompétence de l'humanité".
Les solutions sont ailleurs, et elles sont expliquées, mieux que je ne le ferais, par Vincent Bénard dans son ouvrage : Le logement : crise publique, remèdes privés.
Liberté chérie tracte contre la grève
"Opération tractage anti-grève le 29 janvier :
Les comités locaux de Liberté Chérie se mobilisent pour dire le ras-le-bol des Français contre les blocages organisés par les syndicats non représentatifs, dans des entreprises publiques déficitaires et renflouées par notre travail.
Rejoignez votre comité local si vous voulez participer à cette action."
Liens :
- liste des comités locaux
- tract contre les blocages du 29 janvier 2009
- tractage à la gare Saint-Lazare de 6h à 11h du matin
2009-01-21
Indices boursiers
Japon - Nikkei 225 :
Chine - Shanghai Composite :
Inde - BSE Sensex 30 :
France - CAC 40 :
États-Unis - DJIA 30 :
États-Unis - NASDAQ Composite :
Geekeries
- j'ai ajouté dans la colonne de droite un module Feedjit qui permet de savoir d'où et comment sont venus les derniers visiteurs du blog
- j'ai ajouté dans la colonne de droite un module CAC 40 qui donne l'évolution intraday de l'indice, pas inutile dans un pays qui entretient une relation passionnée, d'amour et de haine, avec le Palais Brongniart, ou plutôt NYSE Euronext devrais-je dire de nos jours
- j'ai remis à jour le compteur de la dette publique, qui dépasse désormais les 20 000 euros par habitant
Prix du meilleur blog libéral
- Prix Bastiat : 15 000 $ à partager entre les 3 vainqueurs. Les renseignements sur le prix 2009 seront donnés au printemps. La précédente remise a eu lieu en octobre 2008 à New York.
- Prix Orwell spécial blogs : Malheureusement réservé aux blogs dont le lectorat est principalement situé dans les îles britanniques. Candidatures closes pour cette année. Le prix sera remis pour la première fois en 2009. Calendrier : longue liste de 12 blogs le mercredi 25 février 2009, courte liste de 6 blogs le mercredi 25 mars 2009, vainqueur désigné le 22 avril 2009.
- Prix LYMEC : les candidatures, qui devaient être présentées par des personnes physiques ou morales membres du LYMEC, ont été closes le 31 décembre 2008 pour le "European Liberal Bloggers Prize" (ELBP) 2009.
Comme vous l'aurez constaté, les candidatures sont closes pour ces 3 prix. Une autre solution serait de créer le nôtre...
2009-01-20
Si la France était un terrain de foot
La France, c'est comme un terrain de football où il y aurait 25 hommes : 13 arbitres pour deux équipes de 6 joueurs.
La France, pays "modérément libre"
La France se classe au 64e rang mondial pour la liberté économique dans le classement 2009 de la fondation Heritage, loin derrière les Etats-Unis (6e), le Royaume-Uni (10e), l'Allemagne (25e), pour citer quelques-uns de ses grands concurrents. Elle était 44e en 2004 et 45e en 2007.
2009-01-14
Nicolas Sarkozy a été un "député fainéant", affirme René Dosière (PS)
2009-01-13
Nouvelles récentes
* Mathieu Laine, avocat et essayiste, publie un nouveau livre : Post politique.
Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi, en critique le caractère libéral dans Le Figaro Magazine.
* Richard Descoings, conseiller d'État, directeur de Sciences Po Paris, est chargé d'une mission "d'analyse, de compréhension, d'écoute et de proposition" sur la réforme du lycée.
* Nazisme et spoliation : Götz Aly étudie la dimension économique du nazisme, notamment sa pratique de la spoliation, dans son livre Comment Hitler a acheté les Allemands, traduit de l'allemand par Marie Gravey.
Le national-socialisme est "antilibéral" par excellence, puisqu'il viole massivement la vie, la liberté et la propriété, fondements de l'humanisme libéral. Comment peut-on se dire "antilibéral"? C'est une question que je persiste à me poser.
