Bien que je ne prétende pas avoir fait une exégèse exhaustive du contenu et des commentaires, je suis allé me faire une idée des premiers adhérents de la cause de l'émoi du moment, Renovatio Occidentalis, qui ont à première vue surtout des accents militaires, militaristes. Ceci n'est pas un avis complet et définitif, seulement une ébauche, mais je n'ai pas le temps d'en écrire davantage.
Mais compte tenu de l'ambiance, je tiens à dire que je reste membre du réseau LHC. Pourquoi resté-je ?
Le fait que certains des membres aient adhéré à un autre réseau ne me semble avoir aucune incidence ni sur LHC, ni sur les valeurs de liberté, d'humanisme et d'esprit critique que ce réseau porte.
La liberté d'expression n'a aucune utilité si c'est pour ne rien se dire. Je ne peux débattre qu'avec quelqu'un dont l'avis diffère.
Je me reconnais dans LHC. Je ne me reconnais pas dans Renovatio Occidentalis : ce n'est pas mon combat. J'ai plus en commun avec un Arabe éclairé qu'avec un Français du NPA, avec un Indien d'Hyderabad ou d'Ahmedabad qu'avec un Schwarzer Block allemand, avec un Afghan de l'Alliance du Nord qu'avec un suprématiste américain, pour résumer rapidement. Les affinités intellectuelles choisies importent plus que les appartenances subies ; les cultures sont distinctes, la civilisation est une. Bien qu'étant de culture occidentale, je ne suis pas occidentaliste, parce que je suis un orientaliste, si j'ose cette juxtaposition : je sais trop de la richesse intellectuelle de l'Orient (au sens large) et de la pauvreté intellectuelle de la Bible Belt et du Midwest américain, pour illustrer ma pensée par des exemples, pour m'y retrouver.
Le libéralisme est un paradigme qui ne répond pas aux questions de fond, morales, éthiques, métaphysiques, philosophiques, ni même à toutes les questions politiques. Qu'est-ce que la vie bonne ? Le libéralisme offre la liberté de choisir, il peut aider à discerner quelles actions sont mauvaises, mais il ne suffit pas à dire ce qui est bon. Il laisse entière la question du sens. Depuis son émergence en réponse aux guerres fanatiques (avec La Boétie et son Discours de la servitude volontaire), il permet la coexistence pacifique d'opinions divergentes.
Je pense que Renovatio Occidentalis est une tentative maladroite de redire un attachement - que je partage - à l'unité de nations qui ont la chance de connaître la démocratie libérale, le respect de la vie, de la liberté et de la propriété, l'égalité des droits, la responsabilité, la fraternité volontaire, unité que "l'obsession anti-américaine" dénoncée par le regretté Jean-François Revel met à mal.
Je me retrouve assez dans les commentaires de Paul de Freelance sur le billet d'Avec nos gueules: "Je trouve que vous vous enflammez un peu vite. Les masques ne tombent pas, ils étaient déjà à terre depuis longtemps pour qui sait lire. Criticus n'a jamais caché qu'il était un "néo-conservateur", il le crie même sur tous les toits. De plus, vous y allez un peu fort. Par exemple, vous utilisez X fois le mot xénophobie alors que dans sa charte il précise au point 2 : "Les membres de Renovatio Occidentalis se refusent à tout racisme et à toute xénophobie". Je ne dis pas que mettre ça dans sa charte protège de tout procès, mais quand même, vous pourriez argumenter au lieu de prendre pour acquis "occident = extrême-droite = raciste = nazi" et point barre. Bref, je trouve vos propos un peu trop virulents. J'ai du mal à reconnaître par exemple Lomig dans le portrait que vous faites de ce blog comme d'une association néo-nazie. Ça sent le gauchisme de base..."
Les mauvais coups des polémiques ne sont pas absents de celle-ci. Les amalgames (je ne trouve pas dans la charte ce qui n'y est pas écrit), les faux syllogismes (il y a dans LHC quelques personnes qui professent un attachement marqué à un Occident imaginaire qu'ils ont en commun avec des gens qui ont un attachement à l'armée en commun avec des nationalistes, donc LHC est un repaire d'extrémistes !), des anathèmes (ceux qui ne ne sont pas avec moi sont contre moi, et comme je suis antifasciste, ce sont des fascistes, quand bien même ce procédé, grossier, me paraît d'essence fasciste), les allusions douteuses (le symbole de l'OTAN rapproché de la croix de fer allemande... qui fut en usage à l'époque nazie... mais exista avant... et après, puisqu'elle reste le symbole de la Bundeswehr), les attaques ad hominem. En face, je trouve la menace de Criticus de balancer les noms de personnes qui ont choisi l'anonymat scandaleuse et probablement illégale.
Le faux syllogisme : des sympathisants d'extrême-droite sont occidentalistes, Criticus est occidentaliste, Criticus est membre de LHC donc je quitte LHC à cause de la proximité de LHC avec l'extrême-droite, me laisse pantois. C'est un peu comme si je refusais de siéger au Parlement européen parce que Jean-Marie Le Pen en est membre. Je considère LHC comme un lieu de débat entre personnes attachées à la démocratie libérale, non comme un pôle de rassemblement identitaire. Comme Lomig, je ne pense pas que les appartenances soient exclusives ; Amin Maalouf, qui vient du Liban, sur la ligne de faille entre l'Occident et l'Orient, en sait quelque chose et l'a écrit dans son excellent livre Les identités meurtrières. Les identités meurtrières.
Comme Toréador, je pense que le concept non d'Occident mais d'occidentalisme est incohérent. Et cette incohérence le voue plus à la marginalité qu'aux gémonies. Il faut dire qu'en tant que libéral français, je n'ai guère de leçons de marginalité à donner : la marginalité, en France, le libéralisme connaît.
Je ne crois pas aux prémisses de Renovatio Occidentalis : non, l'Occident n'est pas décadent ; sa situation n'était pas meilleure au 20e siècle aux idéologies communiste et nationale-socialiste criminelles, au 19e siècle qui mena à 1914, au 18e siècle qui mena à 1789 et 1793, au 17e siècle de l'absolutisme monarchique, au 16e siècle des guerres religieuses. Il mute, il change, il évolue, non sans douleurs. Il est perfectible, il n'est pas décadent. Je ne partage pas non plus le syndrome obsidional : il n'est pas moins menacé par lui-même que par l'extérieur. Je ne comprends pas non plus la définition géographique de l'Occident : que font ses défenseurs des zones grises ? Dedans ? Dehors ?
Au total, libéral je suis, occidentaliste ne puis.
Pour conclure, oh surprise ! je ne suis pas néo-conservateur, je suis libéral, je me reconnais dans LHC, je ne me reconnais pas dans Renovatio Occidentalis. Libéral, je peux parler avec des néo-conservateurs, comme avec des conservateurs, comme avec des socialistes, car parler à son nombril trouve vite ses limites.
J'espère que Lomig, à la réflexion, se rapprochera de mon point de vue, et que cela permettra à Rubin de revenir à LHC. Il me manque.
Correction : Je modifie la première phrase : il manquait en effet un maillon du raisonnement ; j'avais pointé à tort vers une page d'un blog, Théâtre des opérations, qui n'était pas membre de Renovatio Occidentalis, parce qu'elle expliquait une image reprise en commun sur plusieurs des blogs de Renovatio Occidentalis : Jeune droite, Rebelles.info, par exemple, reprennent l'image : "Soldat, nous ne t'oublions pas". Cela illustrait, trop rapidement, mon propos, qui était que ce qui me sautait le plus aux yeux lorsque j'ai parcouru les blogs de RO était surtout leur côté militaire et/ou militariste. Je corrige le raccourci erroné.
Je précise que je ne fais pas l'amalgame, que d'autres ont tôt fait de faire, entre intérêt pour les questions de défense et nationalisme. Il existe de nombreuses variantes de libéralisme, mais souvent les libéraux assignent à l'État quatre fonctions: police, justice, diplomatie et défense, afin d'assurer le respect des engagements conventionnels. Ce que les libéraux contestent, c'est l'extension des prérogatives de l'Etat en dehors de ces quatres fonctions régaliennes.
Journal libéral francophone
Deminuendus est sumptus publicus
« La Loi devenue l'instrument de toutes les cupidités, au lieu d'en être le frein ! » (Frédéric Bastiat)
2009-04-07
2009-04-01
Une tribune du maire de Londres
Imaginez une telle tribune du maire de Paris !
"Voici un slogan pour la foule du G20 : Que voulons-nous ? Le libre-échange !"
Publié le 24 mars 2009 par Boris Johnson, maire de Londres, dans le Daily Telegraph, signalé par Tom G. Palmer.
"Voici un slogan pour la foule du G20 : Que voulons-nous ? Le libre-échange !"
Publié le 24 mars 2009 par Boris Johnson, maire de Londres, dans le Daily Telegraph, signalé par Tom G. Palmer.
Journal de bord de la crise 12
En cette veille de G20 à Londres, dont finalement je pense qu'il ne sortira rien de sérieux (la seule proposition décisive serait un changement de nature du système monétaire, de l'ampleur de celle du 15 août 1971 lorsque les EUA ont suspendu la convertibilité du dollar en or, et un tel bouleversement n'interviendra pas avant que les Etats n'aient pas d'autre choix), le point sur mes derniers mouvements :
- vente d'obligations pour réduire leur part à 25 %
- achat d'actions pétrolières
- conservation d'un petit volant de liquidités
- vente d'obligations pour réduire leur part à 25 %
- achat d'actions pétrolières
- conservation d'un petit volant de liquidités
2009-03-28
Le premier ministre dévalué d'un gouvernement dévalué
"Le premier ministre dévalué d'un gouvernement dévalué" : l'intervention de l'eurodéputé britannique Daniel Hannan d'avant-hier, dont j'ai eu connaissance par la dernière chronique de l'excellent Peter Schiff, a déjà été vue plus de 1 400 000 fois sur Youtube !
Les libéraux peuvent ne pas adhérer à toutes les positions de ce conservateur. Cependant, que n'avons-nous des eurodéputés francophones si éloquents et à la ligne économique aussi claire ? Aucune intervention d'un eurodéputé français n'a eu une telle audience sur Youtube, semble-t-il. La culture parlementaire britannique, gage d'une vigueur démocratique, est admirable, comparée au césarisme démocratique français renaissant, qui n'est qu'une servitude volontaire...
2009-03-26
Bastiat aux Belles Lettres
Parution d'un second volume de Frédéric Bastiat, dans la Bibliothèque classique de la liberté, aux éditions des Belles Lettres : après les Sophismes économiques, les Pamphlets :
Post scriptum : Heureuse surprise : La Loi de Frédéric Bastiat entre au classement des 100 meilleures ventes du mois de Lulu.com en mars 2009, en passant de la 360e à la 68e place.
Post scriptum : Heureuse surprise : La Loi de Frédéric Bastiat entre au classement des 100 meilleures ventes du mois de Lulu.com en mars 2009, en passant de la 360e à la 68e place.
2009-03-24
Humeurs du jour
1. Consternant "dossier" du Monde sur les "paradis fiscaux", complètement biaisé : pas une voie dissonnante, pas une once de distance critique. Les références citées ? le "Réseau mondial pour la justice fiscale" (sic), Alternatives économiques, etc.
Plus de 70 territoires seraient des paradis fiscaux, à en croire ce journal ; pour donner un ordre de grandeur, 192 Etats sont membres de l'Organisation des nations unies... Ainsi, un tiers des pays du monde seraient des flibustiers fiscaux, y inclus des Etats respectables comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Irlande, l'île Maurice (le pays le plus développé de la zone africaine !), le Liban, etc. Tous les voisins de la France, oui tous, seraient de dangereux bandits, directement ou indirectement. Telle le fou qui pense que ce sont les autres sont fous, c'est la France, récemment rappelée à l'ordre par la commission européenne, malade de sa dépense publique de 52,6 % du PIB, qui devrait s'interroger sur sa santé fiscale...
La liste des prétendus paradis fiscaux plus ou moins francophones (à en croire Le Monde) : Andorre, Monaco, Belgique, Luxembourg, Suisse, île Maurice, Liban, Seychelles, voire Israël (où 15 % de la population est francophone...).
