2009-02-09

Journal de bord de la crise 10

L'État se mêle d'automobile, il est donc temps pour moi d'en sortir. J'ai vendu mes actions PSA Peugeot-Citroën, en profitant de la hausse de 3 % engendrée par la nouvelle du prêt. Le prêt est coûteux, et il implique la "modération" des dividendes, qui sont pourtant tout ce qu'il reste à l'investisseur qui a perdu la plus grande part de son capital. Si l'État voulait faire plonger le secteur qu'il "aide", il ne s'y prendrait pas autrement. Je passe sur la contradiction avec le Grenelle de l'environnement (on paye pour faire moins de voitures, et on paye encore pour faire plus de voitures). Ne pas oublier que la production automobile a chuté de 75 % en 1929. Par ailleurs, les 6 milliards d'euros prêtés à Peugeot et Renault (ce qui se voit) n'iront pas financer d'autres entrepreneurs (ce qui ne se voit pas).

Je réinvestis mes billes, ou ce qu'il en reste, chez Lafarge. A priori, c'est moins glamour que les yaourts, la banque ou l'automobile, l'Etat devrait laisser cette entreprise tranquille.

Jacques Chirac ne pensait qu'à l'agriculture,
Nicolas Sarkozy ne pense qu'à l'industrie,
le prochain président s'apercevra peut-être que la majorité des Français travaille dans les services.

2009-02-06

Journal de bord de la crise 9

- Je suis désormais convaincu que nous sommes à l'aube d'un effondrement de la valeur du dollar, qui est une phase inévitable pour que les dirigeants du G20 considèrent une réforme profonde du système monétaire international. Il serait probablement souhaitable de revenir à une forme d'étalon-or. Evidemment, ce serait mieux de réformer le système monétaire avant ce tsunami financier, mais nul n'en aura le courage, et probablement nul n'en a le pouvoir.

- Je conseille à chacun de détenir 1 à 2 % de ses avoirs sous forme de métaux précieux (or ou platine).

- J'ai racheté quelques actions (Lafarge, si vous voulez savoir lesquelles).

- L'essentiel de mes dividendes de l'année seront consacrés à l'achat d'or physique ou d'un bien tangible (place de parking par exemple).

- Remarquable série d'articles de Tropical Bear sur le keynésianisme.

- Si les analyses des causes et des remèdes à la crise de 1929 divergent profondément, tout le monde s'accorde sur le rôle nocif qu'a joué à cette époque le retour du protectionnisme, qui a aggravé la situation. Pourtant, dans la crise actuelle, après avoir juré qu'il n'en serait rien, les dirigeants français cèdent aujourd'hui à cette tentation délétère : Christine Lagarde a déclaré récemment qu'il s'agissait d'un "mal nécessaire", avant de se raviser ; et Nicolas Sarkozy, hier, à la télévision, critiquait les investissements français en Tchéquie. Les Tchèques ne sont-ils pas des Européens comme nous ? Ils ont bien mérité de l'Europe, après des décennies de joug communiste, otages du rideau de fer soviétique. Imagine-t-on le gouverneur de Californie dénoncer les constructions automobiles du Michigan ? Je reconnais autant de valeur à un emploi bulgare qu'à un emploi luxembourgeois ou portugais. Attiser les jalousies nationales est un jeu antilibéral, anti-européen et dangereux.

- Les solutions ne viendront pas de l'État, mais seront individuelles : chacun doit d'abord compter sur lui-même, sur son activité propre, sur les changements nécessaires pour rester profitable. Seulement sur la profitabilité individuelle de chacun des agents économiques pourra se reconstruire une économie viable. Ne rien attendre de bon de l'Etat, qui ne sera que dépense, dette et impôt. Les aides à la consommation qui seront extorquées par la pression populaire ne seront que cautère sur une jambe de bois.

- Mise à jour 2009-02-07 : Bêtisier présidentiel : quelques erreurs significatives lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy de jeudi, mises en évidence par Jean-François Couvrat ; la plus grave est l'ignorance du poids des services (financiers et non financiers) dans notre économie : les hommes politiques français ont une grande considération pour l'agriculture et l'industrie, dont ils parlent, auxquels ils manifestent leur sollicitude, visitant comices agricoles et usines, mais négligent la part la plus importante de l'économie d'aujourd'hui...

Liens :
- Objectif Liberté
- Tropical Bear
- Blogue du QL
- Peter Schiff

2009-02-05

Pourquoi je ne serai pas auto-entrepreneur

Magnifique, le Parlement vient de créer le statut d'auto-entrepreneur.

Las, il n'a pas pu s'empêcher d'y ajouter des seuils. Résultat : tous les citoyens n'ont pas accès à ce dispositif, pourtant apparemment excellent pour la période d'amorçage d'une nouvelle activité.

"Afin de bénéficier du statut d'auto-entrepreneur (pour la partie fiscale), il faut avoir déclaré l'année précédente un revenu imposable inférieur ou égal au plafond de la 4ème tranche d'imposition, soit 25.195 euros en 2007 par part de quotient familial. Une personne célibataire ne devra donc pas avoir déclaré plus de 25.195 euros, une personne en couple 50.390 euros etc... Cette limite de revenu éloigne donc une partie de la population de la mesure, dont l'essentiel des cadres célibataires." (Wikipédia)

Dernières parutions

Le libéralisme entraîne une inflation législative

Transmis par un ami de Libertas :
« Le programme d'un colloque sur la "bureaucratisation néo-libérale" (incroyable concept) organisé par Jean-François Bayart avec le soutien du Quai d'Orsay et de l'AFD. On y lit des choses aussi délirantes que "Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire" : http://www.fasopo.org/agenda/06022009_FR.pdf »

Commentaire de Libertas : on peut se demander si le ou les auteurs anonymes de ce texte ont la moindre compréhension de l'essence du libéralisme, qui suppose précisément moins de bureaucratie, moins de normes générales, plus de liberté, plus de contrats, moins de contrôle a priori, et plus de responsabilité a posteriori. Ils semblent qualifier la société actuelle de "néolibérale", alors qu'un libéral aurait plutôt tendance à considérer qu'elle est en voie de socialisation constante, comme en témoigne la progression ininterrompue des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques en proportion de la richesse produite, ainsi que l'inflation réglementaire. En qualifiant une société socialiste de libérale, on arrive à faire dire que le libéralisme entraîne une inflation normative, est interventionniste et économiquement dirigiste, ce qui est inepte, voire mensonger. Travestir le libéralisme pour mieux le décrier. Un artifice déjà dénoncé par le regretté Jean-François Revel dans son fameux essai : La grande parade, essai sur la survie de l'utopie socialiste : rejeter les maux du socialisme sur ce qu'il reste de liberté dans le pays constitue un écran de fumée, qui permet de prémunir la collectivisation réelle (cf. le logement) contre toute analyse critique.
Cela dit, ce texte semble dénoncer la bureaucratisation "néolibérale", qu'un libéral appellerait plutôt la bureaucratisation inhérente à une société illibérale, collectiviste ; mais si tous s'accordent sur l'excès de bureaucratie, il existe un terrain d'entente : la promotion de la liberté individuelle contre la servitude bureaucratique.

Le texte de présentation du colloque :

REASOPO : Réseau européen d'analyse des sociétés politiques
La Bureaucratisation du monde
Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques
Paris, les 5 et 6 février 2009
Université Paris-I Panthéon Sorbonne
Place de la Sorbonne
75005 – Paris
Le néolibéralisme ne signe pas la mort de l’interventionnisme, ni même du dirigisme économique. Il est d’abord un projet politique de réaffirmation du politique. Il promeut un «gouvernement indirect privé», un «gouvernement à distance» grâce à la «privatisation de l’Etat». Sur la base de ce constat que partagent, chacun à leur manière, les études de politique publique, les travaux d’inspiration polanyienne et les recherches néo-foucaldiennes, la Deuxième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques se propose de réfléchir sur la dimension bureaucratique des dispositifs économiques contemporains d’exercice du pouvoir. Ceux-ci sont évidents dans la sphère de l’Etat, fût-il «minimum», mais ils se retrouvent aussi dans le monde de l’entreprise et dans l’ensemble de la société. Max Weber et Karl Polanyi avaient compris que la contrainte juridico-administrative n’est pas propre à l’Etat stricto sensu. Elle caractérise également les institutions sociales, à commencer par les institutions économiques et les entreprises elles-mêmes. Le libéralisme entraîne aussi une inflation législative et réglementaire qui est la condition paradoxale du démantèlement des obstacles à la marchandisation des facteurs de production : la terre, le capital, le travail.
La multiplication des règles, les processus de standardisation et de quantification, la prolifération des «documents», des «papiers» évidemment «stratégiques», des manuels de procédure, des normes de certification, des «indicateurs de performance» et autres «chartes éthiques» sont inhérents à l’institutionnalisation du néolibéralisme. La vie politique, les collectivités locales, le marché, la sécurité intérieure et internationale, la protection sociale, l’environnement, la «société civile» des organisations non gouvernementales mais pas moins bureaucratiques, la diplomatie, les organisations multilatérales, les agences de régulation indépendante, l’aide au développement n’échappent pas à cette évolution. Celle-ci enferme les sociétés dites libérales dans l’«habitacle de la servitude» dont nous parlait Max Weber : celui de la bureaucratie. Elle équivaut à une production sociale de l’indifférence qui, sous couvert de lois, de réglementations, de procédures, de normes, de techniques et de plus en plus de biotechniques, rend possible, à un moindre coût politique et constitutionnel, l’usage d’une coercition à visage humain et démocratique, par exemple dans le domaine des migrations, de la santé publique, de la solidarité.