Présentation du livre en 4e de couverture :
"Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment les Allemands ont-ils pu, chacun à son niveau, permettre ou commettre des crimes de masse sans précédent, en particulier le génocide des Juifs d'Europe ? Invoquer la haine raciale dont le nazisme était porteur ne suffit pas : l'idée qu'un antisémitisme exterminateur animait la population allemande tout entière, dès avant l'arrivée de Hitler au pouvoir, est dépourvue de fondement. L'explication purement idéologique tourne à vide.
Ce que démontre Götz Aly, au terme d'une enquête minutieuse dans les archives auxquelles il a pu avoir accès, c'est que le consensus entre les dirigeants du Reich et le peuple a eu pour clé... le confort matériel de l'Allemand moyen. La guerre la plus coûteuse de l'Histoire s'est faite avec un objectif : préserver le niveau de vie de la population, à laquelle le régime ne pouvait promettre, comme Churchill, "du sang, de la sueur et des larmes" sans risquer l'implosion. Bien loin de profiter à quelques dignitaires nazis seulement, le pillage de l'Europe occupée et la spoliation, puis l'extermination des Juifs, ont bénéficié au petit contribuable, soigneusement préservé de toute hausse d'impôts jusqu'à la fin de la guerre, comme au soldat de la Wehrmacht envoyé au front, de même qu'à la mère de famille restée en Allemagne. Les Allemands, tous complices ? C'est bien la thèse de ce livre, qui a fait date dans l'historiographie de la Shoah.
Né en 1947, Götz Aly est l'un des grands historiens allemands du nazisme. Il a reçu le prestigieux prix littéraire Heinrich-Mann et le prix Marion-Samuel, décerné aux auteurs dont les écrits contribuent à lutter contre l'oubli ou la relativisation des crimes nazis."
2009-01-12
Commentaires sur la Loi de Bastiat
Premièrement, il exprime une opinion réservée sur le suffrage universel (pages 22 et suivantes de l’édition Lulu.com), alors que le droit de vote a connu un mouvement d'extension permanente jusqu’à sa quasi-universalité : de nos jours, seuls les enfants et les étrangers non communautaires n’ont pas (encore ?) le droit de voter en France.
Toutefois, la position de Frédéric Bastiat peut s’expliquer, je pense, non seulement par le contexte historique, mais par deux principes :
- le premier : no taxation without representation, principe de la représentation parlementaire ; a contrario, no taxation, no representation peut se défendre : seuls ceux qui contribuent effectivement au budget national pourraient avoir le droit de voter. Toutefois, compte tenu de l’étendue des prélèvements obligatoires en France, directs mais aussi indirects, il ne doit pas rester grand monde qui ne verse son écot à l’État, ne serait-ce que par la TVA, à moins de tenter d’établir un solde net individuel, positif ou négatif, pour accorder le droit de vote, ce qui serait une tâche dantesque compte tenu de la complexité de la fiscalité
- le second principe qui justifie sa position réservée sur le suffrage universel, il l’explique lui-même : si la loi est réduite à ce qu’elle devrait être, « la justice organisée », peu importe qui la vote, l’universalité des Français ou seulement certains d’entre eux.
Deuxièmement, il critique ce qui mène les familles pauvres à « chercher l’instruction littéraire avant de chercher du pain » (page 14 de l’édition Lulu.com).
Dans une société éduquée, dans une économie de la connaissance, où chacun voit l’utilité pour soi et pour tous d’avoir des concitoyens éduqués, une telle affirmation peut choquer.
Toutefois, elle correspond presque terme à terme à la phrase, peut-être mieux tournée, de Danton : « après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple », inscrite sur le socle de sa statue à l’Odéon à Paris, qui énonce le même ordre des besoins.