Bref, c'est parfaitement grotesque. On y lit aussi des stupidités sans nom, telles que, je cite :
"Les centres financiers offshore, dérégulés [oh horreur],
sont vivement critiqués [s'ils sont critiqués, ils sont donc mauvais, c'est parfaitement circulaire...]
depuis qu'a éclaté la crise financière internationale. Beaucoup de produits dérivés complexes, qui sont à l'origine de la crise financière mondiale [voire],
ont été conçus ou ont transité par ces territoires [ils ont aussi été conçus et ont transité ailleurs...].
Ces places financières sont accusées [comprendre : sont coupables]
d'avoir nourri les bulles spéculatives et alimenté "la finance casino" [les banques centrales et les autorités de régulation, elles, ne seraient donc pour rien dans la crise].
Elles portent une responsabilité directe dans la crise [la conclusion logique des assertions qui précèdent ; puisqu'on vous le dit]."
Je vous renvoie à mon précédent billet sur le sujet : Paradis fiscaux
2. Deuxième sujet du jour : Heuliez. Vous n'aviez pas encore entendu parler de cette entreprise ? En dehors de toute considération sur le nouveau terrain de jeu politique de Ségolène Royal et Jean-Pierre Raffarin, les régionaux de l'étape, c'est une belle entreprise. C'est là où votre serviteur a appris une leçon qu'il a méditée : "une entreprise ne fait pas faillite parce qu'elle n'a plus de capital, elle fait faillite parce qu'elle n'a plus de trésorerie". Mais cette entreprise créative (elle a inventé les toits rétractables de la Peugeot 206 CC) a bridé son développement. Pourquoi ? En raison des entraves du code du travail français, aux funestes effets de seuil, elle évite de dépasser les 1000 salariés par site. Le code du travail produit ses effets, non pas au service des salariés, mais à leurs dépens... Heuliez, dont le rachat par l'indien Argentum Motors a échoué, va devenir, avec une promesse d'aide publique de 10 millions d'euros, l'un des cobayes du capitalisme d'Etat, ce capitalisme sans marché, appelé de ses voeux par Henri Guaino.
Plus de 70 territoires seraient des paradis fiscaux, à en croire ce journal ; pour donner un ordre de grandeur, 192 Etats sont membres de l'Organisation des nations unies... Ainsi, un tiers des pays du monde seraient des flibustiers fiscaux, y inclus des Etats respectables comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Irlande, l'île Maurice (le pays le plus développé de la zone africaine !), le Liban, etc. Tous les voisins de la France, oui tous, seraient de dangereux bandits, directement ou indirectement. Telle le fou qui pense que ce sont les autres sont fous, c'est la France, récemment rappelée à l'ordre par la commission européenne, malade de sa dépense publique de 52,6 % du PIB, qui devrait s'interroger sur sa santé fiscale...
La liste des prétendus paradis fiscaux plus ou moins francophones (à en croire Le Monde) : Andorre, Monaco, Belgique, Luxembourg, Suisse, île Maurice, Liban, Seychelles, voire Israël (où 15 % de la population est francophone...).
Bref, c'est parfaitement grotesque. On y lit aussi des stupidités sans nom, telles que, je cite :
"Les centres financiers offshore, dérégulés [oh horreur],
sont vivement critiqués [s'ils sont critiqués, ils sont donc mauvais, c'est parfaitement circulaire...]
depuis qu'a éclaté la crise financière internationale. Beaucoup de produits dérivés complexes, qui sont à l'origine de la crise financière mondiale [voire],
ont été conçus ou ont transité par ces territoires [ils ont aussi été conçus et ont transité ailleurs...].
Ces places financières sont accusées [comprendre : sont coupables]
d'avoir nourri les bulles spéculatives et alimenté "la finance casino" [les banques centrales et les autorités de régulation, elles, ne seraient donc pour rien dans la crise].
Elles portent une responsabilité directe dans la crise [la conclusion logique des assertions qui précèdent ; puisqu'on vous le dit]."
Je vous renvoie à mon précédent billet sur le sujet : Paradis fiscaux
2. Deuxième sujet du jour : Heuliez. Vous n'aviez pas encore entendu parler de cette entreprise ? En dehors de toute considération sur le nouveau terrain de jeu politique de Ségolène Royal et Jean-Pierre Raffarin, les régionaux de l'étape, c'est une belle entreprise. C'est là où votre serviteur a appris une leçon qu'il a méditée : "une entreprise ne fait pas faillite parce qu'elle n'a plus de capital, elle fait faillite parce qu'elle n'a plus de trésorerie". Mais cette entreprise créative (elle a inventé les toits rétractables de la Peugeot 206 CC) a bridé son développement. Pourquoi ? En raison des entraves du code du travail français, aux funestes effets de seuil, elle évite de dépasser les 1000 salariés par site. Le code du travail produit ses effets, non pas au service des salariés, mais à leurs dépens... Heuliez, dont le rachat par l'indien Argentum Motors a échoué, va devenir, avec une promesse d'aide publique de 10 millions d'euros, l'un des cobayes du capitalisme d'Etat, ce capitalisme sans marché, appelé de ses voeux par Henri Guaino.
2009-03-22
Fin de règne pour l'étalon-dollar
- Un remarquable article : Fin de règne pour l'étalon-dollar, par Pierre-Antoine Delhommais dans Le Monde.
- Un article non moins remarquable : L'état de la bulle de crédit : données du début 2009, par Loïc Abadie sur Tropical Bear.
- Valérie Pécresse l'emporte sur Roger Karoutchi aux primaires internes pour mener la liste UMP aux élections régionales de 2010 en Île-de-France ; en Lorraine, la tête de liste UMP sera le radical Laurent Hénart, puisqu'il est l'unique candidat en lice.
- Les vignerons français ont retrouvé, par arrêté du 20 février 2009 relatif au classement des variétés de vigne de raisin de cuve, publié au Journal officiel du 4 mars 2009, la liberté de choix du cépage (pour les vins ordinaires ; les appellations d'origine contrôlée ont évidemment, par hypothèse, un cahier des charges plus contraignant).
2009-03-20
Bouclier fiscal

Article 1er du code général des impôts : Les impôts directs payés par un contribuable ne peuvent être supérieurs à 50 % de ses revenus.Nicolas Sarkozy a tenu bon, à ce jour, sur le principe du bouclier fiscal, qui est d'ailleurs en Allemagne un principe constitutionnel (Halbteilungsgrundsatz) dérivé du droit constitutionnel de propriété. Si les impôts directs dépassent 50 %, la notion de droit de propriété n'a plus guère de sens. 50 % est un seuil arbitraire, mais il a le mérite de la clarté : moitié pour l'État, moitié pour l'individu.
Pour mémoire, voici les noms de certains de ceux qui, à droite et au centre, ont voulu le remettre en cause, deux ans après son adoption :
- François Bayrou (MD)
- Charles-Amédée du Buisson de Courson (NC)
- René Couanau (UMP)
- Dominique Galouzeau de Villepin (UMP)
- Gérard Larcher (UMP)
- Pierre Méhaignerie (UMP)
- Etienne Pinte (UMP)
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.La liste n'est probablement pas complète, il s'agit uniquement des noms sortis dans la presse. Libertas n'a pas réussi à trouver - s'ils sont publiés quelque part, ce qui serait normal mais n'est probablement pas le cas - les noms des votants à la commission des finances, ni les noms de votants à l'Assemblée nationale, sur ce sujet.
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2009-03-18
Bernard d'Espagnat, prix Templeton
Un Français remporte le prix Templeton 2009, décerné par la Fondation Templeton, créée par Sir John Templeton :
"Le physicien et philosophe des sciences français, Bernard d’Espagnat, dont les recherches sur les implications philosophiques de la physique quantique ont permis un nouvel éclairage de la définition du réel et des limites potentielles de la connaissance scientifique, a remporté le Prix Templeton d'un montant d’un million de livres, récompense annuelle la plus élevée au monde.
"Du milieu des années 1960 au début des années 1980, B. d’Espagnat, maintenant âgé de 87 ans, a, dans le monde de la recherche physique, rempli le rôle d’un penseur imaginatif et perspicace. Durant cette période il a fourni des contributions importantes à l’approfondissement des fondements de la mécanique quantique, posant ainsi les questions auxquelles le théorème des inégalités de Bell devait apporter la réponse. Dans ce domaine les résultats définitifs, publiés en 1981 et 1982, ont établi que les inégalités en question sont violées précisément de la manière selon laquelle la mécanique quantique avait prédit qu’elles le seraient, résultat qui a constitué une confirmation décisive du phénomène « d'intrication non locale ». Et, à son tour, la confirmation en question a représenté une étape importante dans le développement ultérieur de « l'informatique quantique », domaine de recherche contemporain très florissant associant la physique, l'informatique et les mathématiques."
Lien : Prix Templeton
"Le physicien et philosophe des sciences français, Bernard d’Espagnat, dont les recherches sur les implications philosophiques de la physique quantique ont permis un nouvel éclairage de la définition du réel et des limites potentielles de la connaissance scientifique, a remporté le Prix Templeton d'un montant d’un million de livres, récompense annuelle la plus élevée au monde.
"Du milieu des années 1960 au début des années 1980, B. d’Espagnat, maintenant âgé de 87 ans, a, dans le monde de la recherche physique, rempli le rôle d’un penseur imaginatif et perspicace. Durant cette période il a fourni des contributions importantes à l’approfondissement des fondements de la mécanique quantique, posant ainsi les questions auxquelles le théorème des inégalités de Bell devait apporter la réponse. Dans ce domaine les résultats définitifs, publiés en 1981 et 1982, ont établi que les inégalités en question sont violées précisément de la manière selon laquelle la mécanique quantique avait prédit qu’elles le seraient, résultat qui a constitué une confirmation décisive du phénomène « d'intrication non locale ». Et, à son tour, la confirmation en question a représenté une étape importante dans le développement ultérieur de « l'informatique quantique », domaine de recherche contemporain très florissant associant la physique, l'informatique et les mathématiques."
Lien : Prix Templeton
2009-03-14
La face cachée de Saint-Barth
La face cachée de Saint-Barthélémy, collectivité d'outre-mer des Antilles françaises :
au recto, la carte postale ; au verso, une poubelle, comme on peut le voir sur ce billet de Hicham Nazzal : Mon Saint-Barth, autrement...
L'incivisme est consternant. Mais il n'est pas le propre des Antilles françaises. Les rues de Paris et les sites naturels d'Europe offrent d'aussi tristes spectacles dégoûtants de saleté.
2009-03-13
Paradis fiscaux
Deux excellents paragraphes du récent billet d'Objectif Liberté sur les paradis fiscaux :
1. Ils fournissent de commodes boucs-émissaires (cf. René Girard) pour expliquer une crise dans laquelle les erreurs de la régulation étatique paraissent avoir une responsabilité significative, et ainsi s'en absoudre.
2. La crise est un prétexte pour les États purgatoires de se tirer ces épines du pied : les paradis fiscaux leur empoisonnent la vie depuis longtemps, en offrant une solution de repli aux agents économiques persécutés dans des pays sur la route de la servitude. Les blâmer permet non seulement de rejeter la faute sur eux mais aussi de remporter une bataille, si ce n'est la guerre économique, contre ces concurrents importuns. La crise économique n'a rien à voir avec les paradis fiscaux, mais elle permet, comme la lutte contre le terrorisme, de justifier tout, et n'importe quoi.
3. Les États purgatoires préparent des potions amères, et ils préparent le terrain en obturant les échappatoires. Que ce soit lors du G20 prochain (peu probable : il y a peu de chance d'une entente du directoire mondial avant l'éventuel effondrement du système monétaire) ou plus tard (lorsqu'il faudra s'acquitter des dettes accumulées à un rythme sans précédent actuellement), les agents économiques des États purgatoires seront mis à contribution et il importe d'éviter préalablement qu'ils aient la possibilité de s'évader fiscalement...
J'en profite pour caser quelques brèves :
- Lu dans The Economist : "A planned constitutional amendment would bar states from running deficits and would limit federal budget deficits to 0.35% of GDP, beginning in 2016" : un amendement constitutionnel est envisagé en Allemagne pour limiter le déficit fédéral à 0,35% à partir de 2016. À quand une telle proposition en France ?