2009-01-30

UMP : qui a encore peur de Nicolas Sarkozy ?

Roland Hureaux (Liberté politique) livre une analyse intéressante : le pouvoir autoritaire du président est assis sur une crainte intéressée de ses courtisans qui va s'évanouir, car il n'y a aucune chance que Nicolas Sarkozy soit réélu en 2012. Pour comprendre pourquoi, il faut lire l'article : UMP : qui a encore peur de Nicolas Sarkozy ?

2009-01-28

Fin du Réseau Liberté ?

Jacques Gautron annonce qu'il cessera peut-être de mettre à jour le site du Réseau Liberté, faute de soutien : nombre d'associations libérales ne l'alimentent pas ou plus en informations. Qu'il soit remercié pour tout ce qu'il a fait pour la cause de la liberté en France.

Il écrit toutefois que quelqu'un se serait proposé pour l'aider à faire vivre le site. Souhaitons que cela fonctionne, c'était une source précieuse pour les conférences, débats, manifestations, etc.

Un inconvénient était qu'il fallait aller régulièrement sur le site pour aller chercher les informations. Il aurait fallu une lettre d'information envoyée par courriel, comme le faisait auparavant Douce de Franclieu, mais il est certain que cela demande beaucoup de temps à préparer ! Peut-être une amélioration à prévoir si le site est refondu.

En tout cas, Libertas est prêt à relayer toute annonce d'événement à caractère libéral. Vous pouvez prendre contact en laissant un commentaire sous n'importe quel billet.

Communiqué du PLD sur la grève du 29 janvier 2009

Libertas relaie un communiqué reçu du Parti libéral démocrate :

En réponse à une grève indécente, ouvrons à la concurrence des transports en commun

Jeudi 29 janvier, en pleine crise économique, une grève générale prendra à nouveau les Français en otages. Les syndicats défendront une fois de plus les intérêts corporatistes de professions à l’abri du chômage. Sud-Rail, la CGT et FO y ajouteront leurs revendications idéologiques, ouvertement anticapitalistes. Après plusieurs semaines de blocages ponctuels qui ont pesé sur la vie des usagers, cette journée signe l’échec définitif de la loi sur le service minimum. Celle-ci est régulièrement contournée, quand elle n’est pas purement et simplement violée au plus grand mépris des « usagers ». Le Parti Libéral Democrate demande une mesure pratique bien plus efficace qui devrait profiter aux millions de clients des transports en communs : leur ouverture à la concurrence.

La grève est un droit, à condition de respecter celui des autres de pouvoir se déplacer, emmener ses enfants à l’école et travailler. Surtout qu’en période de récession, notre qualité de vie menacée exige que nous redoublions d’efforts pour favoriser la reprise. Le piétinement de ces droits élémentaires par les syndicats mobilisés traduit leur mépris pour le peuple et leur irresponsabilité. Manifestement, la vision du service public de nos syndicats n’est pas compatible avec le respect que toute entreprise devrait afficher à l’égard de sa clientèle. Ce comportement voyou impose une évolution profonde du modèle de service public. Pour le Parti Libéral, tout service public doit d’abord être au service du public, pas des intérêts catégoriels d’une profession. Actuellement public et monopolistique, il doit s’ouvrir à la concurrence du secteur privé.

Une mise en concurrence des transports en commun favoriserait alors l’ouverture de nouvelles lignes de bus entre zones non desservies, sur des trajets express ou en renforcement de lignes actuellement mal assurées. Cet enrichissement de l’offre de lignes de bus améliorerait le service général et faciliterait nos déplacements pour un prix du ticket plus faible. C’est donc le meilleur moyen d’améliorer le service et de diversifier les lignes en fonction des besoins des clients. C’est aussi la garantie de disposer d’alternatives aux lignes bloquées pour éviter les prises d’otage répétées.

Site : lepartiliberal.fr

2009-01-27

Lettre ouverte aux députés

(Le riant logement social de Bratislava - source : Commons)

"Dans quelques jours, vous débattrez du projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion. Loin de répondre à l'urgence en matière d'hébergement et aux besoins de logements économiquement accesibles, ce texte prévoit de précariser encore plus des populations fragiles en facilitant les expulsions et en remettant en cause le droit au maintien dans les lieux pour les locataires du logement social. Ce projet porte, en outre, gravement atteinte à la mixité sociale en réservant les HLM aux plus pauvres.

(...) Toute personne le désirant doit se voir garantir un logement stable par l'Etat (ce que d'ailleurs la loi DALO dispose dans ses articles 1 et 4).

(...) La mixité sociale qui est l'un des fondements de notre pacte républicain, ne peut se satisfaire d'une politique qui viserait à réserver uniquement le logement social aux plus pauvres, aggravant davantage encore la formation de véritables ghettos en périphérie de nos villes. Il ne s'agit pas d'opposer les besoins des classes moyennes ou modestes à ceux des plus pauvres, mais de bâtir une politique logement capable de renforcer notre cohésion sociale.

(...) Pour toutes ces raisons, parce que notre société exige la mise en place d'une autre politique de l'habitat volontariste basée sur :
- le développement de la production de logements sociaux, (...)
- la garantie de la pérennité et de l'intégrité du "1 % logement" et une utilisation des fonds récoltés conforme aux missions d'intérêt général définies par les partenaires sociaux
- la fin du désengagement financier de l'Etat (moins 7 % au budget de l'Etat pour 2009).

(...) Les organisations signataires refusent ce texte et demandent la mise en place de moyens financiers et budgétaires permettant, dès 2009, de mettre en oeuvre des mesures d'urgence pour produire plus de logements sociaux, mieux encadrer les loyers (...)

Organisations signataires : L'AFOC - LA CGL - LA CLCV - LA CNL - LA CSF - LA CFDT - LA CFE-CGC - LA CFDT - LA CGT - FO
(...)
Rejoints par : ADVOCACY FRANCE - LA FSU - LA JOC - SOLIDAIRES - L'UNHAJ"

* * *

Logement social, ou socialisme urbain ?

Cette lettre ouverte, dont voici les meilleurs ou plutôt les pires extraits, a de quoi faire bondir : pourquoi ces organisations de gauche n'acceptent-elles pas que le logement social soit réservé aux plus nécessiteux ?

Si l'objectif est de garantir à chacun un toit, chacune des phrases de ce texte a des effets qui produisent l'effet inverse de celui qui est recherché :
- le "droit" au maintien dans les lieux de foyers qui dépassent les plafonds d'accès au logement social s'exerce aux dépens des plus nécessiteux ;
- le refus de réserver les logements sociaux aux plus pauvres s'exerce aussi, alors que les ressources sont finies, au détriment de ces mêmes plus pauvres .

Contribuable, je finance ces logements. Autant je peux comprendre la logique consistant à donner un toit aux plus pauvres, autant je ne comprends pas pourquoi je devrais financer le logement des classes moyennes. Pour parler plus clair, je ne comprends pas comment un socialiste peut défendre le maintien dans les lieux de familles bourgeoises quand des prolétaires dorment dans la rue.

Par ailleurs, pour répondre à la "crise du logement", pourquoi faudrait-il une politique basée sur le développement de la production de logements sociaux ? Et pourquoi pas sur le développement de la production de logements privés ? Ce qui importe, s'il y a pénurie, c'est la production de m² de logements, qu'ils soient publics ou privés. Et l'expérience a montré que le développement du logement social depuis 1945 s'est accompagné d'autres maux sociaux, auxquels il n'est probablement pas étranger, dans les "cités", les "quartiers sensibles".