Si l’éducation est certes un besoin essentiel de chaque individu pour croître, on comprend mieux la phrase de Bastiat, je crois, si l’on observe le gâchis intellectuel qui s’opère, faute de sélection, sur les bancs de certaines facultés françaises : on connaît l’exemple des bataillons de sociologues ou d’autres spécialistes de sciences humaines formés sans espoir d’emploi dans leur domaine. Sans l’intervention de l’État, sans l’interdiction de la sélection universitaire, ce gâchis humain et financier ne se produirait pas : des processus de marché permettraient une adéquation de l’offre à la demande. Je pense que c’est ainsi qu’il faut comprendre la remarque incidente de Bastiat, et non comme une critique de la quête, même des plus pauvres, de la connaissance.
J'ajoute une transcription d'un commentaire laissé ce jour sur l'article Légiférer moins pour réguler mieux, d'Objectif liberté :
"Je ne suis pas sûr qu'on puisse parvenir à verrouiller "par le haut" l'appétence pour la régulation de la société malgré ses effets à rebours de ceux qui sont recherchés. Comme la langue d'Esope, la loi peut être la pire et la meilleure des choses, selon ce que le peuple demande, et en conséquence ce que le législateur vote. C'est donc d'une part l'électeur qu'il faut convaincre de la nécessité d'un retour à un régime plus libéral, donc à un corps de règles moins contraignant, pour son propre bien ; et d'autre part le législateur, auquel il faut faire prendre conscience de sa responsabilité et la mesure des effets de ses lois. C'est en réduisant la "demande sociale" de protection et de direction, "par le bas", en illustrant les bienfaits d'un régime de liberté et de responsabilité, que le législateur trouvera un intérêt électoral à voter moins de lois.
En ce sens, si chaque élu, et mieux, chaque électeur, avait au moins lu une fois La Loi de Frédéric Bastiat, la législation française malade d'obésité connaîtrait peut-être son premier régime amincissant ? Nous libéraux pourrions peut-être offrir à tout parlementaire nouvellement élu, et à tout ministre nouvellement nommé, un exemplaire de ce texte, comme un vademecum. J'ai réédité La Loi chez Lulu.com afin de mettre ce texte aisément à disposition de tous, et la remise aux parlementaires est un projet auquel je songe, mais que je ne puis financer seul, tant ils sont nombreux... (577 députés, 343 sénateurs, sans compter les députés européens, et les autres élus qui pourraient mettre à profit cette lecture : conseillers régionaux, généraux...).
Par ailleurs, je me suis aussi efforcé de négocier le droit de traduire et de publier la Constitution européenne que The Economist avait proposée en 2000, d'inspiration libérale ; mais le montant des droits mensuels demandé par l'hebdomadaire britannique est exorbitant, je dois donc renoncer à ce second projet..."
2009-01-06
Václav Havel sur les présidents
Mise à jour 2009-01-12 : je reproduis le texte ici, pour ne pas le perdre si le lien venait à être brisé :
« (…) Une de mes premières surprises, quand j’ai pris ma fonction (de président), a été que mes partenaires, que ce soit sur la scène politique nationale ou internationale, étaient des personnes comme les autres, nullement exceptionnelles, certaines même plus naïves, moins éduquées, moins polies que leurs concitoyens sans aucune fonction.
Les hommes politiques sont souvent ignorants : ils parlent surtout de ce qu’ils viennent d’apprendre, d’une source ou d’une autre. Ils sont jaloux les uns des autres, ils ne cessent de loucher du côté des photographes, ils se placent toujours dans leur angle de vue, tout en faisant semblant de s’y trouver par hasard.
Lorsqu’ils se retrouvent en grand nombre, par exemple aux divers sommets, les moins connus et les moins puissants font leur possible pour être aux côtés des plus connus et des plus puissants, pour qu’on les voie, chez eux, en train de discuter amicalement “avec des grands“. J’ai vu souvent les gens se bousculer, lors des réceptions, autour du président américain ou russe, tandis que d’autres présidents attendaient seuls, dans un coin de la salle, soit parce qu’ils ne connaissaient personne, ou bien encore parce qu’ils avaient un problème de langue pour communiquer, ou enfin parce qu’ils voulaient être seuls.