- Je recommande l'excellente interview de Jim Rogers sur la crise publiée par Bull! Not Bull
- Faut-il investir dans l'or ? Y a-t-il déjà une bulle sur l'or ? Ce thème commence à apparaître, compte tenu de l'unanimisme qui commence à poindre au sujet de cette valeur-refuge. Personnellement, le platine paraît un investissement au moins aussi judicieux : c'est une réserve de pouvoir d'achat aussi concentrée, et avec un usage industriel qui devrait faire rebondir sa valeur lorsqu'il y aura reprise, dans un an ou dans dix.
"Si l'on s'en tient aux arguments purement économiques, rappelons une fois encore que la présence de paradis fiscaux est économiquement bénéfique, je dis bien, bénéfique, aux états les plus forts en taxes.L'offensive des purgatoires fiscaux contre les paradis fiscaux, réels ou prétendus, paraît avoir trois causes, alternatives ou cumulatives :
"En effet, par le biais de montages financiers discrets, l'argent transitant par les paradis fiscaux revient généralement en bonne partie dans le pays de résidence du détenteur de fortune qui les a utilisés pour se soustraire à la voracité de son fisc. C'est ainsi qu'en soustrayant de l'argent gagné des griffes de l'agent économique le plus inefficace qui soit, j'ai nommé l'état, les paradis fiscaux, malgré les marges d'intermédiation que leur utilisation occasionne, permettent à des projets autrement non finançables de voir le jour..."
1. Ils fournissent de commodes boucs-émissaires (cf. René Girard) pour expliquer une crise dans laquelle les erreurs de la régulation étatique paraissent avoir une responsabilité significative, et ainsi s'en absoudre.
2. La crise est un prétexte pour les États purgatoires de se tirer ces épines du pied : les paradis fiscaux leur empoisonnent la vie depuis longtemps, en offrant une solution de repli aux agents économiques persécutés dans des pays sur la route de la servitude. Les blâmer permet non seulement de rejeter la faute sur eux mais aussi de remporter une bataille, si ce n'est la guerre économique, contre ces concurrents importuns. La crise économique n'a rien à voir avec les paradis fiscaux, mais elle permet, comme la lutte contre le terrorisme, de justifier tout, et n'importe quoi.
3. Les États purgatoires préparent des potions amères, et ils préparent le terrain en obturant les échappatoires. Que ce soit lors du G20 prochain (peu probable : il y a peu de chance d'une entente du directoire mondial avant l'éventuel effondrement du système monétaire) ou plus tard (lorsqu'il faudra s'acquitter des dettes accumulées à un rythme sans précédent actuellement), les agents économiques des États purgatoires seront mis à contribution et il importe d'éviter préalablement qu'ils aient la possibilité de s'évader fiscalement...
J'en profite pour caser quelques brèves :
- Lu dans The Economist : "A planned constitutional amendment would bar states from running deficits and would limit federal budget deficits to 0.35% of GDP, beginning in 2016" : un amendement constitutionnel est envisagé en Allemagne pour limiter le déficit fédéral à 0,35% à partir de 2016. À quand une telle proposition en France ?
- Je recommande l'excellente interview de Jim Rogers sur la crise publiée par Bull! Not Bull
- Faut-il investir dans l'or ? Y a-t-il déjà une bulle sur l'or ? Ce thème commence à apparaître, compte tenu de l'unanimisme qui commence à poindre au sujet de cette valeur-refuge. Personnellement, le platine paraît un investissement au moins aussi judicieux : c'est une réserve de pouvoir d'achat aussi concentrée, et avec un usage industriel qui devrait faire rebondir sa valeur lorsqu'il y aura reprise, dans un an ou dans dix.
2009-03-11
Débat Karoutchi / Pécresse
Pour les lecteurs de Libertas qui seraient adhérents de l'UMP en Île-de-France, voici le débat entre les deux candidats à la primaire pour la désignation de la tête de liste aux élections régionales de 2010, Roger Karoutchi, né en 1951, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, et Valérie Pécresse, née en 1967, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche :
Débat sur France 3 :
Partie 1: http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=m92a_lavoixestlibre1&video_number=0
Partie 2: http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=m92a_lavoixestlibre2&video_number=0
Extraits du débat au Raincy :
http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafJBem.html
Qui a votre préférence ?
Débat sur France 3 :
Partie 1: http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=m92a_lavoixestlibre1&video_number=0
Partie 2: http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=m92a_lavoixestlibre2&video_number=0
Extraits du débat au Raincy :
http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafJBem.html
Qui a votre préférence ?
Wauquiez, sinistre nuisible antilibéral
Laurent Wauquiez a jugé "scandaleux" que Total, qui a annoncé récemment des profits records pour 2008, décide de supprimer 555 emplois à l'occasion de la réorganisation de son activité de pétrochimie en France. « Qu'un groupe comme Total, qui fait plusieurs milliards de bénéfices, ne soit pas capable dans cette période d'avoir un comportement exemplaire en termes d'emploi me reste en travers de la gorge», a déclaré ce courageux homme.
Il est frappant de constater à quel stupéfiant degré de bêtise un jeune politicien intelligent en est réduit pour faire carrière dans le système politique français. Ses propos soulèvent au moins quatre questions :
1) En vertu de quoi une entreprise plus efficace que les autres (puisqu'elle fait des profits records) devrait-elle s'imposer des pratiques de gestion plus contraignantes qui ne peuvent que diminuer son efficacité (garder des activités et des employés qui ne lui paraissent pas rentables) ?
2) Le rôle d'une entreprise est-elle "d'avoir un comportement exemplaire en termes d'emploi" ? Si oui, qui définit ce comportement, et avec quelle sanction ? La super-divinité omnisciente appelée Wauquiez ?
3) M. Wauquiez a-t-il pensé à féliciter les entreprises qui ne licencient pas en ce moment ? Et celles qui ne licencient que la moitié ou le dixième de ce que la prudence nécessiterait (et qui lui dit que Total ne fait pas partie de cette catégorie ?).
4) Quand, dans quelques années, les réserves de pétrole seront épuisées, M. Wauquiez souhaitera-t-il constater que Total s'est reconvertie au fur et à mesure, en réinvestissant intelligemment ses vilains "superprofits" et en se débarrassant progressivement de ses activités moins rentables ? Ou préfèrera-t-il que cette entreprise licencie d'un coup ses dizaines de milliers d'employés et mette la clé sous la porte ? M. Wauquiez sera-t-il alors présent pour consoler les licenciés ? Et assumer les conséquences de ses propos et décisions irresponsables ?
Que quelqu'un comme ce sinistre nuisible antilibéral soit considéré comme l'un des éléments les plus prometteurs de la politique française suffit à résumer ce qui nous attend dans les prochaines décennies.
YM, pour Libertas
2009-03-09
Maurel & Prom gagne en appel contre Messier Partners
Paris, le 09 mars 2009
N° 10-09
La cour d’Appel de Paris rejette les prétentions financières de la société Messiers Partners et donne raison à Maurel & Prom
Rappel des faits
En 2007, la société de conseil Messier Partners a engagé une procédure judiciaire contre Maurel & Prom en vue d’obtenir le versement d’une commission de succès suite à la cession des actifs congolais au groupe pétrolier Eni. Maurel & Prom estimait ne pas être tenue à rémunérer Messier Partners, la cession des actifs congolais à Eni n’entrant pas dans le périmètre du contrat signé entre les parties.
Le 18 décembre 2007, le tribunal de Commerce de Paris a donné partiellement raison à Messiers
Partners et condamné Maurel & Prom au paiement de la somme de 5,6 millions d’euros, qui ont été provisionnés dans les comptes 2007.
La cour d’Appel de Paris donne raison à Maurel & Prom
Par arrêt du 5 mars 2009, la cinquième chambre de la cour d’Appel a infirmé l’ensemble des
dispositions du jugement du tribunal de Commerce et condamné Messier Partners aux dépens de première instance et d’appel et à verser, à Maurel & Prom, 50 000 € au titre des frais irrépétibles.
Messier Partners est débouté de toutes ses demandes.
Plus d’informations : www.maureletprom.com
(Source : communiqué de Maurel & Prom)
2009-03-06
Relance 2.0
(Relance 2.0 fait écho au titre du dernier billet de Rubin.)
Je lisais récemment une proposition : qu'on puisse voter parmi les projets des divers plans de relance et paquets de stimulation de l'économie.
Je propose mieux : qu'on fasse un chèque aux citoyens, afin qu'ils financent les mesures de relance qu'ils privilégient : de la démocratie participative, directe, qui ne saurait déplaire aux politiciens flatteurs des "citoyens-experts" (surtout en période pré-électorale ; on les voit évidemment beaucoup moins après, que ce soit sur les marchés ou sur les bancs des assemblées).
Et pour éviter les frais de transaction, ces chèques étant financés par les citoyens, eh bien, pratiquons une compensation : au lieu d'imposer et de leur remettre ce pouvoir de décision, laissons ce pouvoir d'achat dans leur poche. En somme, dépensons moins et imposons moins.
La meilleure politique économique publique, c'est probablement de ne pas en avoir : on voit à quoi a mené la régulation de la monnaie, de la banque, du crédit et de l'immobilier, tous secteurs où la concurrence est faussée par une abondante réglementation, par des autorités de tutelles et par la "rassurante assurance de la réassurance" par l'État, qui dispense de responsabilité et encourage à prendre des risques inconsidérés...
En laissant chaque agent économique rétablir les éléments de sa propre solvabilité, selon ses besoins particuliers (épargne, investissement, consommation), qu'il connaît mieux que les agents de l'État, on créerait les conditions d'une reprise saine. Ce n'est pas la voie qui a été choisie. Mais les lois de l'économie sont aussi implacable que celles de la physique : une politique contre nature est vouée à l'échec. Ce que démontre lamentablement la crise monétaire et, peut-être, bientôt, la faillite des États les plus collectivistes, qui ne pourront éventuellement s'en tirer que par le recours à une (hyper)inflation délibérée... Rappelons que la monnaie servant à stocker et à échanger du pouvoir d'achat, l'inflation délibérée est un vol silencieux, sans effraction...
Je lisais récemment une proposition : qu'on puisse voter parmi les projets des divers plans de relance et paquets de stimulation de l'économie.
Je propose mieux : qu'on fasse un chèque aux citoyens, afin qu'ils financent les mesures de relance qu'ils privilégient : de la démocratie participative, directe, qui ne saurait déplaire aux politiciens flatteurs des "citoyens-experts" (surtout en période pré-électorale ; on les voit évidemment beaucoup moins après, que ce soit sur les marchés ou sur les bancs des assemblées).
Et pour éviter les frais de transaction, ces chèques étant financés par les citoyens, eh bien, pratiquons une compensation : au lieu d'imposer et de leur remettre ce pouvoir de décision, laissons ce pouvoir d'achat dans leur poche. En somme, dépensons moins et imposons moins.
La meilleure politique économique publique, c'est probablement de ne pas en avoir : on voit à quoi a mené la régulation de la monnaie, de la banque, du crédit et de l'immobilier, tous secteurs où la concurrence est faussée par une abondante réglementation, par des autorités de tutelles et par la "rassurante assurance de la réassurance" par l'État, qui dispense de responsabilité et encourage à prendre des risques inconsidérés...
En laissant chaque agent économique rétablir les éléments de sa propre solvabilité, selon ses besoins particuliers (épargne, investissement, consommation), qu'il connaît mieux que les agents de l'État, on créerait les conditions d'une reprise saine. Ce n'est pas la voie qui a été choisie. Mais les lois de l'économie sont aussi implacable que celles de la physique : une politique contre nature est vouée à l'échec. Ce que démontre lamentablement la crise monétaire et, peut-être, bientôt, la faillite des États les plus collectivistes, qui ne pourront éventuellement s'en tirer que par le recours à une (hyper)inflation délibérée... Rappelons que la monnaie servant à stocker et à échanger du pouvoir d'achat, l'inflation délibérée est un vol silencieux, sans effraction...
Scores
Libertas est 89e au classement Wikio des blogs politiques de mars 2009, juste devant "le blog de Pierre Moscovici" et "les communiqués de presse du parti socialiste", et bat son précédent record (93e). Saluons la belle performance d'Expression Libre, qui reste 13e, et plus généralement des blogs du réseau LHC. La recherche de la qualité et la liberté des opinons payent.
La Princesse de Clèves est 1334e au classement des ventes d'Amazon, loin devant Témoignage, la meilleure vente (56623e) de Nicolas Sarkozy, qui déclarait en février 2006 : « L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur 'La Princesse de Clèves'. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de 'La Princesse de Clèves'… Imaginez un peu le spectacle ! ».