Les missions d'intérêt général "définies par les partenaires sociaux" ?! Les partenaires sociaux sont des associations défendant des intérêts individuels coalisés, corporatistes. En quoi sont-ils plus à même de fixer les missions d'intérêt général de la politique publique du logement, si politique publique du logement il doit y avoir, que le Parlement ? On a le fâcheux sentiment que les syndicats et associations signataires défendent plus leurs intérêts propres que les intérêts des plus mal logés...

L'encadrement des loyers réduit la rentabilité du logement, donc l'incitation à investir pour construire. S'il y a pénurie, les prix et les loyers doivent monter, donnant mécaniquement une incitation à construire ; encadrer les prix, c'est supprimer l'incitation à construire et à louer. De même, le refus de l'expulsion est une atteinte au droit de propriété, qui réduit aussi artificiellement l'incitation à investir pour construire et louer. On peut y ajouter l'effet d'éviction, qui contribue, par le détournement de moyens financiers au service d'une inefficace politique publique du logement, à générer la crise du logement qui en constitue la justification.

Evidemment, ce texte se termine sur l'antienne bien connue : il faut que l'Etat c'est-à-dire les contribuables (directs et indirects) paient pour les politiques conçues par les syndicats... Comme l'écrivait Frédéric Bastiat dans La Loi : "Ils veulent être bergers, ils veulent que nous soyons troupeau. Cet arrangement présuppose en eux une supériorité de nature, dont nous avons bien le droit de demander la preuve préalable. Remarquez que ce que je leur conteste, ce n'est pas le droit d'inventer des combinaisons sociales, de les propager, de les conseiller, de les expérimenter sur eux-mêmes, à leurs frais et risques; mais bien le droit de nous les imposer par l'intermédiaire de la Loi, c'est-à-dire des forces et des contributions publiques. (...) Car la prétention de faire intervenir le pouvoir et l'impôt, outre qu'elle est oppressive et spoliatrice, implique encore cette hypothèse préjudicielle: l'infaillibilité de l'organisateur et l'incompétence de l'humanité".

Les solutions sont ailleurs, et elles sont expliquées, mieux que je ne le ferais, par Vincent Bénard dans son ouvrage : Le logement : crise publique, remèdes privés.

Liberté chérie tracte contre la grève

Je relaie un message reçu sur Facebook :

"Opération tractage anti-grève le 29 janvier :

Les comités locaux de Liberté Chérie se mobilisent pour dire le ras-le-bol des Français contre les blocages organisés par les syndicats non représentatifs, dans des entreprises publiques déficitaires et renflouées par notre travail.
Rejoignez votre comité local si vous voulez participer à cette action."

Liens :
- liste des comités locaux
- tract contre les blocages du 29 janvier 2009
- tractage à la gare Saint-Lazare de 6h à 11h du matin

2009-01-21

Indices boursiers

Vous pouvez enregistrer ce signet (Ctrl+D) : ces graphiques sont mis à jour à chaque rafraîchissement de la page. Les marchés asiatiques permettent de se faire une idée de la tendance avant l'ouverture à Paris. Les marchés américains permettent de suivre la tendance après la clôture à Paris.

Japon - Nikkei 225 :
Nikkei 225

Chine - Shanghai Composite :
Shangai

Inde - BSE Sensex 30 :
Inde

France - CAC 40 :
CAC 40

États-Unis - DJIA 30 :
DJIA 30

États-Unis - NASDAQ Composite :
NASDAQ

Geekeries

Quelques mises à jours :

- j'ai ajouté dans la colonne de droite un module Feedjit qui permet de savoir d'où et comment sont venus les derniers visiteurs du blog

- j'ai ajouté dans la colonne de droite un module CAC 40 qui donne l'évolution intraday de l'indice, pas inutile dans un pays qui entretient une relation passionnée, d'amour et de haine, avec le Palais Brongniart, ou plutôt NYSE Euronext devrais-je dire de nos jours

- j'ai remis à jour le compteur de la dette publique, qui dépasse désormais les 20 000 euros par habitant

Prix du meilleur blog libéral

Je signale à mes amis du réseau LHC que différents prix récompensant les meilleurs blogueurs libéraux existent. Ce serait bien de pousser des candidatures du LHC, pour augmenter la notoriété des blogueurs libéraux français dans la blogosphère libérale internationale et dans la blogosphère tout court...

- Prix Bastiat : 15 000 $ à partager entre les 3 vainqueurs. Les renseignements sur le prix 2009 seront donnés au printemps. La précédente remise a eu lieu en octobre 2008 à New York.
- Prix Orwell spécial blogs : Malheureusement réservé aux blogs dont le lectorat est principalement situé dans les îles britanniques. Candidatures closes pour cette année. Le prix sera remis pour la première fois en 2009. Calendrier : longue liste de 12 blogs le mercredi 25 février 2009, courte liste de 6 blogs le mercredi 25 mars 2009, vainqueur désigné le 22 avril 2009.
- Prix LYMEC : les candidatures, qui devaient être présentées par des personnes physiques ou morales membres du LYMEC, ont été closes le 31 décembre 2008 pour le "European Liberal Bloggers Prize" (ELBP) 2009.

Comme vous l'aurez constaté, les candidatures sont closes pour ces 3 prix. Une autre solution serait de créer le nôtre...

Frédéric Lefebvre député non élu et absent

2009-01-20

Si la France était un terrain de foot

Expliquer le problème de la France, championne d'Europe de la dépense publique (52,6 % du PIB en 2007) par une comparaison ?

La France, c'est comme un terrain de football où il y aurait 25 hommes : 13 arbitres pour deux équipes de 6 joueurs.

La France, pays "modérément libre"

Carte du classement 2008 (Wikipédia)

La France se classe au 64e rang mondial pour la liberté économique dans le classement 2009 de la fondation Heritage, loin derrière les Etats-Unis (6e), le Royaume-Uni (10e), l'Allemagne (25e), pour citer quelques-uns de ses grands concurrents. Elle était 44e en 2004 et 45e en 2007.

2009-01-13

Nouvelles récentes

Diverses nouvelles glanées ces derniers jours :

* Mathieu Laine, avocat et essayiste, publie un nouveau livre : Post politique.
Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi, en critique le caractère libéral dans Le Figaro Magazine.

* Richard Descoings, conseiller d'État, directeur de Sciences Po Paris, est chargé d'une mission "d'analyse, de compréhension, d'écoute et de proposition" sur la réforme du lycée.

* Nazisme et spoliation : Götz Aly étudie la dimension économique du nazisme, notamment sa pratique de la spoliation, dans son livre Comment Hitler a acheté les Allemands, traduit de l'allemand par Marie Gravey.
Le national-socialisme est "antilibéral" par excellence, puisqu'il viole massivement la vie, la liberté et la propriété, fondements de l'humanisme libéral. Comment peut-on se dire "antilibéral"? C'est une question que je persiste à me poser.
Présentation du livre en 4e de couverture :
"Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment les Allemands ont-ils pu, chacun à son niveau, permettre ou commettre des crimes de masse sans précédent, en particulier le génocide des Juifs d'Europe ? Invoquer la haine raciale dont le nazisme était porteur ne suffit pas : l'idée qu'un antisémitisme exterminateur animait la population allemande tout entière, dès avant l'arrivée de Hitler au pouvoir, est dépourvue de fondement. L'explication purement idéologique tourne à vide.
Ce que démontre Götz Aly, au terme d'une enquête minutieuse dans les archives auxquelles il a pu avoir accès, c'est que le consensus entre les dirigeants du Reich et le peuple a eu pour clé... le confort matériel de l'Allemand moyen. La guerre la plus coûteuse de l'Histoire s'est faite avec un objectif : préserver le niveau de vie de la population, à laquelle le régime ne pouvait promettre, comme Churchill, "du sang, de la sueur et des larmes" sans risquer l'implosion. Bien loin de profiter à quelques dignitaires nazis seulement, le pillage de l'Europe occupée et la spoliation, puis l'extermination des Juifs, ont bénéficié au petit contribuable, soigneusement préservé de toute hausse d'impôts jusqu'à la fin de la guerre, comme au soldat de la Wehrmacht envoyé au front, de même qu'à la mère de famille restée en Allemagne. Les Allemands, tous complices ? C'est bien la thèse de ce livre, qui a fait date dans l'historiographie de la Shoah.
Né en 1947, Götz Aly est l'un des grands historiens allemands du nazisme. Il a reçu le prestigieux prix littéraire Heinrich-Mann et le prix Marion-Samuel, décerné aux auteurs dont les écrits contribuent à lutter contre l'oubli ou la relativisation des crimes nazis."