Il s’agit non seulement de gens comme vous et moi, mais ce qui joue un rôle énorme - probablement plus grand qu’il ne faudrait - ce sont leurs relations personnelles. Lorsqu’ils se trouvent sympathiques, lorsqu’ils ont un souvenir commun, (…) lorsqu’ils peuvent communiquer directement sans interprète, (…) voilà la situation idéale pour améliorer les relations entre les États! Parfois cela me rappelle le Moyen-âge, où les amitiés et les relations familiales entre les souverains pouvaient garantir la paix entre leurs pays, les conduire à une coopération, voire à l’intégration, tandis que la haine, la jalousie ou le souvenir de l’humiliation pouvaient les conduire à une confrontation militaire.
Je ne veux pas dire par là que je n’ai pas trouvé dans les hautes sphères politiques beaucoup de gens sympathiques, sages, courageux, cultivés, généreux et amusants, mais juste qu’ils ne sont pas nécessairement plus nombreux qu’ailleurs. »
Extrait des mémoires du pouvoir (2005) de Václav Havel
(source : commentaire d'un article du Chasse-Clou)
2009-01-03
Guerre de Gaza
- Opération "Plomb durci"
- B'Tselem
- J Street
- La Paix Maintenant
- Charte du Hamas (article d'Expression Libre)
Modèle danois
2009-01-02
Projet de filtrage d internet en Australie
Le projet australien de filtrage d'internet n'est pas une blague, voyez le billet du 22 décembre 2008 sur son blog ministériel : Promouvoir une société civile et confiante. Traduire : promouvoir une société orwellienne de la surveillance et du contrôle. Une expérimentation a commencé. "Le Gouvernement ne voit pas ce débat comme une discussion sur la liberté d'expression", écrit le ministre de la censure, qui ne manque pas de culot. Un groupe de protestation a été créé sur Facebook : No clean feed.
Dans le même registre, en France, la Quadrature du Net défend la liberté sur internet, contre les tentations similaires de l'Etat (et a aussi un groupe Facebook).
PS1 : Je note au passage que l'Australie travailliste partage avec la France le goût démagogique des intitulés ministériels baroques. Qui avait promis un gouvernement resserré de 15 ministres ? Finalement, les Français se retrouvent avec un secrétaire d'État chargé "de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique"...
PS2 : Les valeurs qui font notre spécificité, selon Nicolas Sarkozy dans ses voeux aux François pour 2009 : "travail, effort, mérite, laïcité, solidarité". Je n'y trouve pas mon compte : il me manque la liberté, et l'égalité des droits. Et je me demande si le sarkozysme ne serait pas un travaillisme.
PS3 : Bizarre, Stephen Conroy a fermé les commentaires sur son blog ministériel deux jours après son billet sur le filtrage. Je crois que les réactions lui ont déplu.
2008-12-26
Sex libri
Si je retourne à la source, la Maison du Faucon, la question est :
Quels sont les six livres qui me représentent le mieux ?
1984, de George Orwell
La Loi, de Frédéric Bastiat
Aden Arabie, de Paul Nizan
L'homme qui plantait des arbres, de Jean Giono
Fictions, de Jorge Luis Borges
Bran Ruz, d'Alain Deschamps et Claude Auclair
... après avoir longuement hésité, et écarté (entre autres) :
Les Contemplations, de Victor Hugo
Le maître de Santiago, de Montherlant
la Bible, ouvrage collectif
Manuel, d'Epictète
Discours de la servitude volontaire, de La Boétie
The picture of Dorian Gray, d'Oscar Wilde
une sélection de nouvelles de Mark Twain
Byron, de Giuseppe Tomasi di Lampedusa
The intelligent investor, de Benjamin Graham
2008-12-24
Journal de bord de la crise 8
Mais Alexandre Delaigue, l'auteur de cet article, a raison : il n'y a que 3 façons de sortir d'une situation de surendettement :
- faire défaut
- faire de l'inflation
- tailler douloureusement dans les dépenses
La France n'ayant pas le courage politique de pratiquer la 3e solution, il reste les deux premières. La 2e est difficile sans putsch contre la BCE (selon plusieurs scenarii envisageables : sortie de l'euro, rupture avec l'Allemagne gardienne du temple de la stabilité monétaire, ou reniement par celle-ci d'un point cardinal de sa politique depuis l'hyperinflation des années 1930). Reste, en dernier ressort, la 1e solution.