La Loi, de Frédéric Bastiat, se maintient vers la 21920e place du classement des ventes de Lulu.com (disponible aussi sur Amazon et sur Priceminister). Peut mieux faire...
Joli score pour l'interdiction des bars ouverts (open bars) voulue par Roselyne Bachelot-Narquin: zéro commentaire favorable sur l'article à ce sujet parmi les lecteurs du Figaro, pourtant plutôt sympathisants de l'UMP. Un terreau pour les libéraux ? Un coup de pouce pour les candidats d'Alternative libérale (et du PLD s'il en aligne ?) aux élections européennes du 7 juin 2009 ?
La Princesse de Clèves est 1334e au classement des ventes d'Amazon, loin devant Témoignage, la meilleure vente (56623e) de Nicolas Sarkozy, qui déclarait en février 2006 : « L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur 'La Princesse de Clèves'. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de 'La Princesse de Clèves'… Imaginez un peu le spectacle ! ».
La Loi, de Frédéric Bastiat, se maintient vers la 21920e place du classement des ventes de Lulu.com (disponible aussi sur Amazon et sur Priceminister). Peut mieux faire...
Joli score pour l'interdiction des bars ouverts (open bars) voulue par Roselyne Bachelot-Narquin: zéro commentaire favorable sur l'article à ce sujet parmi les lecteurs du Figaro, pourtant plutôt sympathisants de l'UMP. Un terreau pour les libéraux ? Un coup de pouce pour les candidats d'Alternative libérale (et du PLD s'il en aligne ?) aux élections européennes du 7 juin 2009 ?
2009-03-04
Brèves
- Même l'Italie a décidé de mettre fin au vote des députés absents, en mettant en place un système de vote électronique avec une clef par empreinte digitale. Rappelons qu'au Luxembourg, les députés sont rémunérés par des jetons de présence : pas de bras, pas de chocolat. Pendant ce temps-là, un député français peut encore voter à tour de bras pour ses collègues absents ; le règlement de l'Assemblée nationale prohibe cette pratique, mais il n'est pas appliqué... Avant de se plaindre de l'affaissement du Parlement, les députés français devraient se montrer dignes de leur élection, en respectant leur propre règlement, et en siégeant.
- La France s'achemine vers un déficit public estimé à 5,6 % du PIB en 2009, et la dette publique française dépassera 80 % en 2010, selon les dernières prévisions. Si le système monétaire international ne s'est pas effondré d'ici là.
- Français, saviez-vous que vous subventionniez le sucre (pourtant excédentaire ; "Les producteurs européens bénéficient d'un prix garanti, trois fois plus élevé que le cours mondial, dans le cadre de la politique agricole commune") et le beurre, entre autres produits ? Le système mis en place est ubuesque ou kafkaïen, au choix. Il faut abolir ces scandaleux mécanismes de subvention et restaurer un marché libre de ces produits. Au nom des Africains. Au nom des consommateurs, qui sont les dindons de cette farce.
- La France s'achemine vers un déficit public estimé à 5,6 % du PIB en 2009, et la dette publique française dépassera 80 % en 2010, selon les dernières prévisions. Si le système monétaire international ne s'est pas effondré d'ici là.
- Français, saviez-vous que vous subventionniez le sucre (pourtant excédentaire ; "Les producteurs européens bénéficient d'un prix garanti, trois fois plus élevé que le cours mondial, dans le cadre de la politique agricole commune") et le beurre, entre autres produits ? Le système mis en place est ubuesque ou kafkaïen, au choix. Il faut abolir ces scandaleux mécanismes de subvention et restaurer un marché libre de ces produits. Au nom des Africains. Au nom des consommateurs, qui sont les dindons de cette farce.
2009-03-02
Paint it black !
(Reprise d'un commentaire fait chez Rubin)
Je ne sais si la remarque de Rubin s'adresse à Libertas, qui s'est "contenté de reprendre le code HTML du blackout" sans plus d'explication (mais non sans réflexion)... Le manque de temps fait qu'on ne peut pas tout développer, même si l'on tient à prendre part à un mouvement civique dans les jours qui précèdent le nouvel examen du texte au Parlement.
1. Je me réjouis de l'existence de l'excellente Quadrature du Net : je suis depuis longtemps le travail d'EFF (Electronic Frontier Foundation) aux EUA, au service de la liberté d'expression sur internet, et je suis plus qu'heureux que la Quadrature du Net, qui bénéficie d'ailleurs du soutien de l'EFF, mène désormais un combat comparable en terrrain européen et francophone.
2. J'ai quelques réticences à joindre ma voix à celle des pirates qui s'opposent à ce texte, parce que premièrement je respecte éminemment le droit de propriété, et deuxièmement je n'ai pas encore pu me forger une opinion éclairée sur la question, fort débattue, de la propriété intellectuelle.
3. Cet appui à la Quadrature du Net étant affirmé, et cette réserve sur la nécessaire sanction de la violation du droit de propriété, sous réserve qu'il soit fondé, étant posée, j'exprime mon désaccord avec le projet de loi dit HADOPI en l'état : je suis hostile à la création d'une autorité administrative supplémentaire et surtout à la tentative rampante de l'Etat de filtrer internet (après la tentative pour le moment avortée de labélisation étatique des blogs, et les propos de M. Lefebvre sur les dangers d'internet qui justifierait l'intervention de l'Etat-nurserie), notamment par l'établissement d'une "liste blanche" de sites fréquentables. La responsabilité éducative appartient aux parents avant tout ; les technologies de filtrage privé optionnel existent ; je ne souhaite pas voir l'Etat s'engager dans une compétition technologique afin de régenter internet, ce qui serait aussi vain que la lutte contre les Etats souverains fiscalement paradisiaques. Pour résumer, je refuse que la France adopte la législation la plus restrictive du monde libre pour "réguler" internet ; la Nouvelle-Zélande y a renoncé ; et une proposition similaire de fournir un "clean feed" (un flux propre) a suscité une vague de protestation contre la censure en Australie.
Et je me souviens avec nostalgie de la Déclaration d'indépendance du cyberespace (avec son préambule) de John Perry Barlow, qui remonte à une époque pas si lointaine : 1996.
Je ne sais si la remarque de Rubin s'adresse à Libertas, qui s'est "contenté de reprendre le code HTML du blackout" sans plus d'explication (mais non sans réflexion)... Le manque de temps fait qu'on ne peut pas tout développer, même si l'on tient à prendre part à un mouvement civique dans les jours qui précèdent le nouvel examen du texte au Parlement.
1. Je me réjouis de l'existence de l'excellente Quadrature du Net : je suis depuis longtemps le travail d'EFF (Electronic Frontier Foundation) aux EUA, au service de la liberté d'expression sur internet, et je suis plus qu'heureux que la Quadrature du Net, qui bénéficie d'ailleurs du soutien de l'EFF, mène désormais un combat comparable en terrrain européen et francophone.
2. J'ai quelques réticences à joindre ma voix à celle des pirates qui s'opposent à ce texte, parce que premièrement je respecte éminemment le droit de propriété, et deuxièmement je n'ai pas encore pu me forger une opinion éclairée sur la question, fort débattue, de la propriété intellectuelle.
3. Cet appui à la Quadrature du Net étant affirmé, et cette réserve sur la nécessaire sanction de la violation du droit de propriété, sous réserve qu'il soit fondé, étant posée, j'exprime mon désaccord avec le projet de loi dit HADOPI en l'état : je suis hostile à la création d'une autorité administrative supplémentaire et surtout à la tentative rampante de l'Etat de filtrer internet (après la tentative pour le moment avortée de labélisation étatique des blogs, et les propos de M. Lefebvre sur les dangers d'internet qui justifierait l'intervention de l'Etat-nurserie), notamment par l'établissement d'une "liste blanche" de sites fréquentables. La responsabilité éducative appartient aux parents avant tout ; les technologies de filtrage privé optionnel existent ; je ne souhaite pas voir l'Etat s'engager dans une compétition technologique afin de régenter internet, ce qui serait aussi vain que la lutte contre les Etats souverains fiscalement paradisiaques. Pour résumer, je refuse que la France adopte la législation la plus restrictive du monde libre pour "réguler" internet ; la Nouvelle-Zélande y a renoncé ; et une proposition similaire de fournir un "clean feed" (un flux propre) a suscité une vague de protestation contre la censure en Australie.
Et je me souviens avec nostalgie de la Déclaration d'indépendance du cyberespace (avec son préambule) de John Perry Barlow, qui remonte à une époque pas si lointaine : 1996.
2009-03-01
Anniversaire photographique
- À l'invitation de Criticus, voici une photo de l'Assemblée nationale, qui vient à point nommer illustrer...
- ... le premier anniversaire du réseau de blogs politiques de qualité LHC : libres, humanistes et critiques, dont Libertas a l'insigne honneur d'être l'un des membres. À cette occasion, je forme le vœu que l'écume des mots échangés, entrecroisés, parvienne un jour jusqu'aux rives de la Seine et vienne répandre une douce fraîcheur sur l'hémicycle (ou plutôt les hémicycles : européen, nationaux et territoriaux), avec l'élection de représentants véritablement libéraux en nombre, par des citoyens désireux de liberté, avec ses corollaires, la responsabilité et la propriété, désireux d'égalité des droits, désireux de fraternité volontaire.
2009-02-27
7 blogs
Invité par Lomig, lui-même invité par H16, je vous donne une liste de 7 blogs que je lis régulièrement et que je recommande. Plutôt que de re-recommander les mêmes, je pense qu'il est plus intéressant de donner de nouvelles bonnes adresses. Ainsi, outre Expression Libre et Hashtable, deux membres de l'excellent réseau LHC, et ceux qu'ils ont recommandés (parmi lesquels je retiens en particulier Objectif Liberté), voici ma sélection arbitraire :
[ ou comment caser 17 adresses auxquelles on tient au prétexte d'une liste de 7 blogs ;-) ]
Que les 7 blogueurs élus se sentent libres d'indiquer à leur tour leurs sept blogs recommandés !
- Tropical Bear
- Québécois Libre
- Dramelay
- Chroniques beyrouthines
- Transnets
- Tom Roud
- Bleuzenn (après avoir hésité avec Rafaele's Circus, la République des livres et Aymorama)
[ ou comment caser 17 adresses auxquelles on tient au prétexte d'une liste de 7 blogs ;-) ]
Que les 7 blogueurs élus se sentent libres d'indiquer à leur tour leurs sept blogs recommandés !
2009-02-23
Le président cite Bastiat
Libertas, fan de Bastiat, ne peut pas ne pas citer les derniers paragraphes du discours du président tchèque Václav Klaus à la succursale bruxelloise du Parlement européen de Strasbourg la semaine dernière, déjà repris in-extenso par Liberté Politique et linké par Expression Libre. Le président cite Bastiat, mais il s'agit du président du Conseil européen et de la République tchèque. Quand un président de la République française a-t-il cité Frédéric Bastiat la dernière fois ? Nicolas Sarkozy l'a-t-il jamais lu ?"Ce fait est étroitement lié à la question de la prospérité. Il faut dire sincèrement que le système économique actuel de l’UE est celui de l'oppression du marché et du renforcement continu de la gestion centrale de l'économie. Bien que l'histoire nous ait prouvé plus que suffisamment que ce n'est pas la bonne direction à prendre, nous la reprenons de nouveau. Le taux limitant la spontanéité des processus de marché et celui de la réglementation politique ne cessent de croître. C'est aussi l'interprétation erronée des causes de la crise financière et économique qui contribue à ce développement, dans les derniers mois, comme si la crise était due au marché, tandis que sa cause véritable consiste justement dans le contraire – elle a été causée par la manipulation politique du marché. Encore une fois, il faut rappeler l'expérience historique de notre partie de l'Europe et la leçon que nous en avons tirée.
"Beaucoup d'entre vous connaissent certainement le nom de l'économiste français Frédéric Bastiat et sa célèbre Pétition des marchands de chandelles, qui est devenue un texte connu et aujourd'hui déjà classique dans les manuels démontrant l'absurdité de l'ingérence politique dans l'économie. Le 14 novembre 2008, la Commission européenne a exaucé la pétition réelle et non fictive des marchands de chandelles en grevant les chandelles importées de Chine de droits de douane de 66%. Je ne croyais pas qu'un texte littéraire écrit il y a 160 ans, puisse devenir une réalité, mais cela est arrivé. La conséquence inévitable de la prise de telles mesures est le retard et le ralentissement économique de l'Europe, voire le freinage de sa croissance économique. La solution ne consiste que dans la libéralisation et la dérégulation de l'économie européenne.