2009-01-12

Commentaires sur la Loi de Bastiat

Deux positions de Frédéric Bastiat exprimées dans La Loi peuvent surprendre voire choquer.

Premièrement, il exprime une opinion réservée sur le suffrage universel (pages 22 et suivantes de l’édition Lulu.com), alors que le droit de vote a connu un mouvement d'extension permanente jusqu’à sa quasi-universalité : de nos jours, seuls les enfants et les étrangers non communautaires n’ont pas (encore ?) le droit de voter en France.
Toutefois, la position de Frédéric Bastiat peut s’expliquer, je pense, non seulement par le contexte historique, mais par deux principes :
- le premier : no taxation without representation, principe de la représentation parlementaire ; a contrario, no taxation, no representation peut se défendre : seuls ceux qui contribuent effectivement au budget national pourraient avoir le droit de voter. Toutefois, compte tenu de l’étendue des prélèvements obligatoires en France, directs mais aussi indirects, il ne doit pas rester grand monde qui ne verse son écot à l’État, ne serait-ce que par la TVA, à moins de tenter d’établir un solde net individuel, positif ou négatif, pour accorder le droit de vote, ce qui serait une tâche dantesque compte tenu de la complexité de la fiscalité
- le second principe qui justifie sa position réservée sur le suffrage universel, il l’explique lui-même : si la loi est réduite à ce qu’elle devrait être, « la justice organisée », peu importe qui la vote, l’universalité des Français ou seulement certains d’entre eux.

Deuxièmement, il critique ce qui mène les familles pauvres à « chercher l’instruction littéraire avant de chercher du pain » (page 14 de l’édition Lulu.com).
Dans une société éduquée, dans une économie de la connaissance, où chacun voit l’utilité pour soi et pour tous d’avoir des concitoyens éduqués, une telle affirmation peut choquer.
Toutefois, elle correspond presque terme à terme à la phrase, peut-être mieux tournée, de Danton : « après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple », inscrite sur le socle de sa statue à l’Odéon à Paris, qui énonce le même ordre des besoins.
Si l’éducation est certes un besoin essentiel de chaque individu pour croître, on comprend mieux la phrase de Bastiat, je crois, si l’on observe le gâchis intellectuel qui s’opère, faute de sélection, sur les bancs de certaines facultés françaises : on connaît l’exemple des bataillons de sociologues ou d’autres spécialistes de sciences humaines formés sans espoir d’emploi dans leur domaine. Sans l’intervention de l’État, sans l’interdiction de la sélection universitaire, ce gâchis humain et financier ne se produirait pas : des processus de marché permettraient une adéquation de l’offre à la demande. Je pense que c’est ainsi qu’il faut comprendre la remarque incidente de Bastiat, et non comme une critique de la quête, même des plus pauvres, de la connaissance.

* * *

J'ajoute une transcription d'un commentaire laissé ce jour sur l'article Légiférer moins pour réguler mieux, d'Objectif liberté :

"Je ne suis pas sûr qu'on puisse parvenir à verrouiller "par le haut" l'appétence pour la régulation de la société malgré ses effets à rebours de ceux qui sont recherchés. Comme la langue d'Esope, la loi peut être la pire et la meilleure des choses, selon ce que le peuple demande, et en conséquence ce que le législateur vote. C'est donc d'une part l'électeur qu'il faut convaincre de la nécessité d'un retour à un régime plus libéral, donc à un corps de règles moins contraignant, pour son propre bien ; et d'autre part le législateur, auquel il faut faire prendre conscience de sa responsabilité et la mesure des effets de ses lois. C'est en réduisant la "demande sociale" de protection et de direction, "par le bas", en illustrant les bienfaits d'un régime de liberté et de responsabilité, que le législateur trouvera un intérêt électoral à voter moins de lois.

En ce sens, si chaque élu, et mieux, chaque électeur, avait au moins lu une fois La Loi de Frédéric Bastiat, la législation française malade d'obésité connaîtrait peut-être son premier régime amincissant ? Nous libéraux pourrions peut-être offrir à tout parlementaire nouvellement élu, et à tout ministre nouvellement nommé, un exemplaire de ce texte, comme un vademecum. J'ai réédité La Loi chez Lulu.com afin de mettre ce texte aisément à disposition de tous, et la remise aux parlementaires est un projet auquel je songe, mais que je ne puis financer seul, tant ils sont nombreux... (577 députés, 343 sénateurs, sans compter les députés européens, et les autres élus qui pourraient mettre à profit cette lecture : conseillers régionaux, généraux...).

Par ailleurs, je me suis aussi efforcé de négocier le droit de traduire et de publier la Constitution européenne que The Economist avait proposée en 2000, d'inspiration libérale ; mais le montant des droits mensuels demandé par l'hebdomadaire britannique est exorbitant, je dois donc renoncer à ce second projet..."

2009-01-06

Václav Havel sur les présidents

Amusant et intéressant souvenir de Václav Havel, ancien président tchécoslovaque puis tchèque, sur ses collègues, en commentaire d'un article du Chasse-Clou.

Mise à jour 2009-01-12 : je reproduis le texte ici, pour ne pas le perdre si le lien venait à être brisé :
« (…) Une de mes premières surprises, quand j’ai pris ma fonction (de président), a été que mes partenaires, que ce soit sur la scène politique nationale ou internationale, étaient des personnes comme les autres, nullement exceptionnelles, certaines même plus naïves, moins éduquées, moins polies que leurs concitoyens sans aucune fonction.
Les hommes politiques sont souvent ignorants : ils parlent surtout de ce qu’ils viennent d’apprendre, d’une source ou d’une autre. Ils sont jaloux les uns des autres, ils ne cessent de loucher du côté des photographes, ils se placent toujours dans leur angle de vue, tout en faisant semblant de s’y trouver par hasard.
Lorsqu’ils se retrouvent en grand nombre, par exemple aux divers sommets, les moins connus et les moins puissants font leur possible pour être aux côtés des plus connus et des plus puissants, pour qu’on les voie, chez eux, en train de discuter amicalement “avec des grands“. J’ai vu souvent les gens se bousculer, lors des réceptions, autour du président américain ou russe, tandis que d’autres présidents attendaient seuls, dans un coin de la salle, soit parce qu’ils ne connaissaient personne, ou bien encore parce qu’ils avaient un problème de langue pour communiquer, ou enfin parce qu’ils voulaient être seuls.
Il s’agit non seulement de gens comme vous et moi, mais ce qui joue un rôle énorme - probablement plus grand qu’il ne faudrait - ce sont leurs relations personnelles. Lorsqu’ils se trouvent sympathiques, lorsqu’ils ont un souvenir commun, (…) lorsqu’ils peuvent communiquer directement sans interprète, (…) voilà la situation idéale pour améliorer les relations entre les États! Parfois cela me rappelle le Moyen-âge, où les amitiés et les relations familiales entre les souverains pouvaient garantir la paix entre leurs pays, les conduire à une coopération, voire à l’intégration, tandis que la haine, la jalousie ou le souvenir de l’humiliation pouvaient les conduire à une confrontation militaire.
Je ne veux pas dire par là que je n’ai pas trouvé dans les hautes sphères politiques beaucoup de gens sympathiques, sages, courageux, cultivés, généreux et amusants, mais juste qu’ils ne sont pas nécessairement plus nombreux qu’ailleurs. »
Extrait des mémoires du pouvoir (2005) de Václav Havel
(source : commentaire d'un article du Chasse-Clou)

2009-01-02

Projet de filtrage d internet en Australie

Stephen Conroy, ministre travailliste australien "du haut débit, des communications et de l'économie numérique", a décidé de filtrer l'accès des Australiens à internet.

Le projet australien de filtrage d'internet n'est pas une blague, voyez le billet du 22 décembre 2008 sur son blog ministériel : Promouvoir une société civile et confiante. Traduire : promouvoir une société orwellienne de la surveillance et du contrôle. Une expérimentation a commencé. "Le Gouvernement ne voit pas ce débat comme une discussion sur la liberté d'expression", écrit le ministre de la censure, qui ne manque pas de culot. Un groupe de protestation a été créé sur Facebook : No clean feed.

Dans le même registre, en France, la Quadrature du Net défend la liberté sur internet, contre les tentations similaires de l'Etat (et a aussi un groupe Facebook).

PS1 : Je note au passage que l'Australie travailliste partage avec la France le goût démagogique des intitulés ministériels baroques. Qui avait promis un gouvernement resserré de 15 ministres ? Finalement, les Français se retrouvent avec un secrétaire d'État chargé "de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique"...