Liens :
- Objectif Liberté
- Tropical Bear
- Blogue du QL
- Peter Schiff
2008-12-21
Blogueurs libéraux
L'objectif, le souhait, est de construire des ponts, d'établir un maillage entre blogueurs libéraux au-delà des langues et des cultures, et en particulier avec ceux qui ont le courage de défendre les idées de respect de la vie, de la liberté, de la propriété, dans d'autres pays que ceux d'Occident qui, malgré leurs défauts, leurs imperfections, ressemblent tout de même à des démocraties libérales.
Tous les blogueurs libéraux, quelle que soit leur langue ou leur chapelle, sont donc invités à rejoindre ce groupe.
2008-12-18
Service public
- pas de taxi à la station Saint-Paul (pénurie résultant du monopole, injustifiable privilège, dont les rapports Rueff et Attali ont tenté de venir à bout, en vain), un moment envisagé, malgré le risque d'embouteillages sur l'autoroute A1, et trop de bagages pour le moto-taxi (qu'il faut obligatoirement réserver, monopole injustifiable des auto-taxis oblige)
- le RER B annoncé direct pour Roissy s'est arrêté Gare du Nord, sans aucune explication ; après une première annonce prévenant que le trajet sera direct pour Roissy, une seconde annonce demande aux voyageurs de descendre ; la rame est partie au garage, dans l'autre sens, après avoir occupé le quai de longues minutes ; puis il a fallu attendre la rame suivante, qui était un omnibus : Saint-Denis, La Courneuve, Drancy, Aulnay-sous-Bois et autres riantes bourgades ; rame taguée, voyageurs étrangers avec leurs bagages dans une rame bondée ; arrivée avec beaucoup de retard à Roissy : bonjour l'image de la France
- plus personne au comptoir de la compagnie aérienne (publique, étrangère) pour délivrer une carte d'embarquement
- l'embarquement était encore en cours, mais sans carte d'embarquement pas d'embarquement (en dépit du billet électronique) : l'agent d'Aéroports de Paris (entreprise publique) refuse de laisser passer
- appel à l'agence parisienne de la compagnie aérienne : voyez cela avec votre agent de voyages (à l'étranger)
- au comptoir de la fédération de compagnies, on indique que pour la compagnie membre de celle-ci, "on ne peut rien faire, il faut s'adresser à leur guichet", où (cf. supra) il n'y a plus personne... du coup, avion raté, alors que l'embarquement n'était pas achevé
- retour à Paris... en RER (dans l'espoir d'un fonctionnement normal au retour, et pas envie que cette journée épuisante soit en + ruineuse : 50 à 56 euros le trajet en taxi pour Paris !) : 3 guichets automatiques de la SNCF (publique) sur 6 étaient en panne, la réparation est annoncée pour dans 10 jours, et l'un des 3 restants ne prenait plus les pièces de monnaie (ce qu'il indique en français, que sont bien en peine de comprendre bien des voyageurs)...
- RER B jusqu'à Paris : suppression des RER directs pour Paris, remplacés par des omnibus bondés ayant du retard (comme à l'aller), retard pris dès le départ de Roissy ; sans oublier l'ironie de l'affichage : "service normal le 18 décembre 2008" dit l'écran sur lequel on lit que 2 trains sont supprimés et un autre est retardé !