"Je dis tout cela en assumant ma responsabilité de l'avenir démocratique et prospérant de l'Europe. Je m'efforce de vous rappeler les principes fondamentaux sur lesquels la civilisation européenne a été construite pendant des siècles et millénaires. Des principes dont la validité est intemporelle et universelle et qui, en conséquence, devraient valoir aussi dans l'Union européenne actuelle. Je suis sûr que les citoyens des États membres souhaitent la liberté, la démocratie et la prospérité économique.
"A l'heure actuelle, le fait le plus important est manifestement l'exigence que la discussion libre sur ces affaires ne soit pas considérée comme une attaque contre l´idée-même de l'intégration européenne. Nous avons toujours cru que la démocratie authentique, qui nous a été refusée pendant quarante ans, est justement basée sur le droit de débattre ouvertement de ces questions graves, d'être entendu et de défendre la possibilité qu'a chacun de présenter son avis même s'il est différent du politiquement correct – et cela, même quand nous sommes en désaccord avec lui. Nous qui avons éprouvé l'expérience involontaire pendant la plus grande partie de nos vies que l'échange libre des idées et des opinions est une condition essentielle à la démocratie authentique, nous croyons que cette condition sera observée et respectée même dans le futur. Elle constitue l'occasion et la seule méthode de rendre l'Union européenne plus libre, plus démocratique et plus prospère."
Václav Klaus,
Parlement européen, Bruxelles,
le 19 février 2009
Source : Parlement européen
Conflit patent d'intérêts
"Après avoir été l'un des instigateurs de la folle aventure de Natixis, qui va si lourdement peser sur les finances publiques, François Pérol se prévaut du naufrage pour prendre les commandes de la banque unifiée qui va voir le jour. Ce naufrage est en partie le sien, mais il en tire aujourd'hui argument pour asseoir son futur pouvoir. Et l'histoire est donc d'autant plus folle qu'elle prend d'innombrables libertés avec la loi."
Laurent Mauduit, Ecureuil-Banques pop': l'Elysée dans l'illégalité, dans Mediapart.
Lien : conflict of interest
Laurent Mauduit, Ecureuil-Banques pop': l'Elysée dans l'illégalité, dans Mediapart.
Lien : conflict of interest
2009-02-21
Journal de bord de la crise 11
Pour donner une idée de l'ambiance à ceux qui reliront ce blog en 2019, ces titres sont tous tirés de la une du Monde.fr, ce samedi 21 février, un jour ordinaire de 2009 :
- L'économie en crise
- 14:30 La Californie en récession vote des mesures drastiques
- 14:15 L'Europe de l'Est, bombe à retardement pour l'euro
- 14:12 Les démons des années 1930
- 14:10 Sur les Bourses, la sinistrose s'enracine
- Braquages : les petits commerces, coeurs de cible
- L'or, "antimite" idéal
- La France accorde une exonération d'impôts aux avoirs du Qatar
- La Situation des classes laborieuses en Angleterre dans les grandes villes, de Friedrich Engels
- Vif débat en Roumanie autour de l'appel au FMI
- L'économie en crise
- 14:30 La Californie en récession vote des mesures drastiques
- 14:15 L'Europe de l'Est, bombe à retardement pour l'euro
- 14:12 Les démons des années 1930
- 14:10 Sur les Bourses, la sinistrose s'enracine
- Braquages : les petits commerces, coeurs de cible
- L'or, "antimite" idéal
- La France accorde une exonération d'impôts aux avoirs du Qatar
- La Situation des classes laborieuses en Angleterre dans les grandes villes, de Friedrich Engels
- Vif débat en Roumanie autour de l'appel au FMI
Un manifeste antillais
En attendant d'avoir trouvé ne serait-ce qu'un libéral guadeloupéen,
voici des morceaux choisis du manifeste de neuf Antillais,
"qu'ils souhaitent diffuser le plus largement possible",
publié par Mediapart (passages mis en gras par Libertas) :
C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. [...]
Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.
Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. [...]
La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte «d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.
Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être «producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. [...]
Le « déterminant » ou bien le « décisif » s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.
L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. [...]
La question békée et des ghettos qui germent ici ou là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. [...]
Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. [...]
Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. [...]
Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production seraient des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.
Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. [...]
Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main-d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main-d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale. [...]
Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons [sic] à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. [...]
En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.
Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...
Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.
Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.
Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....
Alors voici notre vision :
Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....
Les signataires :
Ernest BRELEUR (artiste-peintre)
Patrick CHAMOISEAU (écrivain)
Serge DOMI (sociologue)
Gérard DELVER (comédien et auteur dramatique)
Edouard GLISSANT (poète)
Guillaume PIGEARD DE GURBERT (philosophe)
Olivier PORTECOP (universitaire)
Olivier PULVAR (universitaire)
Jean-Claude WILLIAM (politologue)
voici des morceaux choisis du manifeste de neuf Antillais,
"qu'ils souhaitent diffuser le plus largement possible",
publié par Mediapart (passages mis en gras par Libertas) :
Martinique - Guadeloupe - Guyane - Réunion
MANIFESTE
Pour les "produits" de haute nécessité
MANIFESTE
Pour les "produits" de haute nécessité
C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. [...]
Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.
Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. [...]
La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte «d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.
Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être «producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. [...]
Le « déterminant » ou bien le « décisif » s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.
L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. [...]
La question békée et des ghettos qui germent ici ou là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. [...]
Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. [...]
Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. [...]
Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production seraient des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.
Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. [...]
Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main-d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main-d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale. [...]
Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons [sic] à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. [...]
En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.
Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...
Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.
Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.
Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....
Alors voici notre vision :
Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....
Les signataires :
Ernest BRELEUR (artiste-peintre)
Patrick CHAMOISEAU (écrivain)
Serge DOMI (sociologue)
Gérard DELVER (comédien et auteur dramatique)
Edouard GLISSANT (poète)
Guillaume PIGEARD DE GURBERT (philosophe)
Olivier PORTECOP (universitaire)
Olivier PULVAR (universitaire)
Jean-Claude WILLIAM (politologue)
De la considération de Georges Frêche pour ses électeurs
Quelle meilleure illustration de la théorie des choix publics que ces propos de Georges Frêche (divers gauche), président du conseil régional de Languedoc-Roussillon :
"Je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse".
Lisez l'article de Mathieu Soliveres.
"Je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse".
Lisez l'article de Mathieu Soliveres.
2009-02-20
Cherche libéral de Guadeloupe
nul comité de Liberté Chérie, d'Alternative Libérale, du Parti Libéral-Démocrate,
nul blog libéral guadeloupéen parmi les blogs libéraux recensés...
La Guadeloupe en particulier, les Antilles françaises plus généralement, sont-elles un désert libéral ? Nul lecteur, nul admirateur, des grands auteurs libéraux ?
Nous avons besoin, les Antillais ont besoin, d'une analyse libérale des émeutes en cours, par quelqu'un qui connaisse intimement ces îles.
24 février : conf. Guido Hülsmann
Mardi 24 février 2009, conférence de Guido Hülsmann sur l'éthique de la production de monnaie, organisée par le Café Liberté à 20h30 au Café Le Luxembourg, 58 boulevard Saint Michel, 75006 Paris.
Inscription préalable obligatoire. Renseignements : Café Liberté
Inscription préalable obligatoire. Renseignements : Café Liberté
2009-02-19
Sarko, la justice et la justice sociale
Dans son allocution télévisée d'hier soir, Nicolas Sarkozy a prononcé six fois le mot "justice" :
Premièrement, l'emploi du concept de "justice" pour fonder les mesures annoncées par le Président est évidemment erroné intellectuellement... sauf dans une perspective typiquement socialiste. Cet emploi relève d'une vision du marché aussi délirante que celle ayant déjà conduit Sarkozy a proposer un découpage du profit en trois parts.
Deuxièmement, l'utilisation de ce concept plutôt que celui de "justice sociale" paraît relativement nouvelle et intriguante. Jusqu'à tout récemment, 99% de la classe politique française prônait la justice sociale sans la moindre hésitation. C'était déjà une aberration conceptuelle. Comme on le sait depuis Hayek, cette notion est fondamentalement dénuée de sens si l'on accepte la définition de la justice ordinairement acceptée dans la civilisation occidentale depuis des siècles (malheureusement, peu de libéraux sont conscients de cela). Voir à ce sujet l'éblouissant tome II de "Droit, Législation et Liberté" intitulé "Le mirage de la justice sociale" ou, pour une version plus courte de l'argument de Hayek, son article "L'atavisme de la justice sociale" dans les "Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d'économie et d'histoire des idées" aux Belles Lettres.
Jusqu'où ira cette dérive conceptuelle qu'a semblé inaugurer Sarkozy hier soir ? Difficile, à ce stade, de le dire. Osons espérer (sans trop y croire) que ce n'est qu'une erreur ponctuelle de sa part. Parler de "justice" pour justifier des mesures en faveur des populations les plus affectées par la crise est encore plus dangereux que de mobiliser l'idée de "justice sociale". Avec l'idée de justice, on peut justifier absolument n'importe quoi, y compris des mesures qui vont au delà de la redistribution sociale et économique. A quand une fusion du ministère de l'économie et du ministère de la justice, pour mieux poursuivre les entrepreneurs qui licencient des innocents ?
YM, pour Libertas
- « Je leur ai dit ma détermination à aborder cette période difficile dans un esprit de responsabilité et par dessus tout de justice ».
- « L’esprit de justice, c’est de tout faire pour que la crise ne fasse pas souffrir davantage les plus fragiles d’entre nous et ne fragilise pas ceux qui travaillent dur pour faire vivre leur famille ».
- « Les dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel ou au licenciement économique devront s’engager à renoncer à leurs bonus. C’est un élément de la justice ».
- « Mais au-delà de ces mesures de justice, et la justice ce doit être une priorité en ce moment, les réformes doivent continuer (…) ».
- « Je vous propose le seul chemin qui vaille, celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité (…)».
Premièrement, l'emploi du concept de "justice" pour fonder les mesures annoncées par le Président est évidemment erroné intellectuellement... sauf dans une perspective typiquement socialiste. Cet emploi relève d'une vision du marché aussi délirante que celle ayant déjà conduit Sarkozy a proposer un découpage du profit en trois parts.
Deuxièmement, l'utilisation de ce concept plutôt que celui de "justice sociale" paraît relativement nouvelle et intriguante. Jusqu'à tout récemment, 99% de la classe politique française prônait la justice sociale sans la moindre hésitation. C'était déjà une aberration conceptuelle. Comme on le sait depuis Hayek, cette notion est fondamentalement dénuée de sens si l'on accepte la définition de la justice ordinairement acceptée dans la civilisation occidentale depuis des siècles (malheureusement, peu de libéraux sont conscients de cela). Voir à ce sujet l'éblouissant tome II de "Droit, Législation et Liberté" intitulé "Le mirage de la justice sociale" ou, pour une version plus courte de l'argument de Hayek, son article "L'atavisme de la justice sociale" dans les "Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d'économie et d'histoire des idées" aux Belles Lettres.
Jusqu'où ira cette dérive conceptuelle qu'a semblé inaugurer Sarkozy hier soir ? Difficile, à ce stade, de le dire. Osons espérer (sans trop y croire) que ce n'est qu'une erreur ponctuelle de sa part. Parler de "justice" pour justifier des mesures en faveur des populations les plus affectées par la crise est encore plus dangereux que de mobiliser l'idée de "justice sociale". Avec l'idée de justice, on peut justifier absolument n'importe quoi, y compris des mesures qui vont au delà de la redistribution sociale et économique. A quand une fusion du ministère de l'économie et du ministère de la justice, pour mieux poursuivre les entrepreneurs qui licencient des innocents ?
YM, pour Libertas
2009-02-15
Un exemple de journalisme britannique
Antoine Perraud, de Médiapart, rejoint l'analyse de Libertas, selon laquelle le journalisme français est complaisant et sert la communication, quand le journalisme anglo-saxon est incisif et sert l'information :
cf. cet article : Paxman, l'intervieweur qui manque à l'Élysée
mais on aurait aussi pu citer Jonathan Dimbleby ou, actuellement sur la BBC, Steven Sackur.