PS2 : Les valeurs qui font notre spécificité, selon Nicolas Sarkozy dans ses voeux aux François pour 2009 : "travail, effort, mérite, laïcité, solidarité". Je n'y trouve pas mon compte : il me manque la liberté, et l'égalité des droits. Et je me demande si le sarkozysme ne serait pas un travaillisme.

PS3 : Bizarre, Stephen Conroy a fermé les commentaires sur son blog ministériel deux jours après son billet sur le filtrage. Je crois que les réactions lui ont déplu.

2008-12-26

Sex libri

Cette chaîne de Noël est passée par Rubin, Lomig, Criticus, et Libertas n'y a pas échappé. À son tour, Libertas tague : Le blogue du QL, Tropical Bear, Edslog, Aster, XIII, Firewave, Aurélien.

Si je retourne à la source, la Maison du Faucon, la question est :

Quels sont les six livres qui me représentent le mieux ?

1984, de George Orwell
La Loi, de Frédéric Bastiat
Aden Arabie, de Paul Nizan
L'homme qui plantait des arbres, de Jean Giono
Fictions, de Jorge Luis Borges
Bran Ruz, d'Alain Deschamps et Claude Auclair

... après avoir longuement hésité, et écarté (entre autres) :
Les Contemplations, de Victor Hugo
Le maître de Santiago, de Montherlant
la Bible, ouvrage collectif
Manuel, d'Epictète
Discours de la servitude volontaire, de La Boétie
The picture of Dorian Gray, d'Oscar Wilde
une sélection de nouvelles de Mark Twain
Byron, de Giuseppe Tomasi di Lampedusa
The intelligent investor, de Benjamin Graham

2008-12-24

Joyeux Noël aux lecteurs de Libertas

Une lecture de circonstance, de Charles Gave, pour les lecteurs de Libertas :


Journal de bord de la crise 8

Effrayante perspective : la spoliation délibérée des créanciers, qui entacherait durablement la signature de la France, de l'Europe : "Le plan B pour relancer l'économie ? L'inflation..." (article des Éco-comparateurs)

Mais Alexandre Delaigue, l'auteur de cet article, a raison : il n'y a que 3 façons de sortir d'une situation de surendettement :
- faire défaut
- faire de l'inflation
- tailler douloureusement dans les dépenses

La France n'ayant pas le courage politique de pratiquer la 3e solution, il reste les deux premières. La 2e est difficile sans putsch contre la BCE (selon plusieurs scenarii envisageables : sortie de l'euro, rupture avec l'Allemagne gardienne du temple de la stabilité monétaire, ou reniement par celle-ci d'un point cardinal de sa politique depuis l'hyperinflation des années 1930). Reste, en dernier ressort, la 1e solution.

Liens :
- Objectif Liberté
- Tropical Bear
- Blogue du QL
- Peter Schiff

2008-12-21

Blogueurs libéraux

Un nouveau groupe Facebook a vocation à réunir tous les blogueurs libéraux : Libertarian bloggers

L'objectif, le souhait, est de construire des ponts, d'établir un maillage entre blogueurs libéraux au-delà des langues et des cultures, et en particulier avec ceux qui ont le courage de défendre les idées de respect de la vie, de la liberté, de la propriété, dans d'autres pays que ceux d'Occident qui, malgré leurs défauts, leurs imperfections, ressemblent tout de même à des démocraties libérales.

Tous les blogueurs libéraux, quelle que soit leur langue ou leur chapelle, sont donc invités à rejoindre ce groupe.

2008-12-18

Service public

Journée de merde :

- pas de taxi à la station Saint-Paul (pénurie résultant du monopole, injustifiable privilège, dont les rapports Rueff et Attali ont tenté de venir à bout, en vain), un moment envisagé, malgré le risque d'embouteillages sur l'autoroute A1, et trop de bagages pour le moto-taxi (qu'il faut obligatoirement réserver, monopole injustifiable des auto-taxis oblige)

- le RER B annoncé direct pour Roissy s'est arrêté Gare du Nord, sans aucune explication ; après une première annonce prévenant que le trajet sera direct pour Roissy, une seconde annonce demande aux voyageurs de descendre ; la rame est partie au garage, dans l'autre sens, après avoir occupé le quai de longues minutes ; puis il a fallu attendre la rame suivante, qui était un omnibus : Saint-Denis, La Courneuve, Drancy, Aulnay-sous-Bois et autres riantes bourgades ; rame taguée, voyageurs étrangers avec leurs bagages dans une rame bondée ; arrivée avec beaucoup de retard à Roissy : bonjour l'image de la France

- plus personne au comptoir de la compagnie aérienne (publique, étrangère) pour délivrer une carte d'embarquement

- l'embarquement était encore en cours, mais sans carte d'embarquement pas d'embarquement (en dépit du billet électronique) : l'agent d'Aéroports de Paris (entreprise publique) refuse de laisser passer

- appel à l'agence parisienne de la compagnie aérienne : voyez cela avec votre agent de voyages (à l'étranger)

- au comptoir de la fédération de compagnies, on indique que pour la compagnie membre de celle-ci, "on ne peut rien faire, il faut s'adresser à leur guichet", où (cf. supra) il n'y a plus personne... du coup, avion raté, alors que l'embarquement n'était pas achevé

- retour à Paris... en RER (dans l'espoir d'un fonctionnement normal au retour, et pas envie que cette journée épuisante soit en + ruineuse : 50 à 56 euros le trajet en taxi pour Paris !) : 3 guichets automatiques de la SNCF (publique) sur 6 étaient en panne, la réparation est annoncée pour dans 10 jours, et l'un des 3 restants ne prenait plus les pièces de monnaie (ce qu'il indique en français, que sont bien en peine de comprendre bien des voyageurs)...

- RER B jusqu'à Paris : suppression des RER directs pour Paris, remplacés par des omnibus bondés ayant du retard (comme à l'aller), retard pris dès le départ de Roissy ; sans oublier l'ironie de l'affichage : "service normal le 18 décembre 2008" dit l'écran sur lequel on lit que 2 trains sont supprimés et un autre est retardé !

Les responsables de ces dysfonctionnements, notamment concernant la liaison économique vitale entre la capitale et son aéroport, se rendent-ils compte du coût engendré par ces retards sur l'économie ? Dans mon cas, un avion manqué, une réunion reportée, à laquelle participaient des personnes venues de plusieurs pays : le coût de ces quelques dizaines de minutes de retard est colossal.

Visiblement, ces retards et perturbations sont récurrents ces dernières semaines sur la ligne B du RER, et aucune justification n'a été donnée :
- Blog en commun
- SOS usagers
- Vous et la RATP
- RER B
- Notre Sevran
- Blog d'un voyageur francilien
- Transports Plateau

Deux remèdes :
- à court terme, et pas cher : supprimer l'interconnexion RATP/SNCF à la Gare du Nord : un conducteur doit assurer la totalité du trajet
- à long terme, et gratuit (financement privé) : construire le CDG Express (prévu en 2012 ; qui y croit ?)

2008-12-14

Libéraux de Lorraine

Vous êtes lorrain, de naissance, d'adoption ou de coeur ?

Vous êtes libéral ?

Rejoignez le nouveau groupe Facebook : Libéraux de Lorraine

2008-12-12

Journal de bord de la crise 7

2 liens en anglais (désolé pour l'anglais, mais curieusement, ce sont des anglophones qui ont écrit ces articles au raisonnement sain, quand dans les journaux francophones on lit des conneries de l'OFCE ou de pseudo-économistes de la FNAIM ou du PS) :

- 2008 année déviante : la bonne nouvelle est qu'on n'a jamais fait pire que la perte de 50 % de 2008 ; la mauvaise nouvelle est qu'en 1932, l'année qui a suivi la seule année aussi mauvaise que 2008, on a encore perdu 10 %... ; la nouvelle rassurante est qu'on a pris + 60 % en 1933.

- Le Congrès choisit le chômage : on pourrait parfaitement transposer le raisonnement en France (en remplaçant le Parlement par l'Elysée, qui cumule désormais les fonctions législatives et exécutives) : l'Élysée choisit le chômage...

Nouveauté : les prêteurs commencent à rechigner à prêter aux États européens. Cela pourrait contraindre les dépensiers publics à se calmer, mais annonce des jours pénibles et des remboursements coûteux. Quelqu'un connaît une entreprise de sécurité privée cotée ? Les émeutes anarchistes grecques pourraient être contagieuses.