Les responsables de ces dysfonctionnements, notamment concernant la liaison économique vitale entre la capitale et son aéroport, se rendent-ils compte du coût engendré par ces retards sur l'économie ? Dans mon cas, un avion manqué, une réunion reportée, à laquelle participaient des personnes venues de plusieurs pays : le coût de ces quelques dizaines de minutes de retard est colossal.
Visiblement, ces retards et perturbations sont récurrents ces dernières semaines sur la ligne B du RER, et aucune justification n'a été donnée :
- Blog en commun
- SOS usagers
- Vous et la RATP
- RER B
- Notre Sevran
- Blog d'un voyageur francilien
- Transports Plateau
Deux remèdes :
- à court terme, et pas cher : supprimer l'interconnexion RATP/SNCF à la Gare du Nord : un conducteur doit assurer la totalité du trajet
- à long terme, et gratuit (financement privé) : construire le CDG Express (prévu en 2012 ; qui y croit ?)
2008-12-14
Libéraux de Lorraine
Vous êtes libéral ?
Rejoignez le nouveau groupe Facebook : Libéraux de Lorraine
2008-12-13
萨哈罗夫奖 2008年 : 胡佳
Le prix Sakharov 2008 est décerné à l'avocat chinois continental Hu Jia le 23 octobre 2008 par le Parlement européen de Strasbourg.
Lien : Présentation vidéo de Hu Jia (Euronews)
2008-12-12
Journal de bord de la crise 7
- 2008 année déviante : la bonne nouvelle est qu'on n'a jamais fait pire que la perte de 50 % de 2008 ; la mauvaise nouvelle est qu'en 1932, l'année qui a suivi la seule année aussi mauvaise que 2008, on a encore perdu 10 %... ; la nouvelle rassurante est qu'on a pris + 60 % en 1933.
- Le Congrès choisit le chômage : on pourrait parfaitement transposer le raisonnement en France (en remplaçant le Parlement par l'Elysée, qui cumule désormais les fonctions législatives et exécutives) : l'Élysée choisit le chômage...
Nouveauté : les prêteurs commencent à rechigner à prêter aux États européens. Cela pourrait contraindre les dépensiers publics à se calmer, mais annonce des jours pénibles et des remboursements coûteux. Quelqu'un connaît une entreprise de sécurité privée cotée ? Les émeutes anarchistes grecques pourraient être contagieuses.
2008-12-10
Journal de bord de la crise 6
- l'immobilier a baissé de 50 % en 5 ans au début des années 1990 en France : l'immobilier peut baisser
- les ventes de voitures ont baissé de 75 % lors de la crise de 1929 aux États-Unis : bonne nouvelle, on n'en est pas là ; mauvaise nouvelle : on peut encore tomber plus bas !
Quelques mouvements boursiers effectués en décembre :
- vendu quelques monétaires pour ramener leur part à 25 % du portefeuille
- complété ou acheté des actions européennes pour amener les valeurs étrangères à 10 % du portefeuille, dont des actions suisses, qui ont l'avantage d'être cotées... en francs suisses
Le match du moment : inflation (Vincent Bénard) ou déflation (Loïc Abadie) ?
2008-12-08
Libéralophobie
La moisson du jour : deux illustrations du libéralisme comme épouvantail irraisonné :
1. René Ricol, "médiateur du crédit" de la République française : "Je n'ai jamais eu confiance dans le libéralisme débridé pour assurer l'avenir de nos enfants. L'appât du gain est trop fort" (Le Monde.fr, 8 décembre 2008).
On appréciera le concept de libéralisme débridé, variation sur le thème bien connu du libéralisme sauvage, reflet de l'ignorance des fondements du libéralisme - qui requiert le respect de la loi ou du contrat loi des parties - hâtivement assimilé à l'anarchie. Pour leur part, les libéraux n'ont confiance ni dans le socialisme débridé, ni dans la réglementation débridée pour assurer l'avenir de leurs enfants.