Sans compter The Economist, dont la qualité reste inégalée par les hebdomadaires francophones, et qui fait, comme Libertas le présageait il y a 3 jours, sa une virtuelle sur l'autocensure occidentale, au sujet de l'interdiction du territoire britannique du parlementaire néerlandais Geert Wilders, atteinte inouïe à la liberté d'expression dans un pays qui il y a encore peu laissait al-Muhajiroun librement appeler à la destruction de l'Occident sur Trafalgar Square, au nom de cette même liberté d'expression. (Cette organisation islamiste qui prêchait la haine a finalement été interdite, après qu'elle a dit sa satisfaction à propos des attentats du 11 septembre 2001 ; le gouvernement britannique a estimé qu'elle avait passé les bornes de l'acceptable.)
cf. cet article : Paxman, l'intervieweur qui manque à l'Élysée
mais on aurait aussi pu citer Jonathan Dimbleby ou, actuellement sur la BBC, Steven Sackur.
Sans compter The Economist, dont la qualité reste inégalée par les hebdomadaires francophones, et qui fait, comme Libertas le présageait il y a 3 jours, sa une virtuelle sur l'autocensure occidentale, au sujet de l'interdiction du territoire britannique du parlementaire néerlandais Geert Wilders, atteinte inouïe à la liberté d'expression dans un pays qui il y a encore peu laissait al-Muhajiroun librement appeler à la destruction de l'Occident sur Trafalgar Square, au nom de cette même liberté d'expression. (Cette organisation islamiste qui prêchait la haine a finalement été interdite, après qu'elle a dit sa satisfaction à propos des attentats du 11 septembre 2001 ; le gouvernement britannique a estimé qu'elle avait passé les bornes de l'acceptable.)
2009-02-13
Le Monde : Poussés par la crise, les libéraux allemands espèrent retrouver leur rôle d'arbitre
La marginalisation du libéralisme en France n'a rien d'une fatalité. Et la criiise ne renforce pas nécessairement les solutions socialistes du PS ou étatistes de l'UMP, mais est l'occasion pour les libéraux de défendre un autre projet de société, permettant l'épanouissement de chacun plutôt que le nivellement de tous.
Cf. cet article du Monde : Poussés par la crise, les libéraux allemands espèrent retrouver leur rôle d'arbitre
Cf. cet article du Monde : Poussés par la crise, les libéraux allemands espèrent retrouver leur rôle d'arbitre
2009-02-12
Londres refoule Geert Wilders
Par un acte sans précédent, le gouvernement travailliste britannique a refoulé le député néerlandais Geert Wilders, auteur de Fitna, un film controversé sur l'islamisme, à son arrivée à l'aéroport de Heathrow.
Il était attendu pour une projection de son film au Parlement de Westminster, reportée une première fois à la suite de propos du pair travailliste musulman Nazir Ahmed, baron Ahmed.
Il est à prévoir que cette décision provoquera une virulente polémique au Royaume-Uni, où la liberté d'expression est sacrée : lisez la prochaine édition de l'hebdomadaire libéral The Economist quand elle sera dans les kiosques. Il ne serait pas étonnant que ce scandale emporte prochainement la secrétaire de la maison (ministre de l'intérieur) Jacqui Smith voire la majorité travailliste au pouvoir depuis 1997.
Les libéraux authentiques critiquent vertement le libéral-démocrate Chris Huhne, qui a approuvé la décision du gouvernement.
Lien : blogs libéraux britanniques
Il était attendu pour une projection de son film au Parlement de Westminster, reportée une première fois à la suite de propos du pair travailliste musulman Nazir Ahmed, baron Ahmed.
Il est à prévoir que cette décision provoquera une virulente polémique au Royaume-Uni, où la liberté d'expression est sacrée : lisez la prochaine édition de l'hebdomadaire libéral The Economist quand elle sera dans les kiosques. Il ne serait pas étonnant que ce scandale emporte prochainement la secrétaire de la maison (ministre de l'intérieur) Jacqui Smith voire la majorité travailliste au pouvoir depuis 1997.
Les libéraux authentiques critiquent vertement le libéral-démocrate Chris Huhne, qui a approuvé la décision du gouvernement.
Lien : blogs libéraux britanniques
2009-02-11
Quand Qadhafi inspire Sarkozy
Tout rapport entre le texte ci-dessous et une récente intervention télévisée du président d'un pays européen hexagonal ne peut être que fortuite.
Extrait de la partie II du Livre Vert du Guide de la Grande Révolution de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste :
"En analysant les facteurs de production, on se rend compte qu'ils ont toujours été composés de facteurs essentiels: les matières de production, les moyens de production et les producteurs. L'équité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à la production en ait sa part, car si on élimine l'un d'entre eux, il n'y a pas de production.
Le fait que chaque élément joue un rôle essentiel et indispensable, lui confère une égalité naturelle. Celle-ci doit se traduire au niveau de la répartition de la production. Ce principe d'égalité doit s'appliquer à tous les facteurs de la production: s'ils sont deux, la part de chacun correspondra à la moitié du total, s'ils sont trois, au tiers. Il ne peut y avoir prééminence d'un élément sur l'autre car cela aboutirait à transgresser la loi naturelle et à porter atteinte au droit d'autrui.
(...)
Comme cela a été dit précédemment, l'entreprise industrielle fonctionne grâce à trois facteurs: matières premières, moyens de production et travailleurs.
La production est le résultat obtenu par les travailleurs qui utilisent le matériel pour transformer les matières premières. Ainsi les produits finis prêts à la consommation ou à l'utilisation, ont parcouru un processus qui n'aurait pu avoir lieu sans les matières premières, les usines et les travailleurs. Si un des éléments manque, il y a blocage. Sans matières premières l'usine ne pourrait fabriquer, sans usines les matières premières resteraient à l'état brut, sans travailleurs l'usine ne pourrait fonctionner.
L'égale importance des trois facteurs implique nécessairement une répartition égale du produit obtenu. C'est en fonction de cette règle naturelle que le produit sera partagé en trois parts égales, réparties entre les trois facteurs de production. Ce système a l'avantage de prendre en considération non seulement l'entreprise, mais également les producteurs et les consommateurs".
YM, pour Libertas
A lire aussi : Pascal Salin : Le profit ne se partage pas (Les Echos, 10 février 2009)
Extrait de la partie II du Livre Vert du Guide de la Grande Révolution de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste :
"En analysant les facteurs de production, on se rend compte qu'ils ont toujours été composés de facteurs essentiels: les matières de production, les moyens de production et les producteurs. L'équité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à la production en ait sa part, car si on élimine l'un d'entre eux, il n'y a pas de production.
Le fait que chaque élément joue un rôle essentiel et indispensable, lui confère une égalité naturelle. Celle-ci doit se traduire au niveau de la répartition de la production. Ce principe d'égalité doit s'appliquer à tous les facteurs de la production: s'ils sont deux, la part de chacun correspondra à la moitié du total, s'ils sont trois, au tiers. Il ne peut y avoir prééminence d'un élément sur l'autre car cela aboutirait à transgresser la loi naturelle et à porter atteinte au droit d'autrui.
(...)
Comme cela a été dit précédemment, l'entreprise industrielle fonctionne grâce à trois facteurs: matières premières, moyens de production et travailleurs.
La production est le résultat obtenu par les travailleurs qui utilisent le matériel pour transformer les matières premières. Ainsi les produits finis prêts à la consommation ou à l'utilisation, ont parcouru un processus qui n'aurait pu avoir lieu sans les matières premières, les usines et les travailleurs. Si un des éléments manque, il y a blocage. Sans matières premières l'usine ne pourrait fabriquer, sans usines les matières premières resteraient à l'état brut, sans travailleurs l'usine ne pourrait fonctionner.
L'égale importance des trois facteurs implique nécessairement une répartition égale du produit obtenu. C'est en fonction de cette règle naturelle que le produit sera partagé en trois parts égales, réparties entre les trois facteurs de production. Ce système a l'avantage de prendre en considération non seulement l'entreprise, mais également les producteurs et les consommateurs".
YM, pour Libertas
A lire aussi : Pascal Salin : Le profit ne se partage pas (Les Echos, 10 février 2009)
Jeudi 12 à Bayonne
Agenda libéral :
La Crise : Une analyse pas à pas, par Vincent Bénard
Bayonne - Conférence organisée par le cercle Frédéric Bastiat
Modalités : Jeudi 12 février 18 h précises à Bayonne
Lieu: Université, Campus de la Nive, Amphithéâtre A
Modalités : Accès libre et gratuit
N'oubliez pas que vous pouvez signaler vos événements libéraux à Libertas (il suffit de laisser un commentaire sous n'importe quel billet).
La Crise : Une analyse pas à pas, par Vincent Bénard
Bayonne - Conférence organisée par le cercle Frédéric Bastiat
Modalités : Jeudi 12 février 18 h précises à Bayonne
Lieu: Université, Campus de la Nive, Amphithéâtre A
Modalités : Accès libre et gratuit
N'oubliez pas que vous pouvez signaler vos événements libéraux à Libertas (il suffit de laisser un commentaire sous n'importe quel billet).
2009-02-10
Défaut de coordination
L'économiste Patrick Artus, dans une récente note d'analyse, pose un problème fondamental et passionnant, celui du « défaut de coordination ». Mais il apporte une réponse qui méconnaît de manière étonnante les fondements élémentaires de l'économie de marché.
Il résume son point de vue de la manière suivante :
"Les agents économiques prennent, dans les périodes de crise, des décisions qui sont individuellement rationnelles, mais collectivement irrationnelles et dangereuses. Pour l’éviter, il faudrait coordonner les actions individuelles de ces agents économiques, d’où la dénomination de « défaut de coordination ».
Les ménages peuvent ainsi choisir d’épargner davantage, ce qui est individuellement rationnel, puisque protégeant contre le risque de perte de revenu dans le futur, mais collectivement irrationnel puisque la chute induite de la demande macroéconomique fait monter le chômage et provoque cette perte de revenu. Les entreprises peuvent décider d’arrêter d’investir pour conserver leurs liquidités et éviter des difficultés financières et des risques de trésorerie, ce qui est individuellement rationnel, mais aussi collectivement irrationnel en faisant chuter les carnets de commandes des entreprises en créant les difficultés financières.
Que peut faire la politique économique ? Puisqu’il est nécessaire de corriger les externalités négatives générées par ces comportements individuels, qui oublient leurs effets macroéconomiques, il faut mettre en place les incitations nécessaires. Dans les exemples donnés ci-dessus, décourager l’épargne (taux d’intérêt très bas), décourager les licenciements (malus en cas de licenciement d’entreprises profitables), encourager l’investissement productif (amortissement accéléré, déduction fiscales…). Il faut aussi lever les causes possibles des comportements de précaution individuelle, par exemple améliorer l’indemnisation du chômage, vérifier qu’il n’y a pas de contraction anormale du crédit bancaire."
Que penser de tout cela ?
A aucun moment, Artus n'évoque sérieusement le rôle fondamental des prix dans une économie libre. C'est pourtant un mécanisme naturel, non coercitif - et donc non liberticide - qui permet d'orienter et d'équilibrer les actions des individus d'une manière infiniment plus subtile et efficace que toute régulation publique, par nature fondée sur des informations à la fois parcellaires et périmées. Ce mécanisme a été parfaitement analysé par des économistes du 19ème siècle comme Bastiat et Molinari, puis par l'école autrichienne au 20ème siècle, particulièrement par Hayek.
Ses caractéristiques sont a priori les mêmes en période de crise et en période "normale" (si tant est que cette notion ait un sens). Et l'oubli de ce mécanisme risque peu de résoudre les problèmes causés par les crises car il passe totalement à côté des causes profondes de ces crises.