2008-12-10

Journal de bord de la crise 6

Deux rappels :
- l'immobilier a baissé de 50 % en 5 ans au début des années 1990 en France : l'immobilier peut baisser
- les ventes de voitures ont baissé de 75 % lors de la crise de 1929 aux États-Unis : bonne nouvelle, on n'en est pas là ; mauvaise nouvelle : on peut encore tomber plus bas !

Quelques mouvements boursiers effectués en décembre :
- vendu quelques monétaires pour ramener leur part à 25 % du portefeuille
- complété ou acheté des actions européennes pour amener les valeurs étrangères à 10 % du portefeuille, dont des actions suisses, qui ont l'avantage d'être cotées... en francs suisses

Le match du moment : inflation (Vincent Bénard) ou déflation (Loïc Abadie) ?

Oui au travail dominical en France

2008-12-08

Libéralophobie

On est au-delà de l'antilibéralisme (réfutation argumentée), on verse dans la libéralophobie (détestation ou crainte irrationnelle). Libéralophobie : 57 occurences sur Google à ce jour. Mais je crois que ce terme ne peut que prospérer, car il décrit bien le climat intellectuel français contemporain. Contrairement à ce qu'affirment les étatistes de tout poil, le libéralisme n'est en France ni en situation d'hégémonie intellectuelle (à ce jour, ce n'est pas la pensée unique, c'est une pensée minoritaire voire marginale), ni mis en pratique, et il sert de repoussoir.

La moisson du jour : deux illustrations du libéralisme comme épouvantail irraisonné :

1. René Ricol, "médiateur du crédit" de la République française : "Je n'ai jamais eu confiance dans le libéralisme débridé pour assurer l'avenir de nos enfants. L'appât du gain est trop fort" (Le Monde.fr, 8 décembre 2008).

On appréciera le concept de libéralisme débridé, variation sur le thème bien connu du libéralisme sauvage, reflet de l'ignorance des fondements du libéralisme - qui requiert le respect de la loi ou du contrat loi des parties - hâtivement assimilé à l'anarchie. Pour leur part, les libéraux n'ont confiance ni dans le socialisme débridé, ni dans la réglementation débridée pour assurer l'avenir de leurs enfants.

2. Daniel Garrigue, député ex-UMP de Dordogne, se disant gaulliste, social et européen : "Au sein de l'UMP, les gaullistes sont de plus en plus marginalisés, on est de plus en plus dans du néolibéralisme, avec des positions qui varient au jour le jour selon l'humeur du président" (Nouvelobs.com, 5 décembre 2008). "La vérité, c'est que, dans ces régions [du grand Sud-Ouest : Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées], où nous nous sommes implantés derrière le général de Gaulle, derrière Jacques Chaban-Delmas et derrière Jacques Chirac, le discours néolibéral et atlantiste du président de la République ne passe pas" (Le Monde.fr, 8 décembre 2008).

On cherche désespérément le libéralisme, néo- ou archéo-, dans le discours et les actes de Nicolas Sarkozy, que l'histoire retiendra comme l'un des plus grands dépensiers publics de l'histoire de France... Quant à l'incompatibilité du Sud-Ouest avec le libéralisme, Jacques de Guenin, Douce de Franclieu et les mânes de Frédéric Bastiat apprécieront !

Liens :
- Sarko & les ultralibéraux
- citations antilibérales

2008-12-07

Lorraine libérale - Libéraux de Lorraine

Où en est le libéralisme en Lorraine ? Il vivote, voire semble quelque peu ensommeillé depuis le départ d'Éric Cunat et de Jean-Paul Oury.

Il est très très loin du socialisme, bien implanté, structuré, qui tient le conseil général de Meurthe-et-Moselle et le conseil régional de Lorraine.

S'il y a des blogueurs lorrains qui se reconnaissent dans les valeurs libérales, qu'ils n'hésitent pas à se signaler. Y a-t-il des professeurs d'économie, de sciences politiques, de droit, d'histoire, libéraux ? Des élus qui se disent publiquement libéraux ? Y a-t-il une histoire libérale de la Lorraine, avec des auteurs ou des élus libéraux, dans les siècles passés ? Contribuez à l'état des lieux des forces en faveur de la liberté en Lorraine, laissez un commentaire !

Sites libéraux lorrains :
Groupe Facebook : Libéraux de Lorraine
Liberté chérie Lorraine
Alternative libérale Lorraine
Alternative libérale étudiants Lorraine
Journal Libertas

et aussi :
J'irai voir en Amérique
Jean-Louis Guenego
Jean-Paul Oury
Martin Rérolle

2008-12-05

Révolution du Cèdre

Un combat que Libertas admire : celui de la jeunesse libanaise qui s'est levée pour sa liberté (souvenez-vous de la Révolution du Cèdre en 2005) toujours menacée (souvenez-vous du coup de force du Hezbollah en 2008)...

Attention, cette vidéo peut choquer les âmes sensibles...

2008-12-03

Commentaires affligeants du Monde

Lisez ces commentaires affligeants sur l'article de Jean Pisani-Ferry dans le Monde du 2 décembre 2008:

"il est plus que temps que tombe le nouveau "mur de Berlin" du libéralisme : comme jadis le système soviétique, le système libéral a montré aujourd'hui son incapacité à gérer les affaires du monde"

"Le problème fondamental de nos sociétés, c'est l'ultra libéralisme (...) Moins de services publics, plus de privé, est une hérésie. Dans aucun pays au monde, cela n'a fonctionné."

"Il y a eu, il y a encore, un "gouvernement" (dit "gouvernance") basé sur un consensus néolibérale qui nous a amené à la crise actuelle."

"Il manque malheureusement un paramètre. Depuis 20 ans l'Europe libérale a encouragé un transfert de revenus du travail vers le capital."

Et j'en passe... N'y a-t-il pas un seul abonné libéral au Monde, pour rappeler que la proportion de la dépense publique rapportée au PIB n'a cessé de progresser, et qu'on ne peut donc absolument pas parler de libéralisation de l'économie et de la société, mais plutôt d'une étatisation, d'une socialisation, d'une collectivisation de l'action humaine contemporaine. Dérégulation ? en apparence peut-être, mais il n'est qu'à voir le volume de normes nouvelles produites chaque année pour constater qu'en réalité, la régulation n'a également fait que croître. Comment ces commentateurs peuvent-ils de bonne foi accuser le libéralisme de maux observés dans une société française illibérale, où la dépense publique représente plus de la moitié du PIB ? Il est vrai qu'il ne reste peut-être plus beaucoup de lecteurs libéraux de ce journal, et qu'ils préfèrent Libertas ou le Réseau LHC. Voire Mediapart, si ce n'est pour ses analyses peu libérales, du moins pour son indépendance.

2008-11-30

L'Europe en 2020

Rubin Sfadj a tagué Libertas :
Quelle Europe voulez-vous en 2020 ? Quelles doivent être les 4 priorités à mettre en œuvre dès aujourd'hui pour améliorer l'Europe, la rendre plus démocratique, plus compétitive, plus forte à l'international, plus en avant sur le développement durable, etc. ?
Une Europe libérale. Un vaste marché. Une monnaie européenne stable, à l'abri du pouvoir politique. Une Europe où chaque électeur et chaque élu aurait lu La Loi de Frédéric Bastiat. Une libre circulation des biens, des services, des capitaux, des personnes... Une Europe élargie à l'Ukraine, aux Balkans, à la Géorgie, à l'Arménie, à la Norvège et à l'Islande, s'ils le veulent. Une Europe où s'exerce une émulation fiscale et sociale entre États. Le respect du principe de subsidiarité. Le respect de la vie, de la liberté, de la responsabilité, de la propriété. Une police, une justice, une défense et une diplomatie efficaces sur tout le territoire de l'Union ; et une Union qui se limiterait à veiller à ce que ces fonctions soient effectivement assurées. Présenter une liste libérale dans chacune des 8 circonscriptions françaises aux élections européennes de 2009. 4 priorités :

- graver définitivement dans le marbre la stricte limitation de la dépense publique communautaire à 1 % du PIB européen

- adopter la Constitution européenne proposée par l'hebdomadaire The Economist le 28 octobre 2000

- exclure de l'euro les Etats qui ne se conforment pas à la totalité des critères de Maastricht (déficit < 3 % PIB, dette < 60 % PIB) pendant 10 années consécutives

- reconnaître une fois pour toutes deux langues de travail, l'anglais et le français, utiliser le latin pour les inscriptions communes, faire de Strasbourg le siège unique du Parlement européen

2008-11-27

Fra-ter-ni-té !

Après sa courte défaite face à Martine Aubry, Ségolène Royal a promis, en même temps que sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, d'organiser de nouvelles "fêtes de la fraternité".