2. Daniel Garrigue, député ex-UMP de Dordogne, se disant gaulliste, social et européen : "Au sein de l'UMP, les gaullistes sont de plus en plus marginalisés, on est de plus en plus dans du néolibéralisme, avec des positions qui varient au jour le jour selon l'humeur du président" (Nouvelobs.com, 5 décembre 2008). "La vérité, c'est que, dans ces régions [du grand Sud-Ouest : Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées], où nous nous sommes implantés derrière le général de Gaulle, derrière Jacques Chaban-Delmas et derrière Jacques Chirac, le discours néolibéral et atlantiste du président de la République ne passe pas" (Le Monde.fr, 8 décembre 2008).
On cherche désespérément le libéralisme, néo- ou archéo-, dans le discours et les actes de Nicolas Sarkozy, que l'histoire retiendra comme l'un des plus grands dépensiers publics de l'histoire de France... Quant à l'incompatibilité du Sud-Ouest avec le libéralisme, Jacques de Guenin, Douce de Franclieu et les mânes de Frédéric Bastiat apprécieront !
Liens :
- Sarko & les ultralibéraux
- citations antilibérales
2008-12-07
Lorraine libérale - Libéraux de Lorraine
Il est très très loin du socialisme, bien implanté, structuré, qui tient le conseil général de Meurthe-et-Moselle et le conseil régional de Lorraine.
S'il y a des blogueurs lorrains qui se reconnaissent dans les valeurs libérales, qu'ils n'hésitent pas à se signaler. Y a-t-il des professeurs d'économie, de sciences politiques, de droit, d'histoire, libéraux ? Des élus qui se disent publiquement libéraux ? Y a-t-il une histoire libérale de la Lorraine, avec des auteurs ou des élus libéraux, dans les siècles passés ? Contribuez à l'état des lieux des forces en faveur de la liberté en Lorraine, laissez un commentaire !
Sites libéraux lorrains :
Groupe Facebook : Libéraux de Lorraine
Liberté chérie Lorraine
Alternative libérale Lorraine
Alternative libérale étudiants Lorraine
Journal Libertas
et aussi :
J'irai voir en Amérique
Jean-Louis Guenego
Jean-Paul Oury
Martin Rérolle
2008-12-05
Révolution du Cèdre
Attention, cette vidéo peut choquer les âmes sensibles...
2008-12-03
Commentaires affligeants du Monde
"il est plus que temps que tombe le nouveau "mur de Berlin" du libéralisme : comme jadis le système soviétique, le système libéral a montré aujourd'hui son incapacité à gérer les affaires du monde"
"Le problème fondamental de nos sociétés, c'est l'ultra libéralisme (...) Moins de services publics, plus de privé, est une hérésie. Dans aucun pays au monde, cela n'a fonctionné."
"Il y a eu, il y a encore, un "gouvernement" (dit "gouvernance") basé sur un consensus néolibérale qui nous a amené à la crise actuelle."
"Il manque malheureusement un paramètre. Depuis 20 ans l'Europe libérale a encouragé un transfert de revenus du travail vers le capital."
Et j'en passe... N'y a-t-il pas un seul abonné libéral au Monde, pour rappeler que la proportion de la dépense publique rapportée au PIB n'a cessé de progresser, et qu'on ne peut donc absolument pas parler de libéralisation de l'économie et de la société, mais plutôt d'une étatisation, d'une socialisation, d'une collectivisation de l'action humaine contemporaine. Dérégulation ? en apparence peut-être, mais il n'est qu'à voir le volume de normes nouvelles produites chaque année pour constater qu'en réalité, la régulation n'a également fait que croître. Comment ces commentateurs peuvent-ils de bonne foi accuser le libéralisme de maux observés dans une société française illibérale, où la dépense publique représente plus de la moitié du PIB ? Il est vrai qu'il ne reste peut-être plus beaucoup de lecteurs libéraux de ce journal, et qu'ils préfèrent Libertas ou le Réseau LHC. Voire Mediapart, si ce n'est pour ses analyses peu libérales, du moins pour son indépendance.
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