Les individus agissent en comparant le coût de leur action et les avantages que cette action leur apportera. Pour cela, ils se réfèrent notamment au prix des choses : le prix des ressources à utiliser, le prix de revente envisageable, etc. Toute action des individus, dans une économie libre fondée sur le respect des droits de propriété, tend à influer sur la rareté relative et le prix relatif d'un bien (une denrée, une ressource, un service, un espace, etc.). Si tout le monde se met à acheter en même temps du Coca Cola, la production ne pourra pas s'adapter instantanément, le prix de vente montera en flèche. Cela incitera le producteur de Coca à produire davantage pour tirer profit de cette aubaine, les concurrents à produire plus de produits similaires, et les acheteurs à modérer leur passion pour cette boisson. Progressivement, les actions des individus (production, investissement, consommation) s'adapteront à la nouvelle situation. La production augmentera, la concurrence se développera, la consommation se modérera. Et un prix plus "normal" reviendra. Pour cela, nul besoin de "politique économique corrigeant les déséquilibres des actions rationnelles individuellement mais irrationnelles collectivement". Pourquoi ? Parce sur ce marché, les droits de propriété et la liberté contractuelle sont à peu près respectés. Bien sûr, dans de nombreux cas, cet ajustement spontané, cette "autorégulation" tant honnie des étatistes, ne se produit pas. Mais ce n'est pas à cause de supposées "externalités négatives" ou "défaillances du marché" : c'est parce que le jeu naturel de ce rééquilibrage est bloqué, ralenti ou dévié par d'innombrables interférences étatiques (réglementations, fiscalité). Ces interférences sont généralement conçues soit pour avantager des groupes d'intérêt dans un jeu politique normal (cf. analyses de l'école du "Public Choice"), soit pour corriger de supposés déséquilibres du marché. Dans ce dernier cas, l'intervention publique qui prétend réguler ne fait que déséquilibrer et justifier ensuite de nouvelles régulations antilibérales, sans généralement que le lien entre la cause et la conséquence ne soit perçue (dans un mécanisme typiquement décrit par Bastiat comme "ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas"). Il faut bien voir que ce cercle vicieux ne peut avoir qu'une seule conséquence ultime, s'il n'est pas interrompu à un moment ou un autre : le socialisme généralisé, c'est à dire une situation ou la liberté des prix et des contrats a pratiquement disparu à force d'être limitée, encadrée, régulée.
L'argumentation d'Artus présente deux limites majeures. D'une part, il n'explique pas les causes fondamentales des comportements "déséquilibrants" : ces comportements ne sont-ils pas des réponses à des incitations déjà en place sous la forme des multiples réglementations et prélèvements obligatoires présents à tous les stades et à tous les niveaux des économies contemporaines ? D'autre part, il ne démontre à aucun moment que les incitations à mettre en place par les politiques publiques règleraient vraiment les déséquilibres sans causer de nouveaux effets pervers.
C'est ce qu'Hayek appellerait sans doute une forme de "présomption fatale".
YM, pour Libertas
A lire aussi : Pascal Salin : Le profit ne se partage pas (Les Echos, 10 février 2009)
Il résume son point de vue de la manière suivante :
"Les agents économiques prennent, dans les périodes de crise, des décisions qui sont individuellement rationnelles, mais collectivement irrationnelles et dangereuses. Pour l’éviter, il faudrait coordonner les actions individuelles de ces agents économiques, d’où la dénomination de « défaut de coordination ».
Les ménages peuvent ainsi choisir d’épargner davantage, ce qui est individuellement rationnel, puisque protégeant contre le risque de perte de revenu dans le futur, mais collectivement irrationnel puisque la chute induite de la demande macroéconomique fait monter le chômage et provoque cette perte de revenu. Les entreprises peuvent décider d’arrêter d’investir pour conserver leurs liquidités et éviter des difficultés financières et des risques de trésorerie, ce qui est individuellement rationnel, mais aussi collectivement irrationnel en faisant chuter les carnets de commandes des entreprises en créant les difficultés financières.
Que peut faire la politique économique ? Puisqu’il est nécessaire de corriger les externalités négatives générées par ces comportements individuels, qui oublient leurs effets macroéconomiques, il faut mettre en place les incitations nécessaires. Dans les exemples donnés ci-dessus, décourager l’épargne (taux d’intérêt très bas), décourager les licenciements (malus en cas de licenciement d’entreprises profitables), encourager l’investissement productif (amortissement accéléré, déduction fiscales…). Il faut aussi lever les causes possibles des comportements de précaution individuelle, par exemple améliorer l’indemnisation du chômage, vérifier qu’il n’y a pas de contraction anormale du crédit bancaire."
Que penser de tout cela ?
A aucun moment, Artus n'évoque sérieusement le rôle fondamental des prix dans une économie libre. C'est pourtant un mécanisme naturel, non coercitif - et donc non liberticide - qui permet d'orienter et d'équilibrer les actions des individus d'une manière infiniment plus subtile et efficace que toute régulation publique, par nature fondée sur des informations à la fois parcellaires et périmées. Ce mécanisme a été parfaitement analysé par des économistes du 19ème siècle comme Bastiat et Molinari, puis par l'école autrichienne au 20ème siècle, particulièrement par Hayek.
Ses caractéristiques sont a priori les mêmes en période de crise et en période "normale" (si tant est que cette notion ait un sens). Et l'oubli de ce mécanisme risque peu de résoudre les problèmes causés par les crises car il passe totalement à côté des causes profondes de ces crises.
Les individus agissent en comparant le coût de leur action et les avantages que cette action leur apportera. Pour cela, ils se réfèrent notamment au prix des choses : le prix des ressources à utiliser, le prix de revente envisageable, etc. Toute action des individus, dans une économie libre fondée sur le respect des droits de propriété, tend à influer sur la rareté relative et le prix relatif d'un bien (une denrée, une ressource, un service, un espace, etc.). Si tout le monde se met à acheter en même temps du Coca Cola, la production ne pourra pas s'adapter instantanément, le prix de vente montera en flèche. Cela incitera le producteur de Coca à produire davantage pour tirer profit de cette aubaine, les concurrents à produire plus de produits similaires, et les acheteurs à modérer leur passion pour cette boisson. Progressivement, les actions des individus (production, investissement, consommation) s'adapteront à la nouvelle situation. La production augmentera, la concurrence se développera, la consommation se modérera. Et un prix plus "normal" reviendra. Pour cela, nul besoin de "politique économique corrigeant les déséquilibres des actions rationnelles individuellement mais irrationnelles collectivement". Pourquoi ? Parce sur ce marché, les droits de propriété et la liberté contractuelle sont à peu près respectés. Bien sûr, dans de nombreux cas, cet ajustement spontané, cette "autorégulation" tant honnie des étatistes, ne se produit pas. Mais ce n'est pas à cause de supposées "externalités négatives" ou "défaillances du marché" : c'est parce que le jeu naturel de ce rééquilibrage est bloqué, ralenti ou dévié par d'innombrables interférences étatiques (réglementations, fiscalité). Ces interférences sont généralement conçues soit pour avantager des groupes d'intérêt dans un jeu politique normal (cf. analyses de l'école du "Public Choice"), soit pour corriger de supposés déséquilibres du marché. Dans ce dernier cas, l'intervention publique qui prétend réguler ne fait que déséquilibrer et justifier ensuite de nouvelles régulations antilibérales, sans généralement que le lien entre la cause et la conséquence ne soit perçue (dans un mécanisme typiquement décrit par Bastiat comme "ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas"). Il faut bien voir que ce cercle vicieux ne peut avoir qu'une seule conséquence ultime, s'il n'est pas interrompu à un moment ou un autre : le socialisme généralisé, c'est à dire une situation ou la liberté des prix et des contrats a pratiquement disparu à force d'être limitée, encadrée, régulée.
L'argumentation d'Artus présente deux limites majeures. D'une part, il n'explique pas les causes fondamentales des comportements "déséquilibrants" : ces comportements ne sont-ils pas des réponses à des incitations déjà en place sous la forme des multiples réglementations et prélèvements obligatoires présents à tous les stades et à tous les niveaux des économies contemporaines ? D'autre part, il ne démontre à aucun moment que les incitations à mettre en place par les politiques publiques règleraient vraiment les déséquilibres sans causer de nouveaux effets pervers.
C'est ce qu'Hayek appellerait sans doute une forme de "présomption fatale".
YM, pour Libertas
A lire aussi : Pascal Salin : Le profit ne se partage pas (Les Echos, 10 février 2009)
2009-02-09
Journal de bord de la crise 10
L'État se mêle d'automobile, il est donc temps pour moi d'en sortir. J'ai vendu mes actions PSA Peugeot-Citroën, en profitant de la hausse de 3 % engendrée par la nouvelle du prêt. Le prêt est coûteux, et il implique la "modération" des dividendes, qui sont pourtant tout ce qu'il reste à l'investisseur qui a perdu la plus grande part de son capital. Si l'État voulait faire plonger le secteur qu'il "aide", il ne s'y prendrait pas autrement. Je passe sur la contradiction avec le Grenelle de l'environnement (on paye pour faire moins de voitures, et on paye encore pour faire plus de voitures). Ne pas oublier que la production automobile a chuté de 75 % en 1929. Par ailleurs, les 6 milliards d'euros prêtés à Peugeot et Renault (ce qui se voit) n'iront pas financer d'autres entrepreneurs (ce qui ne se voit pas).Je réinvestis mes billes, ou ce qu'il en reste, chez Lafarge. A priori, c'est moins glamour que les yaourts, la banque ou l'automobile, l'Etat devrait laisser cette entreprise tranquille.
Jacques Chirac ne pensait qu'à l'agriculture,
Nicolas Sarkozy ne pense qu'à l'industrie,
le prochain président s'apercevra peut-être que la majorité des Français travaille dans les services.
2009-02-06
Journal de bord de la crise 9
- Je suis désormais convaincu que nous sommes à l'aube d'un effondrement de la valeur du dollar, qui est une phase inévitable pour que les dirigeants du G20 considèrent une réforme profonde du système monétaire international. Il serait probablement souhaitable de revenir à une forme d'étalon-or. Evidemment, ce serait mieux de réformer le système monétaire avant ce tsunami financier, mais nul n'en aura le courage, et probablement nul n'en a le pouvoir.
- Je conseille à chacun de détenir 1 à 2 % de ses avoirs sous forme de métaux précieux (or ou platine).
- J'ai racheté quelques actions (Lafarge, si vous voulez savoir lesquelles).
- L'essentiel de mes dividendes de l'année seront consacrés à l'achat d'or physique ou d'un bien tangible (place de parking par exemple).
- Remarquable série d'articles de Tropical Bear sur le keynésianisme.
- Si les analyses des causes et des remèdes à la crise de 1929 divergent profondément, tout le monde s'accorde sur le rôle nocif qu'a joué à cette époque le retour du protectionnisme, qui a aggravé la situation. Pourtant, dans la crise actuelle, après avoir juré qu'il n'en serait rien, les dirigeants français cèdent aujourd'hui à cette tentation délétère : Christine Lagarde a déclaré récemment qu'il s'agissait d'un "mal nécessaire", avant de se raviser ; et Nicolas Sarkozy, hier, à la télévision, critiquait les investissements français en Tchéquie. Les Tchèques ne sont-ils pas des Européens comme nous ? Ils ont bien mérité de l'Europe, après des décennies de joug communiste, otages du rideau de fer soviétique. Imagine-t-on le gouverneur de Californie dénoncer les constructions automobiles du Michigan ? Je reconnais autant de valeur à un emploi bulgare qu'à un emploi luxembourgeois ou portugais. Attiser les jalousies nationales est un jeu antilibéral, anti-européen et dangereux.
- Les solutions ne viendront pas de l'État, mais seront individuelles : chacun doit d'abord compter sur lui-même, sur son activité propre, sur les changements nécessaires pour rester profitable. Seulement sur la profitabilité individuelle de chacun des agents économiques pourra se reconstruire une économie viable. Ne rien attendre de bon de l'Etat, qui ne sera que dépense, dette et impôt. Les aides à la consommation qui seront extorquées par la pression populaire ne seront que cautère sur une jambe de bois.
- Mise à jour 2009-02-07 : Bêtisier présidentiel : quelques erreurs significatives lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy de jeudi, mises en évidence par Jean-François Couvrat ; la plus grave est l'ignorance du poids des services (financiers et non financiers) dans notre économie : les hommes politiques français ont une grande considération pour l'agriculture et l'industrie, dont ils parlent, auxquels ils manifestent leur sollicitude, visitant comices agricoles et usines, mais négligent la part la plus importante de l'économie d'aujourd'hui...
Liens :
- Objectif Liberté
- Tropical Bear
- Blogue du QL
- Peter Schiff
- Je conseille à chacun de détenir 1 à 2 % de ses avoirs sous forme de métaux précieux (or ou platine).
- J'ai racheté quelques actions (Lafarge, si vous voulez savoir lesquelles).
- L'essentiel de mes dividendes de l'année seront consacrés à l'achat d'or physique ou d'un bien tangible (place de parking par exemple).