Fra-ter-ni-té répétait-elle à Bercy, lors du premier de ces spectacles politiques d'un genre nouveau le 27 septembre 2008 ("les ultralibéraux retournent leur veste", y disait-elle d'ailleurs). Ou pas si nouveau si l'on songe aux bizarres spectacles politico-religieux des années 1790: fête de la Fédération, fête de l'Être suprême, etc.

En entendant cette incantation à la fraternité, impossible de ne pas penser à Frédéric Bastiat qui écrivait dans La Loi :
"Au bout de ses systèmes et de ses efforts, il semble que le Socialisme, quelque complaisance qu'il ait pour lui-même, ne puisse s'empêcher d'apercevoir le monstre de la Spoliation légale. Mais que fait-il ? Il le déguise habilement à tous les yeux, même aux siens, sous les noms séducteurs de Fraternité, Solidarité, Organisation, Association. Et parce que nous ne demandons pas tant à la Loi, parce que nous n'exigeons d'elle que Justice, il suppose que nous repoussons la fraternité, la solidarité, l'organisation, l'association, et nous jette à la face l'épithète d'individualistes.
Qu'il sache donc que ce que nous repoussons, ce n'est pas l'organisation naturelle, mais l'organisation forcée.
Ce n'est pas l'association libre, mais les formes d'association qu'il prétend nous imposer.
Ce n'est pas la fraternité spontanée, mais la fraternité légale.
Ce n'est pas la solidarité providentielle, mais la solidarité artificielle, qui n'est qu'un déplacement injuste de Responsabilité.
Le Socialisme, comme la vieille politique d'où il émane, confond le Gouvernement et la Société. C'est pourquoi, chaque fois que nous ne voulons pas qu'une chose soit faite par le Gouvernement, il en conclut que nous ne voulons pas que cette chose soit faite du tout. Nous repoussons l'instruction par l'État ; donc nous ne voulons pas d'instruction. Nous repoussons une religion d'État ; donc nous ne voulons pas de religion. Nous repoussons l'égalisation par l'État ; donc nous ne voulons pas d'égalité, etc. C'est comme s'il nous accusait de ne vouloir pas que les hommes mangent, parce que nous repoussons la culture du blé par l'État."

Bastiat a consacré un texte entier au thème de la fraternité : Justice et fraternité, disponible en ligne ou en livre, dont je recommande chaleureusement - fraternellement ! - la lecture à tous les participants aux fêtes de la fraternité de Ségolène Royal.


LHC @ RDB 26

Riches échanges hier à la 26e République des blogs à Paris, avec une partie des blogueurs du réseau LHC : Lomig, Rubin, Criticus, M. Pingouin, JPO avant qu'il ne file rejoindre Sabine Herold pour une émission de Frédéric Taddeï, auxquels s'était joint Aurélien Véron...

La conversation a roulé sur L'échange, le dernier film de Clint Eastwood (allez le voir !), sur Justice et fraternité de Frédéric Bastiat, sur l'article La pauvreté en régression : c'est Bono qui le rappelle ! du blog Gauche totalitaire.

La conversation a aussi porté sur l'islam et le libéralisme ; compte tenu des attentats de Bombay, la question du rapport entre islamisme et islam éclairé se pose avec acuité. Il serait intéressant de nouer des liens avec des blogueurs libéraux des pays majoritairement musulmans.

La conversation s'est poursuivie sur d'autres sujets, dont Hegel.

Post scriptum 1 : il faut rendre hommage à l'économiste Peter Schiff : voyez cette vidéo sur Objectif Liberté.

Post scriptum 2 : Le biais déflationniste avancé par les opposants à l’étalon-or peut laisser sceptique : il est compensé d’une part par une stabilisation automatique (il n’y a biais déflationniste que si la richesse produite dépasse la croissance de la masse monétaire ; or si déflation il y a, la croissance ralentit, et l’équilibre revient), d’autre part par la perspective de la mort (l’homme mortel peut différer un peu un projet ; il ne peut le différer longtemps : le temps a un prix).

2008-11-25

Journal de bord de la crise 5 : You are here

Une crise plus intense en moins de temps que la moyenne. On peut faire pire et plus long comme en 1929. Voyez cet article de FT Alphaville.

2008-11-24

Y a-t-il un économiste à l'Elysée ?

Encore une fois, le Royaume-Uni, même travailliste, donne à la France une leçon de libéralisme, de politique économique, d'économie politique, d'économie, bref, de politique.

Dès lors que le principe - discutable - d'une relance est acquis, la réduction de 17,5 à 15 % (soit de 2,5 points !) de la TVA, même temporaire, est l'une des meilleures solutions.

Certes la TVA, proportionnelle, est moins nocive que l'impôt sur le revenu, progressif. Et les "administrés" aspirent à plus de stabilité de la réglementation fiscale. Mais s'il s'agit de donner à toute la population quelques marges de manoeuvre budgétaires de plus, ce n'est pas une idée indéfendable.

En outre, l'immense avantage de cette solution d'amener la TVA à son plancher conventionnel (la TVA ne peut normalement être inférieure à 15 %, par traité...) est qu'elle ne comporte aucune distorsion de concurrence. Au contraire, elle bénéficie généralement à tous les secteurs d'activité, et réduit le coin fiscal qui préjudicie à l'initiative économique et aux transactions. Cela vaut infiniment mieux que les "aides ciblées", soumises au marchandage politique des intérêts corporatistes, envisagées par la France de Nicolas Sarkozy et l'Allemagne d'Angela Merkel, qui nous avait habitués à être plus inspirée. Ajoutons qu'on cherche la cohérence entre un "Grenelle de l'environnement" et le subventionnement de l'industrie automobile : le contribuable paie deux fois, pour des actions contradictoires.

De surcroît, la mesure de réduction de la TVA est simple d'application, sans bureaucratie ni tombereaux de réglementation nouvelle. Elle empêche de plus la démagogie consistant à présenter comme des actions nouvelles des mesures déjà votées, ce qui contribue à décrédibiliser encore la parole publique.

Si la mesure est temporaire, elle n'a pas d'effet déflationniste par procrastination : elle incite à agir avant la remontée au taux initial.

Dernier avantage : réduire les recettes a le même effet apparent (se souvenir de Bastiat : ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas...) qu'augmenter les dépenses : stimuler l'économie artificiellement par le déficit ; mais en contraignant encore les ressources du Léviathan, elle le force aussi à prendre ses responsabilités et à limiter, tôt ou tard, ses dépenses, sous peine de banqueroute.

Nota bene : Cet article ne porte que sur la baisse de la TVA : d'autres mesures envisagées dans le paquet de Gordon Brown et Alistair Darling sont dignes du parti socialiste français : hausse de l'impôt sur le revenu pour "les riches", déficit record de 118 milliards de livres en 2010, suspension de la règle d'or de l'équilibre des finances publiques sur un cycle économique jusqu'en 2015-2016, etc.
Dépenser, dépenser, dépenser un argent public qui n'est pas dans les caisses : comme en France, le résultat sera un appauvrissement réel, une banqueroute publique et/ou une relance délibérée de l'inflation (par une atteinte à l'indépendance de la BCE ou une sortie de l'euro) dans les 10 ans. Impensable ? Souvenez-vous de l'Argentine, de l'Islande, de la Hongrie. On en reparlera en 2018 ou même avant !

Liens :
- Vincent Bénard (Objectif Liberté) parie sur l'hyperinflation
- Loïc Abadie (Tropical Bear) parie sur la déflation

2008-11-23

Libertas sur Cozop

Le fil d'information de Libertas est désormais repris également dans deux journaux de Cozop : Libertariens et Réseau LHC.

2008-11-22

Get a free bank !

Entreprises publiques françaises

Ces informations ayant été sucrées par un "contributeur" sur Wikipédia, qui ne semble pas saisir la possibilité de contrôle d'une entreprise par un actionnaire minoritaire, je copie ici pour mémoire les participations connues de l'État français dans des entreprises :

L'État français détient les participations suivantes :

Ces participations sont gérées par l'Agence des participations de l'État (APE), satellite de la Direction générale du Trésor et de la Politique économique (DGTPE).

Mise à jour le 26 septembre 2008.

2008-11-21

C est vache mais bien vu

Un petit billet de FT Alphaville faisait sourire ce matin. C'est vache pour la fierté des Français, mais juste : Mon petit complexe Napoléon

Prêcher à des non convertis

Les blogueurs libéraux communiquent, interagissent, débattent, commentent... entre eux.

Et mis à part les débats de chapelles, prêchent plutôt à des convertis.