- Remarquable série d'articles de Tropical Bear sur le keynésianisme.
- Si les analyses des causes et des remèdes à la crise de 1929 divergent profondément, tout le monde s'accorde sur le rôle nocif qu'a joué à cette époque le retour du protectionnisme, qui a aggravé la situation. Pourtant, dans la crise actuelle, après avoir juré qu'il n'en serait rien, les dirigeants français cèdent aujourd'hui à cette tentation délétère : Christine Lagarde a déclaré récemment qu'il s'agissait d'un "mal nécessaire", avant de se raviser ; et Nicolas Sarkozy, hier, à la télévision, critiquait les investissements français en Tchéquie. Les Tchèques ne sont-ils pas des Européens comme nous ? Ils ont bien mérité de l'Europe, après des décennies de joug communiste, otages du rideau de fer soviétique. Imagine-t-on le gouverneur de Californie dénoncer les constructions automobiles du Michigan ? Je reconnais autant de valeur à un emploi bulgare qu'à un emploi luxembourgeois ou portugais. Attiser les jalousies nationales est un jeu antilibéral, anti-européen et dangereux.
- Les solutions ne viendront pas de l'État, mais seront individuelles : chacun doit d'abord compter sur lui-même, sur son activité propre, sur les changements nécessaires pour rester profitable. Seulement sur la profitabilité individuelle de chacun des agents économiques pourra se reconstruire une économie viable. Ne rien attendre de bon de l'Etat, qui ne sera que dépense, dette et impôt. Les aides à la consommation qui seront extorquées par la pression populaire ne seront que cautère sur une jambe de bois.
- Mise à jour 2009-02-07 : Bêtisier présidentiel : quelques erreurs significatives lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy de jeudi, mises en évidence par Jean-François Couvrat ; la plus grave est l'ignorance du poids des services (financiers et non financiers) dans notre économie : les hommes politiques français ont une grande considération pour l'agriculture et l'industrie, dont ils parlent, auxquels ils manifestent leur sollicitude, visitant comices agricoles et usines, mais négligent la part la plus importante de l'économie d'aujourd'hui...
Liens :
- Objectif Liberté
- Tropical Bear
- Blogue du QL
- Peter Schiff
2009-02-05
Pourquoi je ne serai pas auto-entrepreneur
Magnifique, le Parlement vient de créer le statut d'auto-entrepreneur.
Las, il n'a pas pu s'empêcher d'y ajouter des seuils. Résultat : tous les citoyens n'ont pas accès à ce dispositif, pourtant apparemment excellent pour la période d'amorçage d'une nouvelle activité.
"Afin de bénéficier du statut d'auto-entrepreneur (pour la partie fiscale), il faut avoir déclaré l'année précédente un revenu imposable inférieur ou égal au plafond de la 4ème tranche d'imposition, soit 25.195 euros en 2007 par part de quotient familial. Une personne célibataire ne devra donc pas avoir déclaré plus de 25.195 euros, une personne en couple 50.390 euros etc... Cette limite de revenu éloigne donc une partie de la population de la mesure, dont l'essentiel des cadres célibataires." (Wikipédia)
Las, il n'a pas pu s'empêcher d'y ajouter des seuils. Résultat : tous les citoyens n'ont pas accès à ce dispositif, pourtant apparemment excellent pour la période d'amorçage d'une nouvelle activité.
"Afin de bénéficier du statut d'auto-entrepreneur (pour la partie fiscale), il faut avoir déclaré l'année précédente un revenu imposable inférieur ou égal au plafond de la 4ème tranche d'imposition, soit 25.195 euros en 2007 par part de quotient familial. Une personne célibataire ne devra donc pas avoir déclaré plus de 25.195 euros, une personne en couple 50.390 euros etc... Cette limite de revenu éloigne donc une partie de la population de la mesure, dont l'essentiel des cadres célibataires." (Wikipédia)
Le libéralisme entraîne une inflation législative
Transmis par un ami de Libertas :
« Le programme d'un colloque sur la "bureaucratisation néo-libérale" (incroyable concept) organisé par Jean-François Bayart avec le soutien du Quai d'Orsay et de l'AFD. On y lit des choses aussi délirantes que "Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire" : http://www.fasopo.org/agenda/06022009_FR.pdf »
Commentaire de Libertas : on peut se demander si le ou les auteurs anonymes de ce texte ont la moindre compréhension de l'essence du libéralisme, qui suppose précisément moins de bureaucratie, moins de normes générales, plus de liberté, plus de contrats, moins de contrôle a priori, et plus de responsabilité a posteriori. Ils semblent qualifier la société actuelle de "néolibérale", alors qu'un libéral aurait plutôt tendance à considérer qu'elle est en voie de socialisation constante, comme en témoigne la progression ininterrompue des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques en proportion de la richesse produite, ainsi que l'inflation réglementaire. En qualifiant une société socialiste de libérale, on arrive à faire dire que le libéralisme entraîne une inflation normative, est interventionniste et économiquement dirigiste, ce qui est inepte, voire mensonger. Travestir le libéralisme pour mieux le décrier. Un artifice déjà dénoncé par le regretté Jean-François Revel dans son fameux essai : La grande parade, essai sur la survie de l'utopie socialiste : rejeter les maux du socialisme sur ce qu'il reste de liberté dans le pays constitue un écran de fumée, qui permet de prémunir la collectivisation réelle (cf. le logement) contre toute analyse critique.
Cela dit, ce texte semble dénoncer la bureaucratisation "néolibérale", qu'un libéral appellerait plutôt la bureaucratisation inhérente à une société illibérale, collectiviste ; mais si tous s'accordent sur l'excès de bureaucratie, il existe un terrain d'entente : la promotion de la liberté individuelle contre la servitude bureaucratique.
Le texte de présentation du colloque :
REASOPO : Réseau européen d'analyse des sociétés politiques
La Bureaucratisation du monde
Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques
Paris, les 5 et 6 février 2009
Université Paris-I Panthéon Sorbonne
Place de la Sorbonne
75005 – Paris
Le néolibéralisme ne signe pas la mort de l’interventionnisme, ni même du dirigisme économique. Il est d’abord un projet politique de réaffirmation du politique. Il promeut un «gouvernement indirect privé», un «gouvernement à distance» grâce à la «privatisation de l’Etat». Sur la base de ce constat que partagent, chacun à leur manière, les études de politique publique, les travaux d’inspiration polanyienne et les recherches néo-foucaldiennes, la Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques se propose de réfléchir sur la dimension bureaucratique des dispositifs économiques contemporains d’exercice du pouvoir. Ceux-ci sont évidents dans la sphère de l’Etat, fût-il «minimum», mais ils se retrouvent aussi dans le monde de l’entreprise et dans l’ensemble de la société. Max Weber et Karl Polanyi avaient compris que la contrainte juridico-administrative n’est pas propre à l’Etat stricto sensu. Elle caractérise également les institutions sociales, à commencer par les institutions économiques et les entreprises elles-mêmes. Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire qui est la condition paradoxale du démantèlement des obstacles à la marchandisation des facteurs de production : la terre, le capital, le travail.
La multiplication des règles, les processus de standardisation et de quantification, la prolifération des «documents», des «papiers» évidemment «stratégiques», des manuels de procédure, des normes de certification, des «indicateurs de performance» et autres «chartes éthiques» sont inhérents à l’institutionnalisation du néolibéralisme. La vie politique, les collectivités locales, le marché, la sécurité intérieure et internationale, la protection sociale, l’environnement, la «société civile» des organisations non gouvernementales mais pas moins bureaucratiques, la diplomatie, les organisations multilatérales, les agences de régulation indépendante, l’aide au développement n’échappent pas à cette évolution. Celle-ci enferme les sociétés dites libérales dans l’«habitacle de la servitude» dont nous parlait Max Weber : celui de la bureaucratie. Elle équivaut à une production sociale de l’indifférence qui, sous couvert de lois, de réglementations, de procédures, de normes, de techniques et de plus en plus de biotechniques, rend possible, à un moindre coût politique et constitutionnel, l’usage d’une coercition à visage humain et démocratique, par exemple dans le domaine des migrations, de la santé publique, de la solidarité.
« Le programme d'un colloque sur la "bureaucratisation néo-libérale" (incroyable concept) organisé par Jean-François Bayart avec le soutien du Quai d'Orsay et de l'AFD. On y lit des choses aussi délirantes que "Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire" : http://www.fasopo.org/agenda/06022009_FR.pdf »
Commentaire de Libertas : on peut se demander si le ou les auteurs anonymes de ce texte ont la moindre compréhension de l'essence du libéralisme, qui suppose précisément moins de bureaucratie, moins de normes générales, plus de liberté, plus de contrats, moins de contrôle a priori, et plus de responsabilité a posteriori. Ils semblent qualifier la société actuelle de "néolibérale", alors qu'un libéral aurait plutôt tendance à considérer qu'elle est en voie de socialisation constante, comme en témoigne la progression ininterrompue des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques en proportion de la richesse produite, ainsi que l'inflation réglementaire. En qualifiant une société socialiste de libérale, on arrive à faire dire que le libéralisme entraîne une inflation normative, est interventionniste et économiquement dirigiste, ce qui est inepte, voire mensonger. Travestir le libéralisme pour mieux le décrier. Un artifice déjà dénoncé par le regretté Jean-François Revel dans son fameux essai : La grande parade, essai sur la survie de l'utopie socialiste : rejeter les maux du socialisme sur ce qu'il reste de liberté dans le pays constitue un écran de fumée, qui permet de prémunir la collectivisation réelle (cf. le logement) contre toute analyse critique.
Cela dit, ce texte semble dénoncer la bureaucratisation "néolibérale", qu'un libéral appellerait plutôt la bureaucratisation inhérente à une société illibérale, collectiviste ; mais si tous s'accordent sur l'excès de bureaucratie, il existe un terrain d'entente : la promotion de la liberté individuelle contre la servitude bureaucratique.
Le texte de présentation du colloque :
REASOPO : Réseau européen d'analyse des sociétés politiques
La Bureaucratisation du monde
Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques
Paris, les 5 et 6 février 2009
Université Paris-I Panthéon Sorbonne
Place de la Sorbonne
75005 – Paris
Le néolibéralisme ne signe pas la mort de l’interventionnisme, ni même du dirigisme économique. Il est d’abord un projet politique de réaffirmation du politique. Il promeut un «gouvernement indirect privé», un «gouvernement à distance» grâce à la «privatisation de l’Etat». Sur la base de ce constat que partagent, chacun à leur manière, les études de politique publique, les travaux d’inspiration polanyienne et les recherches néo-foucaldiennes, la Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques se propose de réfléchir sur la dimension bureaucratique des dispositifs économiques contemporains d’exercice du pouvoir. Ceux-ci sont évidents dans la sphère de l’Etat, fût-il «minimum», mais ils se retrouvent aussi dans le monde de l’entreprise et dans l’ensemble de la société. Max Weber et Karl Polanyi avaient compris que la contrainte juridico-administrative n’est pas propre à l’Etat stricto sensu. Elle caractérise également les institutions sociales, à commencer par les institutions économiques et les entreprises elles-mêmes. Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire qui est la condition paradoxale du démantèlement des obstacles à la marchandisation des facteurs de production : la terre, le capital, le travail.
La multiplication des règles, les processus de standardisation et de quantification, la prolifération des «documents», des «papiers» évidemment «stratégiques», des manuels de procédure, des normes de certification, des «indicateurs de performance» et autres «chartes éthiques» sont inhérents à l’institutionnalisation du néolibéralisme. La vie politique, les collectivités locales, le marché, la sécurité intérieure et internationale, la protection sociale, l’environnement, la «société civile» des organisations non gouvernementales mais pas moins bureaucratiques, la diplomatie, les organisations multilatérales, les agences de régulation indépendante, l’aide au développement n’échappent pas à cette évolution. Celle-ci enferme les sociétés dites libérales dans l’«habitacle de la servitude» dont nous parlait Max Weber : celui de la bureaucratie. Elle équivaut à une production sociale de l’indifférence qui, sous couvert de lois, de réglementations, de procédures, de normes, de techniques et de plus en plus de biotechniques, rend possible, à un moindre coût politique et constitutionnel, l’usage d’une coercition à visage humain et démocratique, par exemple dans le domaine des migrations, de la santé publique, de la solidarité.
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