Mais comment ouvrir des espaces de dialogue, de débat d'idées sans anathèmes, faire découvrir de nouveaux horizons intellectuels à d'authentiques socialistes (je ne parle pas du PS, hein, je parle de l'idéologie socialiste), comme Skippyremi II ?

Comment les amener à remettre en cause leurs certitudes ? à découvrir la pensée libérale sans caricatures ?

Comment amener les lecteurs et auteurs des Left blogs à lire les Libertariens et vice-versa, afin d'engager un débat "utile et serein" ? Quels moyens ? Quels effets ?

2008-11-20

Ecrivains publics

"L'argent du contribuable a servi aux prix littéraires de cette année", écrit ActuaLitté.

Après un moment de surprise, le contribuable étonné découvre en effet sur le site du Centre national du livre, créé en octobre 1946 par une loi de l'Assemblée nationale constituante (composée à 22 % de socialistes et à 26 % de communistes), accessoirement une belle planque située dans un hôtel particulier de la rue de Verneuil dans le 7e arrondissement de Paris (décentralisation, avez-vous dit ?), que "chaque année le CNL attribue près de 3 millions d’euros aux auteurs et traducteurs dont les projets sont jugés remarquables".

Jugés remarquables, mais par qui ? Comme l'écrit Bastiat : "Partout le Conventionalisme classique nous montre, derrière la société passive, une puissance occulte qui, sous les noms de Loi, Législateur, ou sous cette expression plus commode et plus vague de on, meut l'humanité, l'anime, l'enrichit et la moralise".

"Le CNL bénéficie de taxes fiscales qui lui sont affectées : une redevance de 2,25 % sur la vente du matériel de reproduction et d’impression et une redevance de 0,20 % sur le chiffre d’affaires de l’édition, dont les éditeurs au CA inférieur à 76 000 € sont dispensés. Le montant global de ses interventions représente un budget de 35 millions € en 2008".

Voilà comment supprimer 35 millions d'euros de dépense publique, rendre du pouvoir d'achat aux Français, et laisser les éditeurs, les jurys de prix littéraires, les libraires et surtout les lecteurs juger quels auteurs et traducteurs sont remarquables !

Pourquoi je ne lis plus le Figaro

Pour je ne lis plus le Figaro ? Lisez cet article du Monde : Le Figaro escamote les diamants de Rachida Dati.

Comment faire confiance à un journal qui truque ses photos ? Le Figaro est peut-être encore un journal d'opinion, mais il n'est plus un journal d'information...

Mediapart est moins servile, plus indépendant. Et Cozop, pour les opinions, est plus intéressant.

2008-11-19

Politique agricole commune

Si l'on résume la politique agricole commune souhaitée par M. Barnier :
- soutien au pouvoir d'achat des consommateurs, à cause de l'envolée des prix agricoles en 2007-2008
- soutien aux agriculteurs, en raison de la chute des prix à la fin de 2008
- "régulation" des produits dérivés tels que les contrats à terme, sur les matières premières, qui sont des instruments de "spéculation financière"
- "régulation" des prix, pour éviter les fluctuations contre lesquelles les agriculteurs ne peuvent se couvrir, compte tenu de la proscription des instruments "spéculatifs"
- planification des quantités produites, avec subvention lorsque la quantité est insuffisante et compensation financière lorsque la quantité est excessive !

En bref, argent public et bureaucratie, aux dépens du contribuable présent et à venir.

L'autre solution : un marché agricole libre, la liberté des prix et de la production, et l'utilisation par les agriculteurs seuls ou associés de contrats à terme afin de stabiliser le prix de vente de leur production s'ils le souhaitent. Ni argent public, ni bureaucratie, mais un ajustement permanent de la production aux besoins, et des besoins à la production.

Journal de bord de la crise 4

Deux excellents articles sur la crise, trouvés parmi les conseils de lecture de Lomig :

2008-11-17

Relancer ? avec quel argent ?

Conclusion du G20 : il faut relancer l'économie.

Relancer ? avec quel argent ? Les caisses sont plus que vides. La prétendue relance ne pourra être financée que par un endettement supplémentaire ou par la création d'une monnaie illusoire.

Cela fait 27 ans que la France "relance", "stimule", son économie, avec le résultat que l'on sait : un chômage endémique, et des finances publiques dégradées, sans réserves permettant de faire face aux périodes de vaches maigres. Aujourd'hui où elle en aurait besoin, elle n'a pas des marges de manoeuvre.

Les plus de 3 % de déficit que la France connaîtra en 2008 et 2009 constituent déjà, en soi, une politique budgétaire de relance.

Si le G20 voulait précipiter la banqueroute des États occidentaux surendettés et déjà excessivement dépensiers, il ne s'y prendrait pas autrement.

2008-11-13

George W. Bush et le marché libre

Extraits d'un discours de George W. Bush à New York le 13 novembre 2008, en guise de préliminaire à la réunion du G20 les 14 et 15, répondant à certains thèmes développés par le tandem interventionniste Sarkozy-Guaino en disant, en somme, qu'il ne faut pas jeter le bébé [le marché libre] avec l'eau du bain [les erreurs de politique économique qui ont été commises, notamment par les sociétés quasi-étatiques Fannie Mae et Freddie Mac] :

"History has shown that the greater threat to economic prosperity is not too little government involvement in the market - but too much," Bush said, using the U.S. government's involvement in Fannie Mae (FNM) and Freddie Mac (FRE) as an example.

"While reforms in the financial sector are essential, the long-term solution to today's problems is sustained economic growth," he said. "And the surest path to that growth is free markets and free people."

"The crisis was not a failure of the free market system," Bush said. "And the answer is not to try to reinvent that system."

"Many European countries had much more extensive regulations and still experienced problems almost identical to our own"

"It would a terrible mistake to allow a few months of crisis to undermine 60 years of success."

(Sources : AP & Dow Jones)

Réseau LHC

Libertas, journal libéral francophone, a l'honneur de rejoindre le réseau de blogs politiques de qualité LHC, et se retrouve dans les valeurs de sa charte :

Libre : tout commentaire serait superflu, s'agissant d'un journal libéral ;
Humaniste : le libéralisme est un humanisme : le respect de la vie, de la liberté et de la propriété permet à chaque homme de s'épanouir ;
Critique : l'esprit critique est l'essence de l'esprit européen, critique envers les autres, critique envers soi-même.

Liens :
- Réseau LHC
- Cozop LHC
- groupe Facebook LHC
- page Facebook LHC

Par ailleurs, Libertas a demandé un changement de catégorie sur Wikio, afin de passer de la rubrique "divers" à la rubrique "politique", qui paraît plus appropriée. Ce changement devrait prendre effet en décembre 2008.

2008-11-02

L'ultralibéralisme, cette école de pensée criminelle

Michel Rocard, ancien premier ministre français, député socialiste européen, dans Le Monde du 2 novembre 2008 :

"Historiquement, les libéraux - Adam Smith [1723-1790], Thomas Malthus [1766-1864], David Ricardo [1772-1823] notamment - étaient des moralistes, des gens qui avaient une pensée sociale visant à intégrer la liberté humaine dans l'organisation de la société. Pour aucun d'eux, la liberté n'était le droit de faire n'importe quoi, elle avait besoin d'être canalisée par des règles.

La crise actuelle ne remet pas en cause le libéralisme. En revanche, elle sonne le glas de l'ultralibéralisme, cette école de pensée criminelle (sic) fondée par Milton Friedman [1912-2006] qui voulait croire que l'équilibre du marché est optimal et que moins on a de règles, plus on a des chances d'arriver à 'l'optimalité'. Elle a imprégné la droite américaine et une partie de la droite européenne. Elle a heureusement épargné les chrétiens-démocrates allemands et la droite française, encore très gaulliste".

Liens :
- l'entretien complet
- citations antilibérales

"Pour Henri Guaino, le changement de statut de la Poste n'est plus d'actualité"

Les services postaux français méritent une modernisation, au service des clients, expéditeurs et destinataires.

Jean-Louis Borloo avait déjà obtenu la prolongation du monopole de deux ans jusqu'en 2011. Le nouvel oracle de la République, la sibylle de l'Élysée, Henri Guaino, fait savoir maintenant qu'il n'est désormais plus question de préparer La Poste à cette perspective en ouvrant son capital.

Quelle différence entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, sur le dossier de La Poste ?

Archives :
- Exception culturelle postale en vue ?
- Les timbres et La Poste
- Nous ne vous remercions pas
- Au nom des usagers, libéralisez les postes !
- La Poste enfin en concurrence en 